Appelées à accélérer leur réforme et leur modernisation dès cette année : Les banques algériennes renforcent leur résilience

0
216
La Banque d'Algérie fixe de nouveaux seuils pour les taux d'intérêt : Vers des crédits moins chers

PAR R. AKLI

Financièrement solides, bien capitalisées et fortement solvables, les banques algériennes sont appelées désormais à accélérer la modernisation de leur mode de gouvernance et de gestion dès 2024, « année de la réforme bancaire en profondeur », tel qu’édicté et mis en marche par les hautes autorités du pays. De fait, confirme la banque d’Algérie (BA) à travers sa dernière note de conjoncture, publiée avant-hier, « en termes d’indicateurs de solidité financière, le niveau de solvabilité globale des banques reste supérieur au minimum requis et n’a cessé de s’améliorer durant les neuf premiers mois de l’année 2023 ».

Selon le constat de la banque des banques, le secteur bancaire national a ainsi enregistré un niveau de solvabilité global de 21,3% à fin septembre 2023, contre 20,9% en juin 2023 et 21,5% en décembre 2022, « constituant ainsi un niveau plus qu’adéquat de fonds propres ». Aussi, la tendance observée depuis 2022 à l’amélioration des principaux indicateurs de rentabilité, de solvabilité et de liquidité de la place bancaire nationale reste soutenue selon les dernières analyses de la d’Algérie, se traduisant même par une évolution favorable du concours des banques au financement de l’économie nationale. Après une très forte diminution de l’ordre de 12,4% en 2021, l’encours des crédits à l’économie est ainsi reparti à la hausse en 2022 pour atteindre 10.115, 24 milliards de dinars, soit une croissance de 3,3%, avant de croître à nouveau de 5,82% à 10.703,64 milliards de dinars durant les neuf premiers mois de l’exercice écoulé. Parallèlement à l’amélioration de l’activité crédit et des ratios de solvabilité du secteur bancaire, les dernières données disponibles de la banque centrale indiquent également un recul du poids des créances non performantes qui n’ont crû que de 4,7% en 2022 contre 7,9% en 2021 et 16,4% en 2020, ainsi qu’un niveau très favorable de rentabilité des fonds propres des banques dépassant les 13%.

Faiblesses structurelles

Riches, rentables et plutôt bien barricadées contre d’éventuels chocs financiers, les banques algériennes restent néanmoins en mal de modernisation et d’efficience, tant en termes de collecte de l’épargne que de financement de l’investissement. Tel que le font
ressortir les derniers chiffres de la banque centrale, la circulation fiduciaire hors banques continue de grimper, atteignant 8026,19 milliards de dinars à fin septembre 2023, ce
qui reflète entre autres une réelle faiblesse du niveau de bancarisation de la population, dont le taux global reste nettement en deçà de 50%. Au registre de l’allocation des ressources, bien que les volumes de crédits à l’économie continuent de croître, leur évolution contraste néanmoins avec la nouvelle dynamique économique en cours et l’importance des nouveaux besoins qu’elle induit en termes de financement de l’investissement.

Qui plus est, avec la présence d’une vingtaine de banques dont sept publiques et treize privées à capitaux étrangers, le marché bancaire national reste peu ouvert en termes de
volume d’activité, et les financements à l’économie, y compris au secteur privé, continuent de dépendre jusqu’à 80% des six grandes banques de l’Etat. Face à ces faiblesses, devenues structurelles depuis plus de deux décennies, le ton est désormais donné par les pouvoirs publics afin de lancer concrètement le chantier de ce qui est souvent qualifié de
« mère des réformes », en l’occurrence celle financière et bancaire, socle d’un véritable passage à un nouveau modèle de croissance économique, moins centré sur la ressource publique et la rente et plus adapté aux exigences de performances et de compétitivité.

D’où la décision de l’Etat d’ouvrir le capital de ses propres banques à la participation privée pour amorcer un changement de leur mode de gestion et d’où également l’appel lancé à maintes reprises par le président de la République aux opérateurs privés pour investir dans le domaine bancaire et prendre ainsi pleinement part au financement de l’économie nationale.

R. A.