1200 médecins algériens seraient admis pour exercer en France : Le chiffre que personne ne veut confirmer

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/Près de 1200 médecins algériens auraient été acceptés au concours EVC (épreuves de vérification des connaissances) qui permet aux praticiens ayant des diplômes obtenus en dehors de l’Union européenne de postuler pour des postes en France.

Les épreuves de vérification des connaissances (EVC) s’adressent donc aux praticiens des professions de médecin, chirurgien-dentiste, sage-femme et pharmacien titulaires d’un diplôme obtenu en dehors de l’Union européenne et permettant l’exercice de leur profession dans le pays d’obtention. C’est la première étape de la procédure d’autorisation d’exercice (PAE). Pour cette cession 2021, le CNG a décidé de créer 1981 postes de médecins ouverts aux étrangers. Le CNG étant l’organisme français  chargé du recrutement, de la gestion statutaire et du développement des ressources humaines des personnels de direction de la fonction publique hospitalière et des praticiens hospitaliers ainsi que de l’organisation des concours nationaux administratifs et médicaux.  L’information qui concerne les 1200 médecins algériens admis à ce concours a été donnée par le docteur Lyès Merabet, président du Syndicat national des praticiens de la santé publique (SNPSP) qui précisera, dans un entretien à l’Algérie Aujourd’hui, qu’ils étaient 4500 à postuler pour la session 2021. Dr Merabet dit tenir ce chiffre de «collègues installés en France et d’informations ayant circulé au niveau des instances organisatrices du concours». Un peu léger comme source d’information, surtout après le tollé que cela a créé au niveau national. Il s’agirait, ainsi, de près de 1200 médecins algériens admis pour les  1981 postes à pourvoir. Le chiffre peut, effectivement, donner à réfléchir, sachant que lors du dernier concours en date (2018) où 670 candidats de diverses nationalités ont été admis, il y a eu 3402 candidats algériens sur les 7141 inscrits au concours de 94 nationalités différentes. Seulement 175 ont été admis sur les 1008 candidats algériens qui ont réellement passé le concours (le reste était considéré absent).

Le même chiffre annoncé en Tunisie

En 2018, les conditions étaient plus faciles pour se déplacer, et la France délivrait plus de visas. Donc, passer de 175 à 1200 peut paraître exagéré, surtout qu’un médecin tunisien annonçait, lui aussi, le même chiffre pour son pays.   En effet, le 7 février dernier, le site tunisien, Kapitalis, publiait une déclaration du Dr Rafik Boujdaria, chef de service de médecine d’urgence à l’hôpital Abderrahmane Mami de l’Ariana, et dans laquelle il dénonçait les départs massifs de médecins tunisiens vers la France. «La France récupère nos jeunes médecins formés dans nos hôpitaux dans toutes les spécialités de la médecine». Et d’ajouter : «La France pompe notre richesse gracieusement et gratuitement tous les ans à travers le concours EVC». Il donne les détails des chiffres du dernier concours, et qui feraient état, selon lui, de près de 1199 médecins tunisiens, dont 364 généralistes, 199 gériatres, 125 réanimateurs, 120 urgentistes, 115 psychiatres, 101 radiologues, 89 gynécologues et 86 pédiatres.  Voilà qu’on arrive au chiffre de 2399 médecins qui ont réussi cette épreuve, entre Algériens et Tunisiens. Le CNG a bien rendu public une Liste des praticiens ayant satisfait aux épreuves de vérification des connaissances, mais sans préciser les nationalités des lauréats. Nous avons essayé de les contacter (CNG) pour en savoir un peu plus sur le nombre de médecins algériens reçu au concours de l’EVC, mais leur réponse était qu’ils ne pouvaient communiquer sur le sujet pour le moment. Aucun écho, par contre, du côté du ministère français de la Santé. En fait, pour exercer en France, les médecins à diplôme hors Union européenne doivent passer par une PAE (procédure d’autorisation d’exercice), dont l’EVC ou épreuve de vérification des connaissances, est la première étape de ce processus de 3 ans qui aboutit à l’inscription au Conseil de l’ordre et donne le droit de plein exercice en France.

B. A.