Borrell l’a annoncé hier : «Plusieurs pays européens reconnaîtront l’Etat palestinien d’ici fin mai»

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Par Amar R.

L’échec d’adhésion de la Palestine en tant que membre à part entière des nations unies ne constitue pas un frein à la reconnaissance de l’Etat de la Palestine, qui se poursuit activement à travers les quatre coins du globe.  Dans ce cadre, le haut commissaire à la politique étrangère de l’union européenne, Josep Borrell, a révélé hier que plusieurs Etats membres de l’UE devraient reconnaître l’Etat palestinien d’ici la fin mai prochain.

La déclaration de Borrell confirme celle des dirigeants espagnol, irlandais, slovaque et maltais qui ont exprimé, le mois dernier, dans une déclaration commune, leur volonté de reconnaître l’Etat palestinien.

La Belgique l’a fait savoir récemment aussi. «La Belgique reconnaîtra la Palestine. C’est le sens de l’histoire», a affirmé la ministre belge des affaires étrangères, Hadja Lahbib, dans une séquence vidéo qu’elle a partagée sur son compte officiel sur les réseaux sociaux, jeudi dernier.

Récemment, les gouvernements de la Jamaïque et de la Barbade ont annoncé leur reconnaissance de l’Etat de Palestine, portant à 142 le nombre de pays reconnaissant l’Etat de Palestine.

Dimanche, le représentant permanent de la Palestine auprès des nations unies, Riyad Mansour, a déclaré que de nouveaux pays des Caraïbes et d’Amérique latine reconnaîtraient bientôt l’Etat de Palestine.

Attaf : «L’essence fondamentale de toute solution au conflit israélo-arabe»

Cette cascade de reconnaissances de l’Etat palestinien s’imbrique parfaitement à la position de l’Algérie, qui souligne la nécessité de création d’un Etat palestinien indépendant et souverain, le considérant comme l’essence fondamentale de toute solution au conflit israélo-arabe

Le chef de la diplomatie algérienne Ahmed Attaf l’a réitéré hier à partir de la capitale saoudienne Riyad, où il a participé à une réunion ministérielle consacrée à discuter des «moyens de mettre en œuvre la solution à deux Etats, y compris la reconnaissance de l’Etat palestinien».

Ahmed Attaf a souligné que «la création d’un Etat palestinien indépendant et souverain est l’essence fondamentale de toute solution au conflit israélo-arabe, et constitue le défi principal et inévitable, et une condition nécessaire à tout processus de paix sérieux».

De ce point de vue, le ministre a souligné l’impossibilité de parvenir à la paix et à la sécurité au Moyen-Orient sans donner aux Palestiniens leurs droits légitimes, en particulier leur droit d’établir leur Etat indépendant et souverain avec El-Qods comme capitale.

Dans le même contexte, Attaf a souligné qu’il est encourageant qu’un nombre croissant de pays entendent reconnaître l’Etat palestinien, les appelant à incarner cette étape importante comme une contribution significative et décisive à la réalisation de la sécurité et de la paix au Moyen-Orient et vers la préservation de la solution à deux Etats, qui est systématiquement mise à mal par l’occupation.

Cette dynamique en faveur de la Palestine coïncide avec des efforts diplomatiques pour un cessez-le-feu a Ghaza, visant à mettre fin à la guerre génocidaire à Ghaza, qui a fait plus de 34.500 Palestiniens tués et plus de 77.000 blessés, alors que 7000 personnes sont portées disparues

Les Etats-Unis et la Grande-Bretagne poussent le Hamas à accepter un accord de cessez-le-feu de 40 jours et d’échange de 33 otages de l’occupation contre de milliers de prisonniers palestiniens.

Les pays du CCG pour la solution à deux États

Ces efforts diplomatiques surviennent alors que les Etats-Unis, qui affirment être proches d’un accord de normalisation entre l’Arabie saoudite et l’entité sioniste, insistent sur la nécessité de tracer la voie vers la création d’un Etat palestinien.

S’exprimant au sujet de la normalisation des relations entre Riyad et Tel-Aviv, le secrétaire d’Etat américain Anthony Blinken a fait savoir que «les Etats-Unis ont beaucoup travaillé sur cette question en mars dernier», notant que «la concrétisation de ce projet est proche».

Cependant, pour être avalisée, cette demande doit répondre aux conditions de l’Arabie saoudite qui exige notamment la création d’un Etat palestinien. Ce que Blinken s’est attelé à exprimer à travers un appel à mettre fin à la guerre à Ghaza, expliquant que  »le conflit à Ghaza doit prendre fin et qu’une voie doit être tracée pour établir un Etat palestinien, en vue d’une normalisation entre Israël les pays arabes ».

Le secrétaire d’Etat américain a aussi déclaré son rejet d’une opération sur Rafah, indiquant :  »Nous ne pouvons pas soutenir une telle opération en l’absence d’un plan visant à épargner les civils », mais insistant sur l’aide humanitaire :  »Nous sommes déterminés à faire tout ce qui est en notre pouvoir pour mettre un terme aux souffrances humaines à Ghaza. »

En guise de soutien à cette option, les pays du CCG commencent à user d’un narratif de conjoncture sur la nécessité d’un cessez-le-feu et son apport à la «solution à deux Etats».

A.R.