Après l’Eniem, Aoun veut relancer l’Enie

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PAR BRAHIM AZIEZ

Le ministre de l’industrie et de la production pharmaceutique a réitéré, hier depuis Sidi Bel-Abbès, l’attachement de l’Etat aux fleurons de l’industrie nationale à travers le soutien aux plans de redressement envisagés. « L’Etat n’abandonne pas ses entreprises économiques et œuvre à leur accompagnement pour être une valeur ajoutée et contribuer à la redynamisation de l’économie nationale », déclarait-il depuis les locaux de l’entreprise nationale de l’industrie électronique.

Ali Aoun, qui était avant cela à Tizi Ouzou où il s’était enquis de la situation de l’Eniem (entreprise nationale de l’industrie électroménagère), a effectué hier une visite surprise à l’Enie de Sidi Bel-Abbès.

L’occasion pour lui de souligner la nécessité de relancer l’entreprise nationale des industries électroniques (Enie) pour lui permettre de « s’imposer de nouveau sur le marché national ».

Lors de cette visite inopinée, Ali Aoun indiquera que « les efforts doivent être coordonnés entre les différents cadres de gestion de l’entreprise afin de la réorganiser et d’assurer une gestion plus efficace de manière à valoriser les activités de ses différentes unités de production ».

Des unités qu’il dira « capables d’apporter une valeur ajoutée sur le marché algérien ».
Dans ce contexte, il a insisté sur la nécessité de changer le « modèle traditionnel de gestion de l’Enie, avec la garantie d’un accompagnement qui permette de relancer sa production, notamment en ce qui concerne la production des téléviseurs, de laquelle elle tire sa renommée depuis sa création ».

Mais le ministre insistera sur l’importance de renforcer et de rouvrir les unités de vente commerciales de la société à travers les différentes régions du pays, surtout après un arrêt de leurs activités ces derniers temps.

Ali Aoun a également appelé à surmonter tous les obstacles auxquels fait face cette entreprise nationale, qui emploie plus de 1200 salariés, et à l’accompagner en vue de conclure des accords de partenariat avec diverses entreprises nationales, et même étrangères, afin de renforcer ses capacités financières et assurer une utilisation optimale de ses ressources humaines et matérielles.

Il notera à cet effet qu' »il y a une forte volonté de la part des responsables actuels de l’Enie de la faire progresser et de renforcer sa position sur le marché national ». Mais pour cela, un plan de charge s’impose, et une feuille de route devra tracer la voie pour la relance.

Cela amènera le ministre à donner des instructions strictes pour élaborer un plan de travail efficace afin d’accéder en force sur le marché national et accélérer l’avancement du nouveau programme de l’entreprise, notamment en ce qui concerne la production de tablettes électroniques, dans le cadre de la convention signée avec le secteur de l’éducation nationale.

Pallier le simulacre d’industries des dernières années

Tout porte à croire que le gouvernement entend reprendre les rênes de l’industrie nationale en redonnant un nouveau souffle aux entreprises publiques, l’expérience entamée avec le privé depuis moins d’une décennie ayant montré ses limites.

On se rappelle que lors de l’inauguration de la foire de la production algérienne en décembre 2022, le président de la République avait clairement affiché sa désapprobation de la politique d’assemblage initiée par les opérateurs nationaux privés et étrangers. Il avait à ce propos déclaré que « l’ère du montage en Algérie est révolue » et qu’il était temps pour le pays de « devenir un pays industrialisé ».

Un message qui ne s’adressait pas uniquement au secteur de l’automobile, mais visait aussi
celui de l’industrie électronique et électroménagère. D’ailleurs, au niveau du stand
des industries électroménagères, le chef de l’Etat avait appelé à la réduction de l’importation d’appareils électroménagers et à l’intensification de l’investissement local dans
ce domaine.

A son passage au stand d’un fabricant des produits électroménagers présent à la foire de la production algérienne 2022, le chef de l’Etat avait mis en garde contre les opérations d’importation déguisées. Il lâchait à son endroit : « Importer des composants des réfrigérateurs et les monter ici en Algérie ne relève pas de l’industrie. C’est de la spéculation. »

B. A.