«Campagne contre les médicaments fabriqués en Algérie » : Le Snapo accuse les filières du marché parallèle

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Anticoagulant

PAR ASSIA T.

Des campagne « illicites prennent pour cible les médicaments fabriqués en Algérie », selon le président du syndicat national des pharmaciens d’officine (Snapo) contacté par l’Algérie Aujourd’hui.

En effet, Karim Mereghmi accuse des parties « de tentative de remettre en doute l’efficacité
des produits pharmaceutiques fabriqués localement au profit du marché parallèle ». M. Mereghmi, qui vise clairement la filière du cabas, affirme que « lutter contre ce genre de pratique » est l’un des objectifs de l’orientation émise par le ministre de l’industrie et
de la production pharmaceutique, Ali Aoun, portant sur l’organisation des campagnes de sensibilisation à la qualité du médicament générique lors de la récente rencontre qu’il a tenue avec une délégation du bureau national de l’organisation syndicale.

La campagne a en outre pour objectif « de renforcer la stratégie de communication ».
Le constat livré par le Snapo fait état « d’un manque de communication ». Dans les régions du sud par exemple ainsi que dans les wilayas de l’intérieur, l’accès à l’information en termes des médicaments produits localement s’avère faible.

« Malheureusement, nous avons constaté que dans les régions du sud et dans les wilayas de l’intérieur, la plupart des pharmaciens et les professionnels de la santé ignorent les procédures de contrôle auxquelles sont soumis les médicaments produits en Algérie », a précisé le président du Snapo dans une déclaration à l’Algérie Aujourd’hui.

« Le médicament produit en Algérie est soumis aux mêmes règles appliquées sur les médicaments fabriqués à l’étranger. Nous avons un laboratoire de contrôle de qualité
supervisé par l’agence nationale des produits pharmaceutiques ANPP », a-t-il soutenu. Et d’ajouter : « Dans le cas où le médicament provoquerait des effets indésirables qui ne figurent pas dans la notice, les médecins et les pharmaciens peuvent bien le signaler. » Mais « la plupart ignorent les procédures », a-t-il répliqué. « Pour réaliser la souveraineté de l’Etat en termes de médicament, il est impératif de renforcer la confiance du citoyen vis-à-vis du produit local, et c’est à partir de là qu’on peut aller vers l’exportation », a-t-il estimé, en rappelant le taux de couverture des besoins du marché national en termes de produits locaux. « Celui-ci est presque de 70% », a-t-il dit.

C’est effectivement ce dont témoignent les dernières statistiques officielles. Durant le premier semestre de l’année 2023, l’Algérie est parvenue à couvrir 68% des besoins de son marché. Les prévoyances portent sur un taux de près de 70% durant le deuxième semestre de 2023 à la faveur de l’augmentation des capacités de production. « Sur le continent africain, l’Algérie est classée 2e en termes de la production de médicaments après l’Afrique du Sud », s’est réjoui le président du Snapo.

Pour ce qui est de la chaîne de distribution, le président du Snapo pointe un certain « dysfonctionnement qui n’est toutefois pas majeur ». Ce dernier est dû « aux ventes concomitantes et aux situations monopolistiques », a-t-il expliqué. « Tout cela impose la
révision des textes d’application liés à la distribution », a-t-il laissé entendre.

Actuellement, il y a une « certaine stabilité sur le marché », a-t-il dit. Pour assurer la disponibilité des médicaments, « le ministère a annoncé la réorganisation de l’observatoire de veille », a-t-il fait savoir. « Il sera en effet procédé à la révision de son fonctionnement. Actuellement, il comporte une commission élargie composée de plus de 15 instances. Il sera procédé à la création de groupes restreints, des comités techniques afin de réduire la périodicité des réunions », a conclu notre interlocuteur.

A. T.