Abdelmalek Serraï consultant International : «L’Algérie sort de la zone rouge»

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/Abdelmalek Serraï, consultant international, évoque dans cet entretien accordé à l’Algérie Aujourd’hui, l’amélioration de la situation économique et financière du pays et le rôle de l’investissement étranger dans la réussite du programme de la relance économique. Sur ce dernier point, M. Serraï affirme qu’il est en contact avec de grandes entreprises américaines et chinoises qui ont affiché leur disposition à investir en Algérie.  

Beaucoup tablaient sur l’effondrement de l’économie nationale au début de l’année courante, pourtant les indicateurs macro-économiques de l’Algérie s’améliorent graduellement par rapport à ces deux dernières années. Comment expliquez-vous cela ?

Je suis parmi les premiers à dire que la situation de l’Algérie est loin de cette image que tente de présenter l’organisation onusienne (Banque mondiale) qui est celle d’un pays en ruine, sur la voie de l’effondrement. J’ai dit, qu’on va s’en sortir et que l’Algérie n’est pas dans le gouffre. Aujourd’hui, elle sort graduellement de la zone rouge, et ce, grâce à une série de mesures ayant été prise dans ce sens pour la préservation des réserves de change et grâce aussi à l’évolution positive des cours du pétrole sur le marché international. Ce qui offre à l’Algérie un matelas financier important qui lui permettra de tracer le chemin de son développement. C’est vrai que les réserves de change ont légèrement baissé mais ce n’est pas important. L’Algérie a su rester, quand même, très fiable vis-à-vis du commerce international et de ses partenaires étrangers.  

Justement, avec la hausse des cours du pétrole et du gaz sur le marché international, comment profiter de cette situation pour atteindre la zone de confort ?

On constate que depuis le mois d’octobre 2021, il existe des signaux positifs, notamment en matière de l’attractivité des IDE. Il y a aussi une volonté politique pour la réussite de la mise sur les rails de l’économie nationale. L’Algérie a bien réagi face à la crise sanitaire et essaie de prendre le contrôle de la situation. Les voyants s’approchent du vert et le pays quitte la zone rouge, ce qui peut être expliqué par l’amélioration des indicateurs macroéconomiques. Donc, cette hausse des prix du pétrole permettra à l’Algérie d’avancer dans la réalisation du programme de développement, avec ses propres fonds. Et pour cela, elle veut s’appuyer sur l’investissement étranger pour réussir le démarrage de la machine économique du pays dans le cadre du partenariat gagnant-gagnant.

A propos de l’investissement étranger en Algérie, comment faire pour attirer plus de bailleurs de fonds ?

Depuis le mois d’octobre dernier, il y a une véritable dynamique qui s’est enclenchée. De nombreuses multinationales ont exprimé leurs intentions de revenir sur le marché algérien, notamment avec le lancement de grands projets de réalisation dans différents domaines. J’ai, moi-même, enregistré des prédispositions d’investisseurs américains et chinois. Des responsables de sociétés importantes qui veulent venir avec une dizaine de milliards d’offre financière, dans des projets dans les secteurs des transports, l’agriculture, les ports-aéroports, les ressources en eau, le traitement de l’électricité, etc. Mails il faut signaler qu’il y a, quand même, un problème très sérieux à résoudre pour soigner l’image du pays à l’étranger.

Quel problème ?

Il y a le blocage des paiements de certaines entreprises internationales qui pourtant ne sont pas inculpées dans des affaires de corruption. Je suis intervenu auprès de ministres et de walis pour résoudre cette situation. Les hautes autorités du pays m’ont encouragé dans cette démarche. J’étais bien reçu, mais les responsables locaux sont hésitants, car il n’y a pas de prise de responsabilité. C’est pour cela qu’il faut que tout le monde reprenne confiance et travaille pour la levée de ces entraves bureaucratiques qui freinent la roue du développement.

Peut-on parler, aujourd’hui, d’une nouvelle ère qui s’ouvre pour l’économie nationale ?

Il y a un énormément de travail qui nous attend, notamment dans le volet liée à l’administration et les entraves bureaucratiques. Mais on peut dire aujourd’hui, que la situation s’améliore davantage et que les mois prochaines seront propices. L’Algérie dispose de moyens, financiers notamment, importants pour réussir son programme de développement économique, à conditionne que tout le monde se mette au travail.   

A. B.