Les lignes rouges de Tebboune

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Tebboune

Dans sa dernière sortie médiatique, dimanche soir, le président Tebboune a largement abordé les questions de politique étrangère de l’Algérie en raison de leur importance dans le contexte spécial actuel que traverse le pays.

Dans ce cadre, le chef de l’Etat a, de prime abord, rappelé la position immuable de rejet par l’Algérie de la présence de bases militaires sur son sol, de soutien à la paix et à la stabilité de son environnement régional, et réitéré son rejet de toute tutelle, intervention étrangère ou atteinte, de quelle que nature que ce soit.

Le chef de l’Etat a en mettant en exergue le principe immuable de l’Algérie de rejet de toute intervention étrangère, souligné la vision de l’Algérie vis-à-vis des pays du Sahel qui se situe aux antipodes de la solution sécuritaire qui a montré ses limites, pour préconiser l’option du développement économique de la région et de mettre fin au paiement des rançons afin de tarir les sources de financement du terrorisme.

Concernant les relations de l’Algérie avec l’Africom et les Etats-Unis, «notre politique est transparente et est connue de tous», a affirmé le président Tebboune, en rappelant l’excellence des relations de l’Algérie avec les Etats-Unis. Dans ce contexte, il a soutenu que l’Algérie est reconnue pour son rôle de stabilisateur de paix et que les mérites de la diplomatie algérienne sont reconnus mondialement à travers les 5 continents, pour avoir aidé à solutionner des conflits.» 
Concernant le différend avec le royaume alaouite, Alger refuse toute médiation après la rupture des relations diplomatiques avec ce pays voisin, a indiqué en outre le président Abdelmadjid Tebboune.»

A. R.

« Il n’y aura jamais de bases militaires étrangères en Algérie »

L’Algérie ne permettra à aucun pays, «aussi puissant soit-il», d’implanter des bases militaires sur son sol, a affirmé dimanche le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, alors qu’il s’exprimait lors de sa rencontre périodique avec des responsables de médias nationaux.

«L’Algérie ne permettra à aucun pays, aussi puissant soit-il, d’implanter une base militaire sur le territoire national. Notre terre est sacrée et le devoir de respect à nos martyrs impose de ne tolérer l’implantation d’aucune base militaire en Algérie» a affirmé en substance le président Tebboune. Il a rappelé, à cet égard, la politique de l’Algérie en la matière qui est «connue, claire et transparente», soulignant qu’il s’agit d’«une politique procédant de principes solides et immuables».

En réponse aussi à une question sur la participation de l’Armée nationale populaire (ANP) aux opérations militaires à l’extérieur du pays, M. Tebboune a rappelé la politique et la position de l’Etat sur cette question consistant à «veiller à ne pas s’enliser dans les bourbiers».

«Nous n’avons pas de légions, mais une armée nationale dont les membres ne seront jamais sacrifiés pour de l’argent, comme le font les mercenaires», a soutenu le Chef de l’Etat, relevant que «pour toute opération similaire, nous avons besoin de l’aval des membres de notre armée et celui de leurs représentants à l’Assemblée nationale populaire (APN)».

D’autre part, concernant les relations bilatérales avec l’Africom et les Etats-Unis, Abdelmadjid Tebboune a indiqué que «l’Algérie entretient des relations de coopération avec l’Africom», ajoutant que «nous ne sommes pas des ennemis des Etats-Unis. Pour nous, les Etats-Unis sont un pays ami, qui reconnait le rôle de l’Algérie en tant que pays stabilisateur de paix dans la région. Nous avons de très bonnes relations avec les Etats-Unis, depuis longtemps, puisque nous sommes le deuxième pays à avoir reconnu l’indépendance des Etats Unis », a-t-il rappelé.

A. R.

Sahel : «Le problème du Mali est économique avant d’être sécuritaire»

«L’Algérie entretient des relations de respect mutuel et de respect de la décision souveraine des pays du Sahel a indiqué le président Tebboune. En mettant en exergue le principe immuable de l’Algérie de rejet de toute intervention étrangère, le chef de l’Etat a souligné que la vision de l’Algérie vis à vis des pays de la région consiste à encourager le développement de leurs économies et du règlement des problèmes de santé et de scolarité. «L’Algérie est disposée à aider à la concrétisation des programmes dans ces domaines, au profit des peuples frères au Mali et au Niger. Mais, si ces pays optent pour la solution militaire, libre à eux de le faire», a-t-il tranché. «Avec l’Etat malien, nous entretenons des relations fraternelles, non pas comme une tutelle, comme nous n’acceptons aucune tutelle sur l’Algérie», a-t-il affirmé. 

« Certains continuent à payer les rançons… »

« La solution aux problèmes que connait le Mali est loin d’être sécuritaire, mais économique d’abord et passe par la lutte contre la pauvreté pour tarir les sources de financement des groupes activant dans la région du sahel », a estimé M. Tebboune. Il en veut pour preuve, que «l’Algérie a criminalisé le paiement des rançons mais d’autres  pays continuent de verser l’argent aux groupes armés au Mali et qui sert à recruter des combattant parmi les populations défavorisées de la région du Sahel». A ce titre, Abdelmadjid Tebboune a évoqué l’engagement de l’Algérie à mener des projets de construction de centres de santé, d’écoles et de forages d’eau potable, dans plusieurs provinces du nord du Mali, à Kidal, à Tessalit et à Gao. Aussi, dans la conception de l’Algérie, sa solution consiste à intégrer les gens du nord du Mali au sein de l’armée et l’administration malienne, en vertu des accords d’Alger.

Quant à la présence militaire au Mali, qui est l’objet de critiques de la part des Maliens eux-mêmes, le président Tebboune a rappelé que la présence de la force Barkhane ne date pas d’aujourd’hui, mais elle n’est pas à l’origine de la crise entre les deux pays. Je respecte la décision du Mali, gouvernement et peuple, qui a demandé l’aide militaire étrangère.»

A. R.

Maroc : «L’Algérie refuse toute médiation»

Alger refuse toute médiation avec le Maroc après la rupture des relations diplomatiques avec ce pays voisin, a indiqué le président Abdelmadjid Tebboune. «Nous n’acceptons aucune médiation. Lors de la dernière réunion des ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe, le ministre des Affaires étrangère a demandé dès le début des travaux pour que cette question ne soit pas inscrite à l’ordre du jour», a déclaré, dimanche 10 octobre au soir, le président Abdelmadjid Tebboune, lors d’une rencontre avec la presse, diffusée par l’ENTV et les chaînes privées.

«Nous ne sommes pas dans l’erreur. C’était une réaction. Il y a eu des choses qui n’auraient jamais dû avoir lieu. Nous n’en sommes pas la cause. Nous n’avons jamais exprimé de mots pouvant porter atteinte à l’intégrité territoriale du Maroc malgré l’existence de précédents historiques», a souligné le président pour expliquer la rupture des relations diplomatiques avec le Maroc.

« C’est un pays agresseur et intentionniste »

«Ils nous ont agressés en 1963. Nous n’avions pas encore une armée à l’époque. Les moudjahidine revenaient des maquis et nous faisions le décompte de nos martyrs et nos blessés. C’est en ces moments que nous avons été attaqués par les forces spéciales, les chars et les hélicoptères pour nous arracher une partie de notre territoire. C’est quoi cette mentalité expansionniste», a rappelé le président Tebboune.

«Les terroristes algériens habitaient dans des villas au Maroc durant les années 1990. «Ils avaient même des gardes du corps et des passeports diplomatiques. Il ne se passe pas un ou deux ans sans qu’il y ait une agression (du Maroc), ça suffit !», a-t-il déclaré.

Interrogé sur la volonté d’Israël de construire une base pour les drones suicidaires au Maroc, le chef de l’Etat dira que l’Algérie n’était pas inquiète à ce propos : «Cela ne date pas d’aujourd’hui. Celui qui nous cherche nous trouve. Et s’il commence, ça ne se termine pas. Je jure en tant que président de la République Algérienne Démocratique Populaire que nous n’agressons personne. Et celui qui nous agresse, va regretter le jour de sa naissance ! Nous n’arrêterons pas».

Et de poursuivre : «Nous ne cherchons personne. Nous connaissons la valeur de la guerre et du baroud. Nous sommes un peuple résistant mais nous n’aimons pas la guerre, nous aimons la paix. L’Algérie est la seule ancienne colonie où la résistance a duré 70 ans. L’Algérie compte des millions de chouhada.»

A. R.

Sahara occidental

Pour ce qui est du Sahara occidental, le président Tebboune a salué  la désignation de Staffan Da Mistura, en tant qu’envoyé spécial du secrétaire général de l’ONU avant de souligner le rôle des Nations Unis notamment de la commission de décolonisation dont relève ce dossier.

Libye

Pour la Libye, le président Tebboune a fait état de d’éléments de division en appelant les grandes puissances à y intervenir pour favoriser le retrait des mercenaires étrangers. Et ce, avant de réitérer le soutien de l’Algérie à la solution politique qui passe par les élections, celle acceptée par tous les Libyens.

Tunisie

«Celui qui touche à la Tunisie nous touchera» et «celui qui menace la sécurité de la Tunisie nous trouvera sur son chemin», a lancé Tebboune en soutenant que l’Algérie s’interdit toute intervention dans les affaires intérieures de ce pays. Selon lui, « les problèmes dans ce pays relèvent de la  constitution».

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