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Le Monde

Corruption : l’Espagne épinglée par le Conseil de l’Europe

L’Espagne doit faire bien plus pour prévenir la corruption au sommet de l’exécutif et dans ses services répressifs, comme la police, a averti hier le Conseil de l’Europe qui regrette le peu de mesures prises depuis son précédent rapport d’étape en 2019.

L’organe anti-corruption du Conseil de l’Europe (Greco) avait formulé 19 recommandations en juin 2019. Elles visaient principalement à atténuer « les risques de conflits d’intérêts et de corruption à l’égard des personnes occupant des postes de direction » dans les instances gouvernementales espagnoles. Il s’agissait aussi pour les services répressifs de notamment « concevoir de manière proactive une stratégie d’intégrité et de lutte contre la corruption ». Le Greco note que les deux élections générales se sont tenues en Espagne et que l’état d’urgence a été déclaré en raison de la pandémie de Covid-19, des circonstances qui « ont considérablement affecté les travaux législatifs » et les politiques du gouvernement au regard de son rapport.

L’organe anti-corruption du Conseil de l’Europe regrette néanmoins l’attentisme de Madrid : sur ses 19 recommandations, 7 n’ont été que partiellement mises en œuvre et 12 ne l’ont pas été du tout. Concernant l’exécutif, « certaines évolutions prometteuses sont prévues (…) s’agissant notamment de la transparence, de l’intégrité et de la responsabilité dans le secteur public » avec « l’élaboration d’une approche plus stratégique et holistique de la lutte contre la corruption », note le Greco.

Pour autant, il convient, selon lui, de surveiller les « risques spécifiques pesant sur les personnes investies de fonctions exécutives de haut niveau, y compris les conseillers politiques ». Concernant les personnels répressifs en revanche, la situation « est décevante » malgré « quelques progrès concernant ses mécanismes de renforcement de l’éthique » ou des « évolutions intéressantes (…) en matière de promotion de l’égalité des sexes ». Le Greco déplore en particulier « une occasion manquée de mettre en place une infrastructure éthique complète, proactive et efficace » au sein de la police.

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