Bendjama a déploré à l’ONU la détérioration de la situation humanitaire : L’Algérie n’oublie pas le Soudan

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Algérie à l'ONU

PAR DJILALI B.

Hors de portée de l’attention focalisée sur les massacres israéliens à Ghaza, la crise soudanaise s’est développée loin des regards aggravant le drame humanitaire avec des accès insuffisants à l’aide, notamment au Darfour qui replonge dans des conditions inhumaines. Profitant de la réunion de l’Assemblée générale de l’ONU, le représentant permanent de l’Algérie aux Nations unies s’est exprimé sur le dossier du Soudan au nom des A+3 (Algérie, Mozambique, Sierra Leone et Guyane), en appelant, à l’occasion du mois sacré du Ramadhan, les deux parties en conflit à un cessez-le-feu, pour la prise en charge de la crise humanitaire et pouvoir engager des pourparlers, afin de trouver une solution durable à « la plus grave crise humanitaire » que connaît ce pays et dont l’origine est principalement située dans la mésentente entre les dirigeants du pays, après la chute de Omar El Béchir, principalement surtout entre le chef des forces armées soudanaises Abdel Fattah alBurhan et le chef des forces de soutien rapide Mohamed Hamdan Dogolo. Les deux leaders ont accentué leurs divergences, sérieusement encouragés par des puissances étrangères. Une situation dénoncée par l’Algérie par la voix de son chef de la diplomatie qui a réitéré un principe cardinal de sa politique étrangère assis sur le rejet des ingérences et des interventions étrangères.

Abdel Fattah al-Burhan a dénoncé, lors de sa visite en Algérie au mois de janvier passé, l’intrusion de forces étrangères dans le conflit. « Le Soudan fait face à un complot avec la complicité de partenaires internationaux et régionaux », a-t-il affirmé. Des complicités que le président Tebboune désigne par « les forces du mal ». « L’Algérie se tient aux côtés du Soudan pour surmonter la conjoncture difficile et faire face aux forces du mal qui le ciblent », a assuré le président devant Al Burhan.

Ces forces du mal opèrent dans les pays en crise ou participent à l’éclosion de nouveaux conflits suivant une stratégie criminelle pour le leadership. Une stratégie adoptée et éprouvée par les Emirats arabes unis qui tentent de s’imposer dans la sphère arabe, pour l’instant, à travers le financement, la participation directe ou indirecte à la destruction des Etats. Ses empreintes vont de la Syrie au Yémen, en passant par la Libye. Le petit Etat du Golfe entreprend maintenant d’alimenter et d’attiser les conflits dans la région du Sahel tout en manœuvrant par divers moyens, dont le financement des associations et des opérations de déstabilisation. Une attitude dénoncée par l’Algérie qui a été elle-même ciblée par les pratiques hostiles de ce pays.

Bendjama appelle à un cessez-le-feu

Le représentant permanent de l’Algérie auprès de l’ONU, Amar Bendjama, a appelé, au nom des membres A3+, « les parties au conflit au Soudan, à saisir l’opportunité du mois de Ramadhan pour déclarer un cessez-le-feu immédiat et s’engager sur la voie de l’apaisement et de la retenue pour une paix durable au Soudan ». Il a évoqué particulièrement la situation humanitaire qui s’est nettement détériorée depuis l’éclatement de la crise.

Dans le même sillage, M. Bendjama a indiqué que « le pays fait face à la plus grande crise de déplacement au monde, avec un risque élevé d’insécurité alimentaire aiguë menaçant des millions de Soudanais, en particulier au Darfour », ajoutant qu' »il est également nécessaire d’explorer tous les moyens possibles pour garantir un accès sans entrave afin de permettre le flux de l’aide humanitaire internationale, afin qu’elle puisse atteindre toute la population soudanaise touchée, grâce à une coopération étroite entre le gouvernement soudanais et les agences humanitaires déployées », a-t-il aussi salué « la décision des autorités soudanaises de faciliter l’accès humanitaire à travers plusieurs points de passage frontaliers, tels que Tchad-TinaDarfour, y compris la facilitation des vols humanitaires accédant aux aéroports d’Al Fasher, Kadugli et Al Obeid ». Il a aussi salué « la tenue d’une conférence humanitaire internationale à Paris, en avril prochain » qui est, selon lui, « également une initiative louable, censée offrir l’occasion d’obtenir des engagements clairs de la part des acteurs soudanais et de la communauté internationale, pour améliorer la situation humanitaire sur le terrain ».

Sur le plan politique, c’est l’annonce d’un nouveau cycle de pourparlers, dans le cadre du processus de Djeddah, pourvu qu’il ne soit pas torpillé par des manœuvres ennemies, « et c’est pourquoi, dit M. Bendjama, nous invitons les parties soudanaises à s’engager de bonne foi lors de ces pourparlers ». Il a également mis en avant la nécessité de la coordination des efforts régionaux et internationaux tout en faisant le point sur tous les cadres existants, pour adopter une approche différente dans notre effort commun pour sortir de cette crise. « Cette approche doit être fondée sur l’inclusion, l’appropriation soudanaise et une préparation adéquate », a-t-il souligné. Dans le cadre enfin de cette coordination, le diplomate algérien a cité les efforts de l’UA qui a d’ailleurs, a-t-il rappelé, créé « un groupe de haut niveau de l’UA sur le Soudan ».

D. B.