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Boulanouar : «Sans importation, la viande pourrait atteindre les 4.000 DA/kg

/Les prix des viandes rouge et blanche connaissent une hausse vertigineuse sur le marché algérien, quelques jours avant le mois de ramadan.

Si le prix du poulet à pris son envol atteignant 400 DA le kilogramme, la dinde se vend désarmais à 700 DA/kg, la sardine, qui jadis était la protéine du pauvre, a vu son prix grimper à 1200 DA, la viande ovine nargue du haut de ses 1400 DA le consommateur qui n’a d’yeux que pour pleurer.

Les raisons de la hausse : un déficit de production

Pour connaître les raisons de cette soudaine hausse des prix, nous avons pris contact avec Hadj-Tahar Boulanouar, le président de l’Association nationale des commerçants algériens (ANCA),  qui nous a expliqué que cette situation est due, en premier lieu, à un déficit entre la production et la demande en cette denrée. La production nationale en viande blanche et rouge est estimée entre 800.000 à 900.000 tonnes par an, or, la demande dépasse 1 million de tonnes, soit un déficit de quelques 200.000 tonnes, a-t-il précisé, en expliquant qu’il s’agit là, l’une des raisons de la hausse des prix des viandes surtout durant les périodes, à l’instar du mois de ramadan, où il y a une hausse de 50% de la demande». D’où, «le recours du gouvernement à l’autorisation d’importation comme c’est le cas, cette fois-ci, de 54.000 tonnes, afin de satisfaire la demande des consommateurs, et d’essayer de stabiliser les prix durant le ramadan», a-t-il indiqué, en rappelant que la consommation pour ce mois est estimée à 120.000 tonnes alors que la production ne dépasse guère les 90.000 tonnes. Mais, faute d’importation, le prix de la viande pourrait atteindre aisément les 3.000 DA ou 4000 DA le kilo, a-t-il estimé en outre.

Le problème essentiel de la cherté de la viande est lié à la faible production animale, et qui se manifeste par une stagnation du nombre de têtes, a estimé M. Boulanouar, en soulignant les déclarations des professionnels du secteur de la filière des viandes, qui déplorent qu’un pays comme l’Algérie qui a 2.4 millions de km2 de superficie et presque 45 millions d’habitants, n’a que 25 millions de têtes d’ovins. Idem pour le cheptel bovin qui ne dépasse pas 2 millions de têtes, au moment où d’autres pays beaucoup plus petits disposent de 4 à 5 millions de bovins et 40 millions d’ovins. De plus, le cheptel camelin n’est pas important puisqu’il est estimé à 1 million de chameaux, a-t-il poursuivi, en appelant à encourager l’élevage camelin. 

Selon lui, la hausse des prix des viandes s’explique, aussi, par l’augmentation des prix des aliments du bétail, qui ont doublé ces derniers mois, obligeant les éleveurs à l’acheter en deuxième et troisième main.

Mais, hormis le développement de l’élevage, qui prendra du temps, le président de l’ANCA a préconisé le règlement du problème de la distribution de l’aliment du bétail comme solution à court terme, à côté de la mise en place de marchés de proximité et la subvention du transport des éleveurs du sud pour vendre leur produit au nord du pays.

Zebdi : «La filière avicole est désorganisée»

Pour sa part, Mustapha Zebdi, le président de l’Association de protection des consommateurs (APOCE), a attribué cette hausse des prix qui touche toutes les viandes, à quelques semaines du mois sacré, à  plusieurs facteurs. Ainsi s’agissant du prix du poulet qui se vend à 400 DA le kilo, il a indiqué qu’elle est l’une des filières des plus désorganisées, où les petits producteurs sont marginalisés et sont dépourvus de leurs droits. Selon lui, cette fluctuation du prix de cette denrée qui n’a jamais été stable, est due à plusieurs facteurs, entre autres la hausse du prix de l’aliment de volaille, du prix du poussin, et la désorganisation du circuit de distribution et de commercialisation. M. Zebdi a fait savoir que le taux d’intégration de la chaîne de production du poulet est minime,  puisqu’on importe le poussin, la poule pondeuse, l’aliment et le vaccin. «Tant que le taux d’intégration est minime et ne dépasse pas 10%, on ne pourra jamais cerner le coût de production», a-t-il estimé. 

L’effet spéculatif

La hausse des prix à quelques semaines du mois sacré met en évidence aussi l’effet de la spéculation, qui est un «facteur non négligeable». Mustapha Zebdi a, en relevant que les prix augmentent à chaque approche du mois de ramadan ou d’une fête, ce que personne ne peut nier», estimé que «c’est dû à la mauvaise régulation du marché». Car, dit-il, «si on était dans un marché bien régulé, transparent et de concurrence loyale, ce genre de pratiques n’aurait jamais existé».

En rappelant que tout le monde sait qu’il y a une augmentation des prix avant le ramadan, puis un retour à la normale une semaine après, il a estimé qu’il faut inonder le marché du produit en question, entre autres la viande, car à défaut, les prix connaîtront encore plus d’augmentation et ça affectera le pouvoir d’achat du consommateur, a-t-il affirmé, en déplorant l’absence de régulation, de transparence et l’anarchie des prix.

L’appel des producteurs

Le président de la Chambre nationale des viandes blanches, Aïd Noureddine, a, quant à lui, appelé à sauver le marché de la viande blanche d’une nouvelle hausse des prix à la veille du ramadan, en raison de la hausse du prix des aliments du bétail, qui, selon lui, affecte la production et le marché.

Aïd Noureddine a affirmé, dans une déclaration à la presse, que le prix du maïs a augmenté de 40% ces derniers jours et a atteint 7.500 dinars le quintal en Algérie, tandis que le prix du soja a dépassé pour la première fois le million de centimes, soulignant que ces deux produits sont inclus dans les aliments pour volailles à 70%, et l’Algérie dépend de son importation depuis l’étranger à 95%, et c’est ce qui fait que ses prix élevés aux niveaux mondial et local affectent négativement les producteurs.

A. R.

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