Biennale de design : 122 projets pour un éco-design

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Par Latifa Abada

L’actualité de la planète rythme notre quotidien. L’éco-responsabilité est à la fois un défi et un devoir. Cette grande thématique sera abordée dans les projets d’une centaine de concepteurs qui participent à la seconde édition de la biennale de design. Avec des médiums différents, architectes, artistes, ingénieurs et designers démontreront le processus de l’éco-conception dans le design.

Pour la première fois, la biennale se déploiera dans cinq villes d’Algérie : Alger, Annaba, Constantine, Oran et Tlemcen. Cette nouvelle édition est aussi un grand projet commun qui se déploie sur les nouvelles scènes de l’industrie culturelle et créative algérienne : galeries, résidences d’artistes ; universités, institutions publiques et privées.

La commissaire de la biennale de design, Feriel Gasmi Issiakhem, est revenue lors d’une conférence de presse sur la thématique choisie pour cette seconde édition, à savoir «pour un monde réel».

L’intitulé de la thématique est le titre du célèbre livre du designer industriel Victor Papanek, explique-t-elle. Ce livre a été critiqué pendant des années par des professionnels, et depuis quelques années, ils reviennent sur les grands percepts de Victor Papanek.

«Ce dernier défendait un design social centré sur la question environnementale qui est devenue un enjeu planétaire. Et le designer est particulièrement mis sur le banc des accusés, car il est dans cette relation systémique de la conception de l’objet qui va directement vers le consommateur. Nous avons donc invité les concepteurs à réfléchir et repenser ce processus», précise-t-elle.

Les auteurs de projets interprètent la question du vivant dans leur environnement social immédiat. Leurs projets invitent à repenser les gestes les plus basiques du quotidien ; comment consommer, comment vivre, et comment appréhender notre futur, pour faire advenir une culture matérielle plus respectueuse des écosystèmes qui nous entourent.

L’exposition d’Alger est pensée tel un parcours. Le visiteur est invité à découvrir des projets immersifs, du mobilier, des solutions techniques, des installations d’artistes et bien d’autres dans des lieux différents de la capitale.

Feriel Gasmi Issiakhem souligne l’importance de donner une dimension académique à la biennale. «La collaboration avec le ministère de l’enseignement supérieur nous a permis de concrétiser ce souhait de donner à la biennale une dimension académique en dehors des mondes des arts. De nombreuses universités et écoles, situées dans les cinq villes participant à la biennale de design algéro-française. Parmi celles-ci, l’école polytechnique d’architecture et de l’urbanisme d’Alger, l’université Salah-Boubnider – Constantine 3, l’université Badji-Mokhtar de Annaba, l’université d’Oran USTO ainsi que l’université Aboubakr-Belkaïd à Tlemcen», précise-t-elle.

L’accent est mis sur la cohabitation dans le même espace d’exposition des designers confirmés et les jeunes professionnels ou étudiants. La commissaire de la biennale précise que l’objectif est de faire rencontrer les praticiens du design.

Durant un mois, du 9 mai au 8 juin, la biennale de design proposera un programme d’expositions, workshops, conférences et master class.

L.A.