Assainissement du secteur public et relance de la production industrielle : Missions possibles pour Aoun

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Assainissement du secteur public et relance de la production industrielle : Missions possibles pour Aoun

Par Akli Rezouali

Quelques mois à peine après son retour aux affaires pour gérer le très sensible secteur du médicament, Ali Aoun vient de se voir confier la délicate mission de mener à bon port le processus stratégique de la relance industrielle, en ayant désormais sous sa coupe à la fois le portefeuille de l’industrie, en replacement d’Ahmed Zeghdar, et celui de la production pharmaceutique dont il avait déjà la charge depuis septembre 2022.

De fait, à la suite du remaniement ministériel opéré jeudi par le président de la République, les deux ministères-clés viennent d’être logiquement jumelés pour être dirigés par un seul ministre, en l’occurrence Ali Aoun.

Fort d’une longue expérience de manager, l’homme aura comme challenges majeurs à relever un assainissement en profondeur de la gouvernance du secteur public marchand, l’amélioration des taux d’intégration dans différentes filières industrielles à commencer par celle de l’automobile et, au bout, l’accélération de l’émergence d’un tissu industriel national suffisamment compétitif et à même de répondre aux exigences requises en termes de qualité et de productivité afin de contribuer à la diversification des exportations et de l’économie nationale dans son ensemble.

Des missions tout à fait possibles pour le nouveau ministre qui, lors de la prise officielle de ses nouvelles fonctions avant-hier, a fait part de son engagement total à mettre en œuvre la feuille de route du secteur, tout en avouant que «la tâche est difficile mais pas impossible», en évoquant le traitement des dossiers lourds relevant de ce nouveau méga-ministère et la réalisation de ces objectifs stratégiques que le président de la République tient à concrétiser.

Tout en appelant d’emblée les cadres du secteur à «faire preuve de dévouement, de rigueur et de célérité dans la mise en œuvre du programme tracé», Ali Aoun n’a pas manqué d’admettre la délicatesse et la sensibilité des missions qui l’attendent, relevant sur un ton à la fois solennel et teint d’humour que, lors de son installation en tant que ministre de l’Industrie pharmaceutique il y a quelques mois, on ne lui avait pas demandé d’apposer sa signature sur autant de documents que pour la prise de ses nouvelles fonctions à la tête de ce nouveau ministère.

«Des dossiers très lourds…»

Une pointe d’humour subtile qu’on lui connaissait déjà par le passé et à laquelle son prédécesseur, Ahmed Zeghdar, n’a pas hésité à répondre avec autant de subtilité en lui répliquant que «c’est parce qu’il lui léguait la responsabilité de gérer des dossiers très lourds, dont surtout l’automobile».

L’automobile, mais pas que… Car Ali Aoun hérite en définitive de la gestion d’une espèce de super-ministère auquel échoit non seulement la sensible tâche de présider à la relance d’une industrie automobile nationale saine et compétitive, mais aussi celles de l’amélioration de la gestion du secteur économique public, la mise sous performance de diverses filières industrielles avec en point de mire la promotion du produit local et la diversification des exportations, ainsi que l’assainissement du secteur pharmaceutique en vue de garantir une meilleure disponibilité des médicaments sur le marché national et de substituer graduellement la production locale aux importations.

Le rattachement du portefeuille de la production pharmaceutique à un grand ministère de l’Industrie, faut-il souligner au demeurant, semble s’inscrire en droite ligne avec la nouvelle phase de consolidation des réformes voulues par les pouvoirs publics, après la mise au diapason opérée ces deux dernières années en termes de réaménagement de l’arsenal juridique et législatif relatif à l’investissement.

Une phase charnière à laquelle Ali Aoun est ainsi appelé à prendre grandement part, de par sa longue expérience de gestionnaire au sein du secteur public, ses compétences managériales reconnues et probablement la rigueur et l’intransigeance qui font sa réputation depuis plusieurs années.

Natif de Temacine (wilaya de Touggourt) en 1946 et titulaire d’un diplôme d’ingénieur en chimie industrielle en 1972 à l’Institut  Saint LUC Mons en Belgique, Ali Aoun justifie d’une longue carrière en tant que consultant en organisation et gestion d’entreprises et a occupé de nombreux postes de responsabilité au sein du secteur public, dont notamment celui de PDG du groupe pharmaceutique Saidal de 1995 à 2008.

Nommé en septembre 2022 à la tête du ministère de l’Industrie pharmaceutique, il se voit confier, depuis hier, la gestion d’un département névralgique appelé à chapeauter désormais l’ensemble des segments de l’industrie nationale.

A.R.