Aide au développement dans la région du Sahel : L’Algérie finance plusieurs projets au Niger

0
3665

PAR AMAR R.

Les relations de l’Algérie avec ses pays voisins immédiats connaissent une dynamique de développement tous azimuts, marqués par l’échange des visites de délégations et la relance des projets de coopération socioéconomique suivant l’approche qui est basée sur le développement pour assurer la sécurité et la stabilité, notamment dans la région du Sahel.

Dans ce cadre, une délégation algérienne conduite par Abed Hallouz, directeur de l’agence algérienne de coopération internationale pour la solidarité et le développement, a effectué une tournée au Niger, durant laquelle le responsable algérien et la délégation qui l’accompagne ont inspecté des projets socioéconomiques entièrement financés par l’Algérie, dans les villes du centre et du nord du Niger, notamment Agadez et Zinder, ont rapporté les médias nigériens.

« Abed Hallouz, directeur général de l’agence algérienne de coopération internationale pour la solidarité et le développement en visite à Agadez, a été accueilli par les autorités régionales, par le général de brigade Ibra Boulama, gouverneur d’Agadez », indiquent les mêmes sources. Et d’ajouter que le responsable de l’agence algérienne de coopération internationale a visité le site retenu pour « la construction d’un institut islamique et d’un centre d’hémodialyse dans la commune d’Agadez ».

Des projets dans l’éducation, la santé et l’énergie

Ces projets de développement et de services au Niger sont financés par l’Algérie suivant la promesse du président de la République pour soutenir le développement dans les pays du Sahel, selon les mêmes sources qui font état du feu vert donné à la mise en œuvre de plusieurs projets de développement et de services à la demande du gouvernement nigérien. Cela concerne entre autres la construction d’une policlinique à Tchirozérin, d’un institut islamique, d’un centre de dialyse et d’une station d’épuration de l’eau potable dans la région d’Agadez, dont la population souffre de la pollution des eaux du fait des radiations de l’uranium où des entreprises françaises sont présentes depuis plusieurs années.

L’Algérie financera également le projet de réhabilitation du lycée algéro-nigérian de Zinder, ainsi que l’agrandissement de la centrale solaire d’une capacité de 10 MW dans la région d’Arlit. Selon les mêmes sources, la coopération commerciale entre le Niger et l’Algérie doit
également être renforcée pour éviter le déficit provoqué par les sanctions imposées au
pays, notamment en matière de produits alimentaires et de médicaments, qui sont des
projets essentiels pour la population nigérienne.

Aide au développement

Cet élan de solidarité et de soutien au développement des pays de la région sahélo-saharienne relève de la stratégie de l’Algérie annoncée en mars 2023, par Abdelmadjid Tebboune, qui avait fait état de l’affectation d’un milliard de dollars à l’agence algérienne de coopération internationale, pour financer la réalisation de projets de services dans les secteurs sociaux et économiques dans les pays du Sahel et en Afrique.

Le financement de ces projets de développement n’est pas la première aide financière de l’Algérie à des pays africains. En 2013, le gouvernement algérien avait annulé environ un milliard de dollars de dettes de pays africains. De même, l’Algérie a annoncé en 2018 avoir annulé la dette de 14 pays africains à hauteur de 3,5 milliards de dollars depuis 5 ans pour des raisons humanitaires. Mais au lieu d’une nouvelle suppression de la dette, l’Algérie a lancé cette agence de coopération dotée d’un milliard de dollars, dont la raison d’exister est d’assurer l’aide au développement qui profite aux populations locales. La finalité étant de soutenir le retour à la sécurité et la stabilité de ces pays selon la vision antiterroriste de l’Algérie dans la région du Sahel qui est basée sur le développement économique.

Dans un contexte d’instabilité institutionnelle que connaît la région, l’approche de l’Algérie vise à extirper ces pays des mains des puissances étrangères qui lorgnent la région à des fins géostratégiques, dans le but de remplacement de l’ancienne puissance coloniale, à savoir la France, qui a fait faillite sur le continent africain. Avec le Niger, l’Algérie entretient des relations politiques diplomatiques solides qui ont survécu au changement institutionnel et partage aussi des projets structurants qui ont été lancés dans le cadre du nouveau partenariat de développement en Afrique (Nepad), à savoir la route transsaharienne, la liaison par fibre optique et le gazoduc devant relier l’Algérie au Nigeria via ce pays.

Aussi, en recevant la délégation algérienne, le Niger a démontré la solidité de ses relations avec l’Algérie, en dépit des tentatives de l’entraîner dans le projet chimérique « de la fenêtre sur l’Atlantique » que lui ont fait miroiter à des fins inavouées les forces du mal et que le quiproquo qui eut lieu entre les deux capitales n’a été qu’un nuage d’été.

A. R.