200 milliards DA pour raccorder les réseaux électriques du nord et du sud – Développement des EnR : Les grands chantiers énergétiques du pays

0
848
électricité record de consommation

Par Abdellah B.

Du développement du réseau électrique à la production de l’énergie solaire et l’hydrogène vert en passant par les efforts déployés pour le développement de la production nationale des hydrocarbures, le secteur énergétique se métamorphose suite à l’engagement du pays sur plusieurs chantiers visant la diversification de son bouquet énergétique.

 Du projet du «siècle» dans la distribution de l’électricité à la démarche «historique» dans le domaine des énergies nouvelles et renouvelables, le pays affiche désormais ses ambitions de se positionner sur le marché énergétique mondial, en tournant à la fois ses regards vers le nord tout en gardant un œil ouvert sur le marché africain de l’électricité.

Ouverture vers les pays africains

En effet, avant de se lancer dans la réalisation du programme ambitieux de 15 GW d’énergie solaire et de 40 TWh d’hydrogène, Sonelgaz s’est lancée dans la réalisation du projet du «siècle» consistant en le maillage du réseau national de distribution d’électricité. Un budget de 200 milliards de dinars, soit 1,5 milliard de dollars, pour le raccordement du réseau du nord à celui du sud, d’une longueur de 880 km. «L’arrivée du réseau de haute tension à Tamanrasset, Djanet, va nous ouvrir d’autres horizons vers les pays du Sahel et d’autres pays africains. Nous voulons développer le schéma électrique. Nous sommes en train de préparer un projet extraordinaire qui va apporter beaucoup de développements pour les pays africains et accompagner la locomotion vers le sud. C’est ça l’essentiel», explique le ministre de l’énergie et des mines, Mohamed Arkab.

Le projet en question vise donc le raccordement du réseau du nord à celui du sud pour atteindre le fin fond du désert algérien. «Nous avons déjà entamé la réalisation de ce projet qui démarre de Ghardaïa vers le sud. Aujourd’hui, nous sommes arrivés à El-Menéa où des postes de 400 kV sont en phase de construction, et ce, avant d’aller vers In Salah et Timimoun et de revenir sur Béchar, ensuite Timimoun-Adrar et In Salah-Tamanrasset pour un budget prévisionnel de 200 milliards de dinars», détaille le ministre de l’énergie. Le projet est d’une importance capitale pour le pays, notamment durant cette période de lancement de grands projets de développement de l’activité minière dans le sud du pays.

 Énergie solaire : une démarche historique 

Dans le même sillage, l’Algérie s’est également lancée dans la réalisation d’un programme ambitieux des énergies nouvelles et renouvelables avec comme première phase la production de l’énergie solaire pour ensuite s’engager dans la bataille de l’hydrogène vert d’ici à 2035. Un programme pour lequel l’Etat réserve une enveloppe financière de près de 22 milliards d’euros. Le mois de mars dernier, une première étape de l’ère solaire a été franchie avec le coup d’envoi du programme de réalisation de 20 centrales solaires photovoltaïques de 3000 MW.

«Marquer la rupture avec le modèle énergétique actuel»

Une démarche qui, selon le professeur Chemseddine Chitour, marque la rupture avec le modèle énergétique ancien et ouvre la voie d’une nouvelle ère pour le secteur de l’énergie qui devrait s’adapter aux nouveaux besoins du marché. «L’Algérie est un maillon important, notre atout gazier devrait être compensé par la coopération dans la mise en place d’un plan Marshall des énergies renouvelables avec la mise en place de l’hydrogène vert», explique-t-il. En évoquant l’hydrogène vert, dont le marché algérien demeure l’un des plus importants dans la région en raison d’un prix de production compétitif, Arkab affirme que des projets seront lancés prochainement dans le pays tout en soulignant l’importance de l’implication des groupes européens dans la réalisation du projet du corridor sud pour le transport de l’hydrogène. «On travaille actuellement avec l’Italie, l’Autriche et l’Allemagne pour la concrétisation du projet du corridor sud pour le transport de l’hydrogène et la mise sur place d’une liaison intercontinentale. Un projet ambitieux qui nécessite la participation des groupes européens aux côtés de Sonatrach pour sa concrétisation», indique le ministre de l’énergie.

Outre le lancement dans la bataille des énergies nouvelles et renouvelables l’Algérie s’est dit pas prête à renoncer aux hydrocarbures, notamment le gaz qui devrait accompagner la politique de transition énergétique du pays pour de longues années. «Le pays réoriente ses efforts pour le développement de la production et de renouvellement en hydrocarbures», indique-t-il.

Pour réussir cette démarche, le ministère de l’énergie annonce le lancement des consultations avec les experts dans plusieurs secteurs pour la préparation du nouveau modèle énergétique du pays d’ici à 2035. Un modèle reposant sur l’amélioration de la part des énergies nouvelles et renouvelables dans le mix énergétique pour atteindre un taux de 30%.

A.B.