Alger – Paris : une nouvelle page s’ouvre

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Nouvelle page dans la relation entre l’Algérie et la France. Plus qu’une éclaircie dans le ciel automnal incertain de ces jours-ci, puisque tous les sujets ont été à l’ordre du jour des discussions. Pas de tabou, pas de réserve.

La délégation française conduite par la cheffe du gouvernement a décliné après sa rencontre avec le président Tebboune une impression positive. Des avancées, appréciables, dans les relations entre les deux pays. En très peu de temps. Depuis la visite du président français Emmanuel Macron en Algérie, au mois d’août dernier.

«Les deux pays ont avancé vers un partenariat renouvelé inscrit dans la durée», a affirmé Mme Elisabeth Borne, à l’issue de sa rencontre avec le président Tebboune. Affirmation qui se veut, peut-on déduire, une réplique ou un écho aux propos tenus, la veille, par le premier ministre algérien qui s’inscrivaient dans le prolongement de la déclaration d’Alger signée par les deux chefs d’Etat en août dernier. «Nous avons avancé», a indiqué Mme Borne, dont l’affirmation résume l’état d’esprit des responsables des deux pays qui inaugurent une nouvelle ère dans les relations entre les deux pays.

CIHN entre l’Algérie et de la France : onze accords signés

«J’ai le sentiment que, ensemble, nous avons avancé et que ce CIHN nous a permis de poser les fondements d’un partenariat renouvelé, inscrit dans la durée et qui profitera à nos jeunesses», a déclaré devant la presse Mme Borne. Preuve de cette avancée, la signature, à l’issue de la session du comité intergouvernemental de haut niveau (CIHN), de pas moins de 12 accords de coopération dans les domaines industriel, technologique, éducatif et culturel ainsi que des mémorandums d’entente. Bien entendu, le CIHN, qui reprend du service après son «gel» depuis 2017, demeure le cadre qui donne le la du renouveau de la relation bilatérale avec des débats et des discussions qui ont ratissé bien plus large en traitant de tous les sujets dans une ambiance sereine et de confiance. Pour Mme Borne, «le CIHN forme des jalons d’une coopération qui va se poursuivre à travers des visites et échanges réguliers aux niveaux économique, politique et technique».

Les responsables des deux pays, à un haut niveau, sont d’accord sur pratiquement toutes les questions, économiques bien évidemment, mais aussi les questions politiques et sécuritaires. Cette dernière catégorie a d’ailleurs été évoquée lors des discussions au CIHN sans aller dans sa profondeur, préférant la laisser aux spécialistes, les hauts responsables du domaine.

Borne : «Notre coopération est essentielle»

La rencontre des responsables sécuritaires autour des présidents Tebboune et Macron, au mois d’août à Alger, augure d’une nouvelle coopération militaire et sécuritaire entre les deux pays. Cela d’autant que les deux pays font face à des défis communs majeurs dont les trafics de drogues, d’armes et d’êtres humains, l’immigration clandestine, et enfin et surtout la menace terroriste sous ses différentes formes qui invite à plus de coopération entre les Etats. «Notre coopération est essentielle. Nous la mettrons au service de nos deux pays», a ajouté Mme Borne.

Au niveau économique, c’est plutôt la lune de miel, peut-on comprendre à travers la déclaration de la première ministre française qui affirmait que les entreprises françaises étaient prêtes à participer à la diversification de l’économie algérienne, assurant que la coopération entre les entreprises algériennes et françaises peut être à l’origine de grandes réussites. La diversification de l’économie algérienne est un axe majeur dans le programme du gouvernement qui veut se délester de la dépendance de la rente des hydrocarbures.

Pour les deux Etats, il s’agira «d’encourager, lever les barrières qui freinent les entrepreneurs et limiter les contraintes administratives et réglementaires», ont-ils indiqué. Mme Borne a d’ailleurs appelé à multiplier les ponts entre nos jeunesses et mettre en place les coopérations éducative, culturelle et entrepreneuriale qui leur permettront de se parler, de se comprendre et d’avancer dans la même direction». Une nouvelle ère dans les relations algéro-françaises vient d’être inaugurée. Avec d’ambitieuses perspectives pour les deux pays.

D. B.