A travers la marque «Cactuvia» Thiziri valorise le patrimoine floral algérien

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A travers la marque «Cactuvia» Thiziri valorise le patrimoine floral algérien

Parmi les grands noms de l’industrie algérienne qui ont exposé leurs productions et savoir-faire à la Safex durant le salon de la production nationale, de petites entreprises aux grands espoirs économiques tentent de se frayer un chemin vers l’exportation sous le patronyme made in Algeria.

PAR LATIFA. A.

Thiziri fait partie de ces jeunes entrepreneurs aux ambitions internationales. Cette femme de 34 ans présente aux visiteurs sa gamme de produits naturels, qu’elle a baptisé Cactuvia.

D’emblée les acheteurs la félicitent pour le packaging, des pochettes en toile de jute dans lesquelles les produits sont soigneusement présentés. « Depuis le lancement de ma marque en 2021, j’ai fait le choix de faire un produit de qualité qui répond à toutes les exigences du
client. Le consommateur algérien s’est habitué à acheter des produits cosmétiques importés. Si aujourd’hui, en tant que producteur on souhaite concurrencer l’offre étrangère, nous devons nous aligner à des normes internationales. Le packaging est important, dans la mesure où il va attirer l’acheteur. Il représente également un atout pour se positionner sur le marché étranger », souligne Thiziri.

La marque Cactuvia est née en mars 2021 à Bouira. C’est une marque 100% algérienne spécialisée dans la fabrication et la commercialisation d’une large gamme de produits de soins corporels fabriqués à base de plante et d’huile. Thiziri explique que Cactuvia valorise la plante du cactus en utilisant l’huile de figue de Barbarie et le gel de la raquette. Les produits Cactuvia sont disponibles pour les cheveux, le visage et le corps.

Thiziri est biologiste de formation. Elle a poursuivi ses études à l’université de Boumerdès.
Prochainement, elle soutiendra sa thèse de doctorat à l’université de Bab Ezzouar.

« Je suis spécialisée dans tout ce qui est endocrinologie. Je m’intéresse aux maladies endocriniennes qui sont provoquées par l’utilisation de produits chimiques. Grâce à mon parcours, j’ai pris conscience de l’importance de des produits naturels et du manque de l’offre algérienne malgré la disponibilité des matières naturelles. C’est ce constat qui m’a poussée à entreprendre dans le domaine », précise-t-elle. Dans son atelier à Bouira, Thiziri maîtrise toute la chaîne de production. Elle explique que le travail est principalement manuel.

Les produits Cactuvia sont commercialisés dans une petite boutique implantée dans un supermarché. Elle mise sur les réseaux sociaux pour faire connaître sa marque et sensibiliser les gens à l’utilisation des produits naturels. Thiziri souligne l’importance de participer à des manifestations comme celle-ci. C’est l’occasion pour elle de rencontrer les professionnels du secteur. Thiziri se félicite d’avoir rencontré des responsables de parapharmacie où la marque Cactuvia sera prochainement exposée.

Pour Thiziri, le produit cosmétique bio algérien a tout le potentiel nécessaire pour se positionner sur des marchés étrangers. « Nous avons des régions en Algérie qui ont des plantes sauvages 100% bio. Il faut savoir que le bio est quelque chose de luxueux. Cela veut dire que la plante est cultivée dans un endroit où il n’y a aucune forme de pollution. C’est très rare, et en Algérie les régions montagneuses disposent d’une richesse florale inestimable », informe-t-elle.

La jeune entrepreneure mise sur l’information pour sensibiliser les Algériens à utiliser des produits naturels et ainsi protéger leur santé. De ces années d’exercices, elle a constaté que les consommateurs ne sont pas intéressés par le produire bio fabriqué en Algérie, qu’elle justifie par un manque de confiance.

« Pour remédier à cette situation, nous optons pour l’information sur deux volets. Les flacons de nos produits sont étiquetés. Cela valorise la marque et le prospect peut s’informer sur la composition du produit. D’une autre part, nous utilisons nos réseaux sociaux pour faire de la vulgarisation scientifique. Nos savent que nous collectons nous-mêmes notre matière première en montagne. C’est aussi une manière de valoriser le patrimoine floral algérien. A travers de petites vidéos, nous expliquons le processus de fabrication. Toutes ces informations que nous diffusons scellent une relation de confiance avec le consommateur », conclut Thiziri.

L. A.