Centre culturel algérien de Paris : Représentation d’«El Ajouad» du défunt Alloula

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Les compagnies Gema et Istijmam présentent la pièce de théatre « El Ajouad » (Les Généreux) au centre culturel algérien de Paris le 18 janvier à 20h30. Écrite par le grand dramaturge Abdelkader Alloula, cette production sera interprétée en version bilingue par des comédiens algériens et français.

PAR DELLOULA MORSLI

« El Ajouad » (Les généreux) est une pièce phare de l’œuvre dramatique du défunt
Abdelkader Alloula. C’est en 1985 que le public découvre pour la première fois cette
fresque qui donne à voir le vécu quotidien des Algériens.

Abdelkader Alloula pose avec subtilité le doigt sur la bureaucratie, la corruption administrative et autres difficultés politiques et culturelles qui accablent la société. A la question « Pour qui écris-tu ? », posée par le sociologue et critique de théâtre M’hamed Djellid au dramaturge, ce dernier répond : « Pour notre peuple, avec une perspective fondamentale : son émancipation pleine et entière. Je veux lui apporter, avec mes
modestes moyens et à ma manière, des outils, des questions, des prétextes, des idées
avec lesquels, tout en se divertissant, il trouve matière et moyens de se ressourcer, de se
revitaliser pour se libérer et aller de l’avant. En fait, j’écris et je travaille pour ceux qui travaillent et qui créent manuellement et intellectuellement dans ce pays ; pour ceux qui, souvent de façon anonyme, construisent, édifient, inventent dans la perspective d’une société libre, démocratique et socialiste. Mes héros sont des gens de tous les jours, des gens du commun, ceux qui, en fait, font et défont la vie de tous les jours. »

Dans cette version revisitée d' »El Ajouad », produite conjointement par la compagnie Istijmam et le collectif Gema, la traduction du texte original est assurée par la comédienne Rihab Alloula, fille du défunt dramaturge. La mise en scène quant à elle est signée
Jamil Benhamamouche, dont le défi est d’aller au-delà d’une simple version bilingue de
l’œuvre alternant des comédiens d’expressions algérienne et française. Il dira d’ailleurs à ce
sujet qu’il « souhaite que le spectateur suive l’histoire dans sa langue maternelle tout en étant happé par la musicalité de l’autre langue, telle la partition d’un opéra ».

Les rôles sont interprétés par des comédiens issus des deux rives de la Méditerranée, à savoir Houari Bouabdellah, Frank Libert, Djaoued Bougrassa, Julie Lucazeau, Rihab Alloula, JeanJérôme Esposito et Meriem Medjkane.

Près de 40 ans après sa première présentation, « El Ajouad » connaît un souffle nouveau. L’homme de théâtre fut un véritable visionnaire, dont les écrits restent plus que jamais d’actualité. Malgré les défis auxquels est confronté le théâtre algérien aujourd’hui, l’héritage de Alloula perdure, inspirant une nouvelle génération d’artistes et d’écrivains à poursuivre son œuvre.

D. M.