Alger-Madrid : une nouvelle page

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Perdo Sanchez: L'Algérie ets un pays ami

Après son mea culpa à l’ONU, Pedro Sanchez a livré, devant les ambassadeurs et diplomates de son pays, à leur 8e rencontre, sa reconnaissance de l’importance stratégique du partenaire Algérie. Un aveu censé dissiper davantage le malentendu à l’origine du froid
entre Alger et Madrid.

PAR DJILALI B.

Le brouillard subsistant dans le ciel entre l’Algérie et l’Espagne commence à se dissiper. Les deux pays sont en passe de renouer avec l’amitié et les intérêts communs après une brouille qui aura duré deux longues années pour les politiques et les opérateurs économiques. L’homme par qui le froid est arrivé, encore à la tête du gouvernement aujourd’hui, Pedro Sanchez, a, par son diplomatiquement tardif tournant dans sa position
sur la question sahraouie, réussi à retourner la situation en faveur d’une relation « naturelle » que sa hasardeuse incursion diplomatique a provoqué une tension inédite entre Alger et Madrid.

En effet, deux ans après son alignement sur les thèses marocaines sur la question sahraouie, ignorant le devoir historique de son pays en tant qu’ancienne puissance coloniale, qui a provoqué un séisme dans la relation avec l’Algérie, M. Sanchez a, dans un geste hautement symbolique, à la tribune de l’ONU, aligné la position de son pays sur cette question sur celle, équilibrée, de l’union européenne. Dans ce litige que l’on craignait voir dégénérer pour affecter l’UE, Alger a exclu de sa position tranchée de rompre avec Madrid, les sanctions pouvant affecter l’union et le peuple espagnol. Il s’agit notamment du maintien de l’approvisionnement de la péninsule en gaz naturel.

Pedro Sanchez est donc revenu à la raison par la porte de l’ONU – et c’est tout à son
honneur, s’agissant de cette question dont le dossier est entre les mains de l’ONU – reconnaissant ainsi son erreur « politique », se rachète pour ouvrir grande la voie pour la
reprise des relations avec l’Algérie ; pays où de nombreux opérateurs économiques
espagnoles avaient un business exclusif pour des raisons économiques et de proximité.
Le discours à l’ONU de Pedro Sanchez a tout remis à plat, de l’aveu même du
ministre des affaires étrangères algérien qui a reconnu dans son entretien avec Al
Jazeera, ce revirement à 180 degrés du responsable espagnol, contribuant ainsi à rétablir l’ordre normal des relations entre les deux pays voisins.

Le chef de l’exécutif espagnol ne s’arrêtera pas là, puisqu’il reviendra encore sur les
rapports entre Madrid et Alger ; sur un ton optimiste à souhait, à la 8e conférence des
ambassadeurs qui a réuni le corps diplomatique, tenue à Madrid, pour réaffirmer que
l’Algérie est « pays ami » et un « partenaire stratégique ». Ainsi devant les 130 ambassadeurs de son pays, il inscrivait l’Algérie parmi « les priorités stratégiques » de son pays, en déclarant que « l’Algérie est un pays ami et nous continuerons à œuvrer pour maintenir les relations avec ce partenaire stratégique ». Cela ne fait que trois mois que l’ambassadeur d’Algérie est retourné à son poste à Madrid.

Il y a lieu de rappeler aussi que même si quelques secteurs ont été touchés en
Algérie par cette brutale rupture des relations, les chefs d’entreprises et des opérateurs économiques espagnols dont de nombreux créneaux qui tiraient l’essentiel de
leurs chiffres d’affaires dans leurs échanges avec l’Algérie avaient atteint durant ces
deux années les limites de la faillite. Le réchauffement des relations depuis trois
mois entre les deux pays se manifeste par l’augmentation des dessertes aériennes et
maritimes entre les deux pays. Plus optimiste est aussi M. Ricardo Santamaría, directeur du risque pays et de la gestion de la dette chez CESCE, qui prévoit un retour
gagnant des entreprises espagnoles en Algérie. Et qu’elles pourront reprendre leur
place et leurs parts de marché.

D. B.