A une semaine de la CAN 2022-2024 : Belmadi, ce qui a changé

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Belmadi s’exprime sur la CAN 2023 : « On n’est pas favoris »

PAR AMIR DZIRI

Dans sa quête de prendre sa revanche sur l’édition du Cameroun, où la sélection championne d’Afrique et auteure de la performance de 35 matchs sans défaite a été éliminée dès le premier tour, et pourquoi pas rééditer celle de 2019, en Egypte, où elle a
été sacrée, Djamel Belmadi a dû puiser dans ces deux expériences pour essayer de faire de cette édition en Côte d’Ivoire 2023 un autre rendez-vous mémorable pour le football algérien.

Deux ans après avoir échoué à non seulement préserver son titre hautement mérité en Egypte et à réaliser un parcours honorable, la sélection Algérienne s’apprête à disputer dans quelques jours l’édition ivoirienne avec de grandes ambitions et des appréhensions. Mais avant, les hommes de Djamel Belmadi ont choisi le Togo pour aller peaufiner leur préparation et aiguiser leurs armes en prévision d’une compétition qui s’annonce très relevée avec la présence des meilleures nations du continent, dont les habituelles grosses cylindrées dont l’une d’entre elles, fort probablement, sera consacrée le soir du 11 février prochain au stade Alassane Ouattara d’Abidjan.

Pour Djamel Belmadi, il s’agit d’une troisième expérience, une sorte d’une nouvelle page blanche qui s’ouvre après un sacre grandiose en 2019 et un échec retentissant en 2021 (compétition disputée en 2022), même si les pages précédentes n’ont pas été déchirées mais juste tournées. Pour aborder cette épreuve, Belmadi et son staff ont pris plusieurs décisions relatives au choix de l’effectif, du lieu du stage et du contenu du programme de préparation. Qu’a-t-il d’ailleurs changé en deux ans entre le rendez-vous du Cameroun et celui de Côte d’Ivoire ?

L’option Doha délaissée

D’abord, pour le lieu de préparation de l’équipe où Belmadi a préféré, cette fois, d’aller carrément en Afrique, délaissant ainsi l’option de Doha qui a été bénéfique en 2019, mais plutôt catastrophique en 2021-2022, notamment avec la pandémie du Covid19 qui a décimé l’effectif des Verts, y compris le coach national qui a raté mine de rien deux jours d’entraînement ! Du jamais vu depuis qu’il a entamé son aventure en août 2018. Tout le monde se souvient également de l’absence de son adjoint Serge Romano, retenu à Doha et qui n’a dû rallier Douala qu’après le premier match de l’équipe. Bref, cet épisode est bien
loin et le stage à Lomé semble se dérouler dans d’excellentes conditions, où du moins les conditions que souhaitait Belmadi pour tremper ses éléments dans une véritable ambiance de Coupe d’Afrique (chaleur, humidité, qualité des terrains, adversaires lors des matchs de préparation…).

Pour ce qui est du contenu du programme, le staff technique a concocté un déroulé bien étudié, avec une phase d’évaluation, une autre de (re)mise à niveau de la forme individuelle et collective et en fin un travail de charge progressif et bien dosé jusqu’au début de la compétition et ce premier match contre l’Angola, le 15 janvier au Stade de la Paix de Bouaké.

S’agissant de l’effectif, Belmadi a retenu 26 joueurs, soit deux en moins par rapport à 2022 où la Confédération africaine de football (CAF) avait autorisé jusqu’à 28 joueurs à cause de la Covid-19. Cette fois l’instance du football continental a décidé de 23 joueurs avant d’étendre cela à 27 possibles dans une liste élargie qui peut atteindre 55 éléments.

Sur les 26 joueurs retenus, dans une liste de 50, Amine Gouiri, l’attaquant du Stade Rennais, a dû déclarer forfait avant même le déplacement de la sélection à Lomé. Souffrant de douleurs, et après un examen du staff médical de l’équipe nationale ainsi que le dossier transmis par son club, Gouiri, la mort dans l’âme, fera l’impasse sur le grand rendez-vous du football africain. Belmadi n’a pas voulu prendre des risques inutiles avec ce joueur, tout autant avec le gardien Raïs Mbolhi, blessé aux doigts dès la première séance d’entraînement au stade de Kégué à Lomé, d’où le rappel d’un quatrième portier, Mustapha Zeghba du club saoudien de Damac FC.

Le choix des joueurs

Avec Zeghba, ils sont 15 joueurs, sur les 28 d’il y a deux ans, qui seront à Bouaké, en l’occurrence Mbolhi, Atal, Mandi, Tougaï, Bensebaïni, Zerrouki, Bennacer, Feghouli, Mahrez,
Ounas, Belaïli, Slimani, Bounedjah et Amoura. Les absents, au nombre de 13, sont les Oukidja, Bedrane, Tahrat, Benlamri, Benayada, Helaïmia, Chetti, Bendebka, Belkebla,
Zorgane, Benrahma, Boulaya et Brahimi.

Par compartiment, au rayon des gardiens ils seront quatre au lieu de trois avec la présence de deux rescapés Mbolhi et Zeghba et deux nouveaux, Oussama Benbot de l’USM Alger, le
meilleur à son poste dans le championnat national et auréolé de deux titres en 2023 (Coupe de la Confédération et la Supercoupe de la CAF) et Anthony Mandrea, l’actuel titulaire qui a suppléé au plus âgé, Mbolhi (37 ans).

Pour le compartiment défensif, Belmadi a retenu 9 joueurs au lieu de 10, par rapport à l’édition camerounaise où l’on retrouve trois nouveaux et jeunes prometteurs : Ait Nouri (Benayada), Larouci (Chetti) et Guitoun (Helaïmia). Au milieu du terrain, le coach
national a pris, cette fois, un joueur de plus, passant de 6 à 7, avec le retour de Bentaleb, absent des éditions de 2019 et 2021, et Boudaoui (Zorgane) non retenu en 2021, et deux nouveaux talentueux que sont Aouar (Belkebla) et Chaibi (Bendebka). En attaque, ils étaient 9 éléments en 2022, alors qu’avec l’absence de Gouiri, ils ne seront que 6 soit trois de moins.

Belmadi composera donc avec les Mahrez, Ounas, Belaïli, Slimani, Bounedjah et Amoura. Tous étaient présents il y a deux ans, voire quatre ans, hormis Amoura, non utilisé en 2022, mais qui a pris de la bouteille depuis. Et si au Cameroun, 13 joueurs sur 28 découvraient pour la première fois la CAN, en Côte d’Ivoire, ils seront 9 à faire leur
baptême du feu avec tout de même un brin de fraîcheur : Mandrea, Benbot, Guitoun, Ait
Nouri, Larouci, Touba, Belaid, Aouar et Chaibi.

D’ailleurs, la moyenne d’âge a légèrement baissé, passant de 28 ans en 2022 à 27 ans et 6 mois, tirée forcément vers le haut par la bande des trentenaires au nombre de 8, à savoir Mbolhi (37 ans), Slimani (35), Feghouli (34), Mandi (32), Zeghba (33), Mahrez (32), Bounedjah (32) et Belaili (31).

Au chapitre jeunesse, c’est Farès Chaïbi avec ses 21 ans qui est le plus jeune de l’effectif, alors qu’ils étaient deux, Amoura et Zorgane (21 ans également), deux ans auparavant.

Aussi, pour encadrer cette belle jeunesse qui a de la qualité, Belmadi a bien conservé le capital expérience à travers la présence de 12 champions d’Afrique de 2019 : Mbolhi, Mandi, Atal, Bensebaini, Bennacer, Belaili, Bounedjah, Feghouli, Boudaoui, Mahrez, Ounas, Slimani. Mieux que ça, deux joueurs vont égaler le record d’un certain Rabah Madjer en prenant part pour la 6e fois à une phase finale de Coupe d’Afrique des nations, il s’agit de Raïs Mbolhi et d’Islam Slimani (2013, 2015, 2017, 2019, 2021 et 2023), alors que Mandi,
Feghouli et Mahrez enchaineront leur cinquième participation à une CAN.

Quant à Djamel Belmadi, ce dernier va égaler le record de Rabah Saâdane qui a pris part à
trois éditions en tant que sélectionneur (1986, 2004 et 2010) et une en qualité d’adjoint en 1982 aux côtés de Mohamed Maouche, avec l’ambition de faire encore mieux.

A. D.