2023, l’année du renouveau automobile

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Par Brahim Aziez

2023 s’annonce-t-elle comme le véritable renouveau de l’automobile en Algérie ?

Autorisation, à nouveau, de l’importation des véhicules de moins de 3 ans avec l’entame de l’année après un arrêt de plus de 13 ans, retour de l’importation de véhicules neufs dès que les premiers agréments seront accordés, et relance de la fabrication automobile, ou plutôt lancement d’une véritable industrie automobile avec la sortie des premières Fiat de Tafraoui avant la fin de l’année.

 C’est dire que l’année qui se pointe s’annonce comme celle de la relance du secteur automobile algérien, si l’on en juge par la profonde refonte opérée aux niveaux législatif, administratif et organisationnel.

Il y a d’abord les nouveaux textes en vigueur depuis un peu plus d’un mois, la nouvelle dynamique impulsée aux administrations pour ne plus constituer un frein aux investissements, et un engagement à maintenir les lois pendant une dizaine d’années au moins.

Autant d’éléments qui traduisent les ambitions de l’exécutif dans sa quête de faire de 2023 l’année de la relance économique avec tout ce qu’elle englobe comme instruments pour y parvenir, dont l’industrie automobile.

Des ambitions dictées par la nécessité de doter l’économie d’outils roulants à même de favoriser son élan, et un passif pas très reluisant.

En effet, depuis 2010 à fin 2019, année d’arrêt des importations de kits CKD/SKD, sachant que l’importation de véhicules neufs a été suspendue en 2017 après avoir été rationnée (système de quotas) à partir de 2015, l’Algérie a importé pour plus de 33,5 milliards de dollars de véhicules neufs et kits SKD, sachant que le pic a été atteint en 2013 avec une facture d’importation qui a dépassé 7,5 milliards de dollars.

Aucun pays au monde n’a dépensé autant d’argent dans l’importation de véhicules en une période aussi courte.

Nouveaux décret et cahier des charges pour l’importation de véhicules neufs

Plus de 33,5 milliards de dollars auraient très largement suffi à racheter des usines telles que Volvo, Jaguar ou Land rover qui étaient en grandes difficultés, et délocaliser une partie de leur production en Algérie pour bénéficier de leur savoir-faire technologique.

Et cela, les gouvernants actuels l’ont bien compris.

Du coup, une nouvelle vision de l’importation des véhicules neufs vient d’être mise en place à travers le décret exécutif n° 22-383 du 17 novembre 2022 qui fixe les conditions et les modalités d’exercice de l’activité de concessionnaire de véhicules neufs.

De nombreux candidats ont postulé pour décrocher le fameux sésame, et on devra connaître les marques retenues dans quelques semaines.

De nouvelles bases viennent d’être établies pour assainir et réguler un marché longtemps laissé en vachère, au grès des accointances avec les uns et les autres, sans aucune plus value pour le pays.

Il en est de même pour l’importation de véhicules de moins de 3 ans qui vient d’être rétablie par la loi de finances complémentaire 2022.

Mais il ne s’agira plus d’importer à tout va, l’Algérie n’ayant pas pour ambition de redevenir une voie de garage pour les véhicules gourmands et polluants dont les pays développés, l’Europe particulièrement, veulent se débarrasser.

Construction automobile : Fiat pour commencer

Il en est de même pour la fabrication automobile, qu’il s’agisse de véhicules touristiques, utilitaires, industriels, agricoles, bus et autocar, engins et motocycles qui sont, désormais, régis par le décret exécutif n° 22-383 du 17 novembre 2022.

La formule adoptée en 2014 a montré ses limites en termes d’industrialisation du secteur de l’automobile, révélant une véritable supercherie qui a consisté en un système d’importation de véhicules neufs «déguisé».

Une formule qui aura causé un gros préjudice financier au trésor public en matière de revenus fiscale, et un gros trou dans les réserves de changes du pays.

De nouvelles mesures ont été mises en place à travers un nouveau cahier des charges, mais aussi un nouveau code des investissements qui garantisse aux investisseurs étrangers la réussite de leurs projets.

On parle même de véhicules hybrides et électriques.

Le premier à s’être manifesté est le constructeur italien Fiat (membre du groupe Stellantis), et il devra être suivi par d’autres constructeurs italiens de scooter et motocycles (le président de la République ayant évoqué Vespa), de camions et d’utilitaires légers.

D’autres constructeurs automobiles allemands, français, japonais et chinois seraient toujours en discussion pour franchir le pas.

Autant d’éléments qui prédisent une année 2023 prolifique et prospère pour le secteur automobile.

B.A