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Cherté des prix des fruits et légumes : Consommateurs et commerçants se rejettent la responsabilité

/A chaque début du mois sacré du ramadan, c’est la même rengaine. Les prix des fruits et légumes s’envolent  sans que l’on sache comment situer les vrais raisons de ce phénomène, puisque les différentes parties se rejettent la responsabilité.

Alors que les consommateurs accusent les commerçants de spéculation et de privilégier le gain facile, ces derniers invoquent une frénésie des achats et une surconsommation des citoyens.

Benchohra : «Celui qui a besoin de 2 tomates, en achète 2 kilos»

Pour tenter d’expliquer la hausse des prix des frais des légumes, nous avons pris  attache avec le secrétaire général de l’Union générale des commerçants (UGCAA), Hazab Benchohra, qui tout en rappelant que «c’est l’offre et la demande qui font la flambée des prix», a pointé la surconsommation du citoyen qui est pris par une frénésie des achats durant le mois de carême, à tel point que «celui qui a besoin de deux tomates, en achète 2 kilos».  Selon lui, «la cherté des prix est causée aussi, ces deux dernières années, depuis l’apparition de l’épidémie du Covid-19, par l’arrêt de la production de denrées de consommation essentielles et par la hausse du prix du transport maritime et aérien dont les tarifs ont quadruplé».  «Une hausse sensible des prix a touché tous les autres produits de consommation à l’international, notamment l’huile de table, dont le prix d’un bidon de 5 litres se vend à l’équivalent de 2600 DA en France», a-t-il fait noter. Cela dit, cette augmentation a concerné également les prix des fruits et légumes, à l’exemple de la pomme de terre qui se vend actuellement à 120 DA. Sur ce point, notre interlocuteur estime que la loi contre la spéculation pénalise les agriculteurs et les commerçants, qui évitent de stocker les marchandises de peur de tomber sous le coup de cette loi qui prévoit jusqu’à 30 ans d’emprisonnement, alors que d’après lui, «le stockage des marchandises est plus qu’obligatoire afin d’éviter les pénuries». «Le contrôle d’un marché de la taille de celui de l’Algérie nécessite de véritables mécanismes», a-t-il estimé en mettant l’accent sur l’impératif de mettre fin à la contrebande des produits algériens aux frontières du pays, et à rediriger le budget destiné aux subventions de l’Etat, une enveloppe de 17 milliards de dollars, qui profitait jusque-là à une infime catégorie pour l’acheminer au citoyen directement. Pour le SG de l’UGCAA, il est temps de passer à des solutions définitives, en préconisant des solutions, dont celle qui consiste à revoir les registres du commerce, à régler le problème de la main d’œuvre, la mécanisation de l’agriculture et celui de la commercialisation des semences et engrais, ainsi que l’aliment de bétail. Soit toute une chaine d’intervenants à revoir afin de pouvoirs maitriser les prix des produits agricoles.

Zebdi : «Le citoyen, un des facteurs de la régulation du marché»

L’autre son de cloche est donné par le président de l’Association de protection des consommateurs (Apoce), Mustapha Zebdi, qui rejette cette thèse et défend aussi le citoyen d’être à l’origine de la cherté des prix. S’agissant des fruits et légumes, M. Zebdi estime que comme tout le monde sait, il y a une forte demande, mais ce n’est pas la faute au consommateur.  En rappelant d’abord que «le citoyen est un des facteurs importants dans la régulation du marché, qu’il s’agisse de la disponibilité ou des prix des produits, il a déploré qu’à chaque fois qu’il y a une perturbation, on met ce citoyen au devant de la scène pour tout mettre sur son dos.» Et de préciser : «Je pense que c’est une erreur. Il faut voir les autres raisons et les facteurs qui ont poussé   le citoyen à se comporter de cette manière. Il y a la spéculation, la cupidité de certains commerçants et l’absence de régulation du marché. Ce sont autant de facteurs qui sont à prendre en considération pour expliquer ce phénomène. On ne peut pas faire porter au citoyen l’entière responsabilité de ce qui se produit». En dépit des assurances données à la veille de ce mois-ci, les prix de certains produits dont celui du poulet ont augmenté, comme quoi le marché demeure imprévisible, le président de l’Apoce, a indiqué que concernant ce produit, le prix déclaré était dans un autre contexte, non pas celui des aviculteurs qui achetaient les poussins et l’aliment soutenus par l’Etat, mais cela concernait la viande blanche congelée, à savoir celle vendue par l’ONAB au niveau de certains points de vente, mais elle n’est pas généralisée, puisque il y a peu de points de vente par rapport au nombre et à l’emplacement à travers le pays, et ces derniers ne peuvent pas réguler le marché et faire baisser le prix de la viande blanche fraiche». 

  1. R.

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