Défaut de candidatures aux élections locales : que décidera Charfi ?

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Charfi
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Ouvrir une fenêtre pour le dépôt des candidatures ou organiser à nouveau des élections dans les communes où il n’y aura pas eu de scrutin lors des élections locales du 27 novembre. C’est à ce choix cornélien qu’est soumise l’Autorité indépendante des élections à l’occasion des prochaines joutes électorales. L’instance de  M. Charfi est aussi devant l’impératif de trouver une parade aux réserves des partis qui ont, maintes fois alerté sur la situation, en émettant des réserves au sujet d’une loi organique relative aux élections qui aurait été concoctée dans «la précipitation» et sans l’avis d’experts en droit.

Résultat : nombre de wilayas enregistrent une défection sans commune mesure avec les précédents rendez-vous électoraux, à telle enseigne que plusieurs communes des wilayas de Tizi-Ouzou et de Bejaia risquent de se retrouver sans édile faute de… candidatures. Cela  s’explique, certes, par la décision de boycott d’une partie des formations politiques ayant un ancrage dans la région, mais aussi par le peu d’empressement, pour le moment,  de la population à s’engager dans ce processus.

Le FFS sans candidatures dans 11 commines de la Kabylie

En dehors du RCD, qui a fait connaitre sa position de rejet de la prochaine échéance électorale, le FFS a, en dépit d’avoir rejoint les rangs des participants, à l’instar de Jil Jadid, a enregistré une défection de certaines sections réfractaires à ce choix stratégique de leur direction. A telle enseigne que le plus vieux parti de l’opposition ne présentera pas de candidatures respectivement dans 7 et 4 communes des deux wilayas précitées.
En sus des raisons politiques, cette attitude est due surtout à des difficultés objectives ayant trait à la confection des listes électorales, et notamment à la récolte des parrainages.

A écouter les concernés, des exigences contraignantes pour la participation à ces élections sont telles que même les ténors de la politique, notamment les partis du pouvoir, le FLN et le RND, qui se conçoivent comme de véritables appareils électoraux,  n’ont pu satisfaire.

Le FLN absent à Djelfa

Ainsi, selon des données en provenance de l’Algérie profonde, le doyen des partis, dirigé par Aboulfadl Bâadji, sera absent dans 14 commune de Djelfa, qui est pourtant réputée être son fief légendaire et un vivier électoral. Idem pour la wilaya d’Oran où il contrôlait jusque-là 13 communes. L’exemple peut aussi être multiplié par nombre d’autres circonscriptions de Cherchell (Tipaza), Ksar El Boukhari (Médéa), et d’autres, notent encore les remontées du terrain.  

N’ayant pu souscrire à cette démarche, Talaie El-Houriat ou le mouvement islamiste dirigé par Abdellah Djaballah, le Front de la justice et du développement (FJD) ont préféré se retirer de la course électorale. Le MSP n’en est pas loin eu égard aux réserves qu’il a formulées à l’endroit des prochaines élections locales. «Il s’agit de le non-reconsidération de l’article 200 de l’arrêté présidentiel, utilisé arbitrairement pour écarter injustement un certain nombre de candidats honnêtes et compétitifs», a indiqué le parti. Dans un communiqué de son bureau national, la formation islamiste a déploré tout d’abord, le retard mis par l’autorité indépendante à remettre les dossiers de candidature et les formulaires de collecte de signatures aux partis politiques, dans un certain nombre de wilayas, en soulevant «la complication des procédures juridiques liées à la collecte de signatures pour les partis politiques». Et le parti d’Abderrazak Makri d’enchainer, en citant «l’exigence du nombre astronomique de 800.000 formulaires de signature pour un parti qui envisage de se présenter dans toutes les wilayas et communes», alors que selon lui, «la loi prévoyait la collecte de 50.000 signatures pour les élections présidentielles et 25.000 signatures exceptionnellement pour les dernières élections législatives».

Sur ces griefs viennent se greffer, les cas de  difficulté d’inscription en raison des transferts électroniques des données inhérentes au corps électoral, l’exigence imposée aux partis de porter 50% de jeunes de moins de 40 ans sur leurs listes et enfin, l’élimination de listes électorales due à l’habilitation des listes par les services de sécurité.

Les indépendants aussi se plaignent

Même les indépendants s’en plaignent. A en juger par l’information qui nous vient de la wilaya de Tipaza qui nous apprend que plusieurs listes de candidatures formées essentiellement par des jeunes n’ont pu être déposées à temps pour cause d’entraves  bureaucratiques. A Fouka, une conscription de cette wilaya, Un large boycott se profile aux prochaines élections. 3 listes seulement ont été déposées. Ce qui n’a pas eu lieu même lors des périodes de forte abstention, indiquent des sources locales. Ces derniers ont aussi interpellé l’Autorité Indépendante des élections pour prolonger le délai, voire ouvrir une fenêtre pour le dépôt des candidatures afin de donner plus d’opportunités aux jeunes et d’assurer un taux de participation élevé durant la prochaine échéance électorale. Cela étant, les regards sont braqués actuellement sur l’autorité indépendante des élections, qui est attendue pour prendre des décisions afin de lever ces réserves, notamment ceux ayant trait au code électoral, que partagent les différentes composantes de la classe politique, partis du pouvoirs ou d’opposition.

A. R.

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