5 méthaniers du Qatar se sont arrêtés devant la mer Rouge : L’Europe et l’Italie tremblent

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PAR AMAR R.

La crise en mer Rouge touche de plein fouet le secteur énergétique, notamment le transport par méthanier qui en était jusque-là épargné, puisque les prix du gaz n’ont pas connu d’augmentation. Seulement voilà, les frappes américano-britanniques sur les houthis au Yémen ont changé la donne. Cette crise fait désormais courir un sérieux risque d’approvisionnement gazier à l’Europe.

Hier, cinq méthaniers qataris en route vers le canal de Suez se sont arrêtés en plein chemin, pour des raisons sécuritaires rapporte Bloomberg, se basant sur des données de navigation. Parmi les méthaniers qui se sont ainsi arrêtés depuis vendredi, trois se trouvent au large d’Oman, un autre en Méditerranée, proche du canal de Suez, et un dernier est au milieu de la mer Rouge.

Depuis le 19 octobre, la majorité des compagnies propriétaires des porte-conteneurs et différentes compagnies pétrolières occidentales ont décidé de ne plus prendre cette route et de passer par le cap de Bonne-Espérance en Afrique du Sud. Mais les méthaniers du Qatar ont jusque-là continué à prendre cette route. Ils n’ont d’ailleurs jamais été embêtés par les houthis qui ont assuré qu’ils ne visent que les navires ayant un rapport avec l’entité sioniste, en signe de solidarité avec Ghaza qui subit une agression depuis 101 jours.

Les houthis ont effectués environ 30 attaques avec des drones et des missiles, contre des
navires traversant le détroit de Bab El-Mandeb, au sud de la mer Rouge. Mais après les frappes sur des positions stratégiques des houthis au Yémen effectuées par les États-Unis et le Royaume-Uni, Doha a, en raison du risque que cela fait peser sur la recrudescence de la tension en mer Rouge, arrêté ses méthaniers à destination de l’Europe, notamment de l’Italie qui commence à s’inquiéter au sujet de ses approvisionnements en gaz en provenance du Qatar.

Les marchés du vieux continent tremblent en effet, et en premier lieu l’Italie. Rome, après l’abandon du gaz russe décidé immédiatement après le déclenchement de la guerre en Ukraine, s’est immédiatement tournée vers deux producteurs importants : l’Algérie d’une part et le Qatar de l’autre. Doha a rempli une part importante du quota russe, mais l’arrêt de ses méthaniers pourrait donc représenter un problème pas facile à résoudre.

De nouveaux itinéraires sont probablement en cours d’évaluation ou, et ce serait la solution
la plus problématique, le Qatar a choisi d’éviter de poursuivre les voyages pour des raisons de sécurité, estiment les observateurs. A défaut d’emprunter le canal de Suez, les méthaniers qataris ont certes le choix de faire le tour de l’Afrique, mais cela équivaut à parcourir environ 9000 km et dix jours de plus.

Le voyage coûte aussi un million de dollars plus cher, et peut-être plus, rien qu’en carburant. Cependant, comme le souligne IlSole24Ore, les prix n’ont pas augmenté pour le moment, car au niveau international, la demande de gaz reste modérée et l’Europe dispose de réserves stockées importantes (à près de 80%). L’Europe ne devrait pas connaître de problèmes d’approvisionnement, notamment l’Italie, dont le gaz en provenance du Qatar a représenté 13% des livraisons Cependant, des problèmes se posent à moyen et à long termes.

A. R