Commerce : le marché de la franchise débloqué

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Commerce : le marché de la franchise débloqué

PAR NABIL MANSOURI

Les grandes marques internationales de différents produits seront bientôt de retour en Algérie. Après que les autorités publiques ont remis de l’ordre dans ce marché tant important pour le consommateur, les franchiseurs algériens se sont remis au travail.

Cette décision prise au profit des citoyens permettra aux amateurs des marques mondiales, telles qu’Adidas, Nike, Zara, Okaïdi, Puma, Polo… d’acquérir ces produits sur le marché local.

Bloquées depuis plusieurs mois en raison d’une vaste opération de réorganisation de tout le secteur de l’importation, les lignes de crédit pour les franchises ont été libérées et les commandes lancées, selon ce que nous a confirmé une source proche du dossier. « Depuis longtemps on était à l’arrêt, mais ces derniers jours, toutes les lettres de crédit de la franchise ont été acceptées », a affirmé notre source.

Le marché de la franchise en Algérie, qui est un système de commercialisation par lequel une entreprise (le franchiseur) accorde le droit à d’autres entreprises indépendantes juridiquement et financièrement (les franchisés) de commercialiser des produits ou des services en échange d’une compensation financière, a été lancé depuis plusieurs années.

L’Algérie compte une soixantaine de franchises commerciales, ce qui démontre l’engouement des marques étrangères pour le marché algérien. L’année 2009 a connu plusieurs départs de grandes marques. Cependant, la franchise peut participer à la lutte contre l’informel qui est l’un des objectifs des pouvoirs publics. L’Etat a un grand intérêt à renforcer cette formule pour non seulement permettre la disponibilité de produits et services de qualité, mais surtout lutter contre le marché parallèle et la contrefaçon qui gangrènent l’économie nationale.

Le président de la République avait affirmé, dans son entretien avec la presse, que l’Etat vise à travers l’importation à « garantir des produits de marque et de qualité pour le citoyen, tout en protégeant la production nationale ».

Si le cadre juridique pour la franchise n’est pas encore bien adapté à ce secteur, il ne constitue pas un frein au développement de la franchise en Algérie, selon des franchiseurs qui expliquent que le code du commerce réglemente toutes les activités commerciales.
Ainsi, la franchise peut présenter plusieurs avantages pour l’économie du pays, notamment le transfert du savoir-faire, la création d’emplois et la formation des employés.

Avec la création ces dernières années de plusieurs grands centres commerciaux, conformes aux normes internationales, la franchise constitue aujourd’hui un véritable marché pour plusieurs secteurs, notamment celui du textile.

De grandes marques bientôt produites localement

Si le marché de la franchise a toujours existé en Algérie, cela n’empêche pas l’ambition du pays à produire les grandes marques localement, particulièrement en ce qui concerne le secteur du textile. Dans cette optique, en avril dernier, le complexe textile Tayal, situé dans la zone industrielle de Sidi Khettab (wilaya de Relizane), a signé quatre contrats et mémorandums d’entente avec des représentants de marques internationales de vêtements en Algérie, en vue de leur production localement.

Les contrats ont été signés avec la société MDS Textile (représentant des marques Undiz, Etam, Mango et Maison 123), la société Tex Word (représentant les marques Okaidi, Gifi, Parfois et Devred 1902), la société Investex Algeria (franchise des marques Celio et Maison 123, Jennyfer et LC Waikiki) et la société Azadea Algerie.

En cette occasion, le ministre du commerce et de la promotion des exportations a indiqué que ces marques internationales vont produire pour la première fois en Algérie. Il avait affirmé que ses services se sont mis d’accord avec les 56 opérateurs économiques qui activent dans l’importation pour la revente en l’état des marques internationales, « qu’on se dirige vers la production de ces marques en Algérie », assurant que la matière première est disponible en Algérie et sera fournie par Tayal.

Pour Zitouni, cela va permettre de créer des postes d’emploi, de la valeur ajoutée, de la richesse et ça participera au transfert de technologie vers l’Algérie, « comme cela se fait dans les pays voisins, on est capable de produire ces marques en Algérie », a-t-il déclaré. Il a également estimé qu’il est possible d’étendre cette industrie à d’autres marques internationales afin de « réduire la facture d’importation » et de « consolider la production nationale ».

N. M.