Akli Moussouni : «Voici les 3 problèmes à résoudre pour la production céréalière»

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/Akli Moussouni, expert senior- directeur des programmes au sein du cabinet CIExpert (ex-Simde) revient dans cet entretien accordé à l’Algérie Aujourd’hui sur la situation de la culture céréalière en Algérie et propose la mise en place d’une nouvelle politique agricole avec des objectifs bien clairs pour garantir la sécurité alimentaire des Algériens.    

Comment expliquez-vous le recul important de la production céréalière durant la dernière campagne de collecte 2020-2021 ? Et quelles sont vos prévisions pour l’année courante ?

La filière céréalière en Algérie est dépendante de la pluviométrie qui pose aujourd’hui un sérieux problème. Le manque ou la faiblesse de la pluviométrie notamment dans la région ouest du pays a eu un impact important sur la production nationale qui a atteint un niveau inquiétant durant la saison 2020/2021 qui est de 13 millions de quintaux. Et cette année encore, la production ne sera pas importante tant que le problème de la pluviométrie est toujours d’actualité. 

A combien sont évalués les besoins du marché national en la matière ?

Les besoins du marché national en matière céréalière sont évalués à 75 millions de quintaux, sans parler des besoins pour la consommation animale. C’est donc environ de 100 millions de quintaux qu’il s’agit. Pour combler le manque en la matière, il faut se diriger vers l’importation, dont la facture avoisine actuellement les 3 milliards de dollars. Pour l’année prochaine, la facture des importations sera encore plus salée, en raison de la hausse des prix du blé dur et tendre sur le marché international et également celle des intrants qu’on utilise dans la culture agricole. Il faut savoir que la production céréalière est le baromètre du développement de l’agriculture. La faiblesse de la production en céréales aura un impact direct sur la production laitière, de la viande, des produits agricoles en général. Donc, cette situation mérite une véritable réflexion pour lancer une nouvelle politique agricole avec des objectifs bien précis.

Comment résoudre cette problématique ?

Pour l’instant, l’agriculture, céréalière en particulier, demeure tributaire de la situation météologique. Il existe trois points à résoudre pour la problématique du rendement ou de production. Le premier point est lié à la conduite culturale qui est traditionnelle et ne bénéficie pas de technologie importante et d’organisation des agriculteurs. Le deuxième point est celui de l’appauvrissement de plus en plus des sols par ce qu’on n’introduit pas les rotations culturales nécessaires. Et le dernier point est en relation avec l’irrégularité des pluies et la faiblesse de la pluviométrie. Ces trois facteurs tant qu’ils sont d’actualité, on ne peut parler de rendement important ou d’une production importante.

L’agriculture saharienne pourrait-elle constituer une alternative ?

Certes, l’agriculture saharienne peut être une alternative et couvrir une partie importante du marché nationale, à condition qu’on lui prête l’intention qu’elle mérite. Il y a eu des rendements importants avec 55 quintaux par hectare, mais elle reste infime, pour l’instant. Usage anarchique des nappes, non-fertilisation des sols, intervention individuelle des agriculteurs, ce qui constitue une menace pour le développement de cette culture dans la région saharienne.

A. B.