Attaf s’est entretenu avec le représentant du SG de l’ONU pour la région : Alger incontournable dans la solution des crises au Sahel

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La situation dans les pays du Sahel demeure préoccupante pour la communauté internationale. La situation sécuritaire ne s’est pas améliorée alors que les autorités de transition, particulièrement au Mali, ne semblent pas, comme elles l’ont promis, décidées à remettre le pouvoir aux civils. Le mandat de la transition a en effet expiré il y a quelques jours, mais la junte au pouvoir à Bamako s’attache plutôt à réduire au silence toute voix opposée à sa démarche. Ce qui entretient davantage l’instabilité politique.

En effet, au lieu de chercher une solution à la crise politico-sécuritaire dans laquelle est plongé le pays depuis une décennie, les putschistes travaillent au renforcement de leur pouvoir en verrouillant le champ politique et des restrictions des libertés, à travers notamment la dissolution administrative d’associations qui n’adhèrent pas et ne soutiennent pas la démarche de la junte. C’est le cas de la Coordination des mouvements, associations et sympathisants de l’imam Mahmoud Dicko (CMAS), qui a joué un rôle majeur dans le débarquement du président Ibrahim Boubacar Keita, accusée aujourd’hui par la junte d’être un véritable organe politique de déstabilisation et de menace pour la sécurité publique, ou encore l’Association des élèves et étudiants maliens (AEEM) accusée elle aussi d’être responsable de violences et d’affrontements depuis plusieurs années dans le milieu scolaire. Aujourd’hui, ce sont pas moins de 80 organisations, entre partis politiques et associations qui réclament la tenue, dans les brefs délais, des élections pour mettre fin à la transition.

Après s’être aliéné la communauté internationale en «renvoyant» la Minusma, la mission de l’ONU pour la stabilisation du Mali, enterré, sans raison valable, l’Accord d’Alger, la junte au pouvoir à Bamako s’attaque aux dernières poches de liberté et de démocratie dans le pays comptant pour cela sur la justice et les forces de sécurité. Surtout les services de sécurité, l’armée notamment qui est la seule institution, aidée par la Russie et la Turquie, à faire un bilan. En effet, les FaMa enregistrent des résultats dans la lutte contre les groupes terroristes, mais sont encore sous le coup d’accusations d’exactions et de violences contre des populations civiles.

Pour le reste, tous les voyants sont au rouge, le pays se retrouve dans une impasse politique alors que la rue commence à gronder. Plusieurs manifestations annoncées par les partisans de l’imam Dicko, l’Association des élèves et étudiants dont les doyens sont montés au créneau, ou encore des partis de l’opposition ont été reportées dans l’espoir de voir la junte se résoudre à respecter ses propres engagements.

Les rapports de l’ONU sur la région sont alarmants, alors que le Haut- commissariat aux droits de l’homme et Human Right Watch ont encore une fois épinglé Bamako au sujet du respect des libertés et des droits de l’homme.

Dans ce contexte qui menace la stabilité de toute la région sahélo-saharienne et les pays du voisinage, le Secrétaire général de l’ONU, par le biais de son envoyé spécial pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel, Leonardo Santos Simao, a sollicité l’appui de l’Algérie, qui connaît parfaitement la région pour avoir souvent été associée au règlement des conflits qui ont marqué ces pays depuis leur indépendance dans les années 1960.

Selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères, le chef de la diplomatie algérienne, M. Ahmed Attaf a reçu, hier, un appel téléphonique de M. Leonardo Santos Simao, au cours duquel ils ont échangé les points de vue et les analyses concernant les développements de la situation dans la région sahélo-saharienne. Ils ont également abordé, selon la même source, «les voies et perspectives de renforcement de la coordination entre l’Algérie et l’Organisation des Nations unies, en vue de contribuer à relever les défis communs auxquels sont confrontés les Etats et les peuples de la région dans les domaines politique, économique, de développement et sécuritaire». Et la région en a plus que jamais besoin dans cette situation de flou politique qui ne présage d’aucune perspective de solution à court ou moyen termes, d’un véritable soutien pour une solution durable. Et l’Algérie peut représenter ou porter une partie de la solution. Les militaires au pouvoir pérennisent la dépendance de leur pays de l’étranger sur les plans militaire, économique et politique. D’où les inquiétudes que la situation suscite dans la région et à l’ONU.

Djilali B.