Arkab : «La décarbonation et la transition énergétique, une priorité pour nous»

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Arkab : «La décarbonation et la transition énergétique, une priorité pour nous»

PAR ABDELLAH B.

Du développement des énergies fossiles à la transition énergétique, en passant par l’évaluation de la situation actuelle du marché international marqué par « l’incertitude et l’instabilité », Mohamed Arkab explique, depuis le Qatar où il a pris part au forum arabe de l’énergie, l’approche algérienne pour s’adapter au changement de paradigmes du marché.

Selon le ministre de l’énergie et des mines, la démarche algérienne repose sur le développement des énergies fossiles moins polluantes, tout en accentuant la cadence de la migration vers de nouvelles énergies renouvelables. « La conjoncture actuelle des marchés est très particulière. Elle est marquée par des fluctuations et des développements multiples, en lien avec l’évolution structurelle de l’industrie pétrolière et gazière et les énergies nouvelles et renouvelables », explique le ministre de l’énergie.

De ce fait, il est question de s’engager sur tous les fronts pour accompagner les mutations
et les développements que connaît le marché international des énergies, à travers
l’adoption d’une stratégie visant à la fois l’amélioration de la production nationale en
énergies fossiles et l’engagement sur la voie du développement des énergies nouvelles et renouvelables.

Amélioration de la production nationale

Dans le domaine des énergies fossiles, la stratégie nationale est axée principalement sur le développement des réserves du pays à travers l’encouragement de l’investissement étranger dans l’amont pétrolier et gazier d’une part, mais aussi dans le développement de l’industrie pétrolière qui revêt un caractère stratégique pour le pays.

L’Algérie s’attelle à la transformation locale de 51% de sa production nationale dans les années à venir. « L’objectif est le renouvellement des réserves et l’amélioration de la production d’hydrocarbures, le développement d’activités créatrices de richesse dont la pétrochimie, le raffinage et la promotion de l’industrie des produits miniers », explique le ministre de l’énergie.

En effet, dans son programme d’action 2022-2027, la compagnie nationale des hydrocarbures Sonatrach a réservé une enveloppe financière de plus de 40 milliards de dollars, dont 30 milliards pour l’activité recherche, exploration et production. Sur ce point, particulièrement, Arkab affirme que « l’Algérie est confrontée à des défis, consistant en la couverture de la demande nationale en matière d’énergie et une contribution efficace au développement économique et industriel à travers le maintien des exportations, notamment de gaz, tout en honorant les engagements envers les clients étrangers ».

Rôle du gaz dans la transition énergétique

En évoquant, le rôle du gaz naturel et son avenir dans la transition énergétique, le ministre de l’énergie n’a pas manqué de mettre en avant les efforts que le pays continue à consentir pour réussir le programme national des énergies renouvelables. « Le gaz naturel, connu pour son utilisation flexible, était considéré comme une source d’énergie propre et durable, capable de soutenir la transition énergétique, notamment dans les pays riches en gaz, comme le stipule le 7e objectif de développement durable, à savoir l’approvisionnement régulier en ressources énergétiques à des prix accessibles, stables et durables », explique-t-il.

Dans ce sens, l’investissement, étranger en particulier, dans l’amont gazier est l’un des objectifs phares de l’Algérie pour les années à venir.

«Transition énergétique et décarbonation, une priorité»

La diversification du bouquet énergétique national est un objectif très cher à l’Algérie qui fournit des efforts pour mettre sur le marché national ou international une énergie répondant aux normes environnementales. De ce fait, la transition énergétique « souple » figure parmi les priorités des pouvoirs publics.

Dans ce sens, plusieurs programmes ont été mis en œuvre ces derniers temps, soit en matière de production des énergies nouvelles et renouvelables, soit en matière de décarbonation des énergies fossiles à travers le recours à la technologie du captage et le stockage du carbone. « La transition énergétique est un objectif prioritaire pour le pays qui s’attelle, à travers l’introduction des énergies nouvelles et renouvelables et la rationalisation de la consommation d’énergie, à développer le bouquet énergétique national », rappelant que l’Algérie s’est engagée à réduire de 30% les émissions des gaz à effet de serre à l’horizon 2030.

Parmi les projets lancés dans ce cadre, figure le projet de réduction des émissions des gaz torchés. « Nous avons actuellement atteint une réduction de 1% sur 3% », a-t-il précisé. Dans ce sens, la compagnie nationale des hydrocarbures a alloué une assiette financière de 1 milliard de dollars pour la plantation de 420 millions d’arbres sur 10 ans dans le cadre de son programme visant le captage du carbone dans le ciel, et d’autre part pour le captage et le stockage du gaz torché au niveau des installations pétrolières et gazières du pays.

Outre ces mesures, l’Algérie s’est engagée également sur la voie de la production de l’énergie solaire avec le lancement de la première phase du programme de 15.000 MW visant la production de 3000 MW pour un montant de 2 milliards de dollars. Le programme en question devrait être mis en œuvre à partir du premier trimestre de l’année en cours. Le programme national des énergies solaires constitue également la première phase du programme de développement de l’hydrogène vert à partir de 2030.

Il s’agit donc de la préparation du terrain pour une transition énergétique souple permettant à la fois à l’Algérie de diversifier ses ressources énergétiques d’une part et de mettre sur le marché international une offre variée.

A. B