3e Sommet Afrique-Turquie : Benabderrahmane propose un plan d’action à 5 axes

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/Le Premier ministre algérien, Aymen Benabderrahmane, a pris part aux travaux du 3e Sommet Afrique-Turquie qui s’est déroulé, hier à Istanbul. Un rendez-vous auquel 13 présidents africains étaient présents, aux côtés du Président turc, Recep Tayyip Erdogan.

L’occasion, pour le Premier ministre algérien qui représentait, à ce sommet, le Président Abdelmadjid Tebboune, de rappeler les efforts de l’Algérie en matière de politique de développement et de programmes économiques aux visées complémentaires de l’Afrique. Il citera, à titre d’exemple, la transsaharienne qui relie Alger et Lagos sur 2415 km, et l’entrée en vigueur de l’Accord sur la zone de libre-échange continentale, au début de 2021, et qui restent un atout pour le continent. Cela aura, selon lui, «un impact significatif sur la consolidation de la nouvelle image de l’Afrique». Pour Aymen Benabderrahmane, l’Algérie reste convaincue de la «triptyque de paix, de sécurité et de développement, et de la nécessité d’adopter une approche globale pour faire de la croissance économique un véritable rempart contre l’insécurité, l’instabilité et la propagation des fléaux sociaux».  Treize ans après le premier Sommet qui s’est tenu à Istanbul, la coopération afro-turque semble avoir atteint la maturité nécessaire à son décollage. Cela fera dire à Aymen Benabderrahmane que «tous les facteurs sont réunis pour la réussite de ce partenariat, que ce soit la volonté politique qui s’est renforcée depuis le premier Sommet tenu en 2008 à Istanbul, ou en termes de conditions favorables à la relance économique du continent. Le Premier ministre algérien qui s’adressait à ses homologues africains et turcs rappellera que «personne ne sera en sécurité si le monde n’est pas en sécurité». Une manière de rappeler les défis de sécurité auxquels l’Afrique est confrontée, en raison de «la propagation du terrorisme et de l’extrémisme violent, et de leurs interconnexion avec diverses formes de crime organisé». D’où le souhait du Premier ministre algérien de voir ce Sommet aboutir avec l’adoption d’un plan d’action pour la période 2021-2026, basé sur cinq axes importants qui incluent la paix et la sécurité, le commerce, l’investissement et l’industrie, l’éducation et la promotion des jeunes et des femmes, le développement des entreprises de base et de l’agriculture, ainsi que la promotion de la santé. Un appel aux pays africains pour agir en rangs serrés.

Le partenariat algéro-turc en pleine évolution

Reçu en audience par le président Turc, Recep Tayyip Erdogan avant son retour sur Alger, Aymen  Benbderrahmane a pris acte de l’invitation du président turc à son homologue algérien pour une visite officielle en Turquie. Pour rappel, l’Algérie et la Turquie sont liées par un traité d’amitié et de coopération depuis 2006. Une coopération multiforme qui a été confortée par la visite du président turc, en Algérie en janvier 2020, au lendemain de l’élection de Abdelmadjid Tebboune à la présidence de la République. Le président turc avait crié haut et fort qu’à ses yeux, l’Algérie est considérée comme « le plus important accès sur le Maghreb et l’Afrique ». La visite du président turc s’était concrétisée par la signature de plusieurs accords de partenariat et de coopération ainsi que des mémorandums d’entente dans divers secteurs, notamment l’énergie, l’agriculture, le tourisme, l’enseignement supérieur, la culture, la diplomatie, la santé et les start-up.

Il sera question, prochainement, de la tenue de la première session du Conseil de coopération de haut niveau, dont la mise en place a été décidée conjointement par les présidents Tebboune et Erdogan en janvier 2020. Elle a été suivie, en novembre dernier, par la 11e session de la commission mixte intergouvernementale algéro-turque.

L’Algérie est considérée comme le deuxième partenaire de la Turquie en Afrique. Les investissements turcs ont dépassé les 5 milliards de dollars, axés, principalement dans les secteurs de la sidérurgie, des produits chimiques, du textile, du médicament et de la construction. Les entreprises turques ont réalisé 550 projets d’infrastructure et de logement, alors que plus de 1300 entreprises algériennes comptent des partenaires turcs, en plus de 130 sociétés turques créées, l’an dernier, en Algérie. En 2020, le contrat d’approvisionnement de la Turquie en gaz naturel liquéfié (GNL) a été renouvelé jusqu’à 2024, permettant, ainsi, à l’Algérie de devenir le premier fournisseur de GNL à la Turquie, et son quatrième fournisseur de gaz de pétrole liquéfié (GPL). A cela s’ajoute le partenariat entre Sonatrach et la société turque Renaissance pour la réalisation du complexe pétrochimique de production de propylène et de polypropylène (PDH-PP), et le plan d’investissement de la société turque Tosyali, d’un montant global de 1,7 milliard de dollars pour la production d’acier plat à Oran.

B. A.