Déploiement sur le continent africain : Sonatrach s’apprête à entrer sur le marché zimbabwéen

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Sonatrach

PAR ABDELLAH B.

Après son retour en Libye, la compagnie nationale des hydrocarbures s’apprête à marquer son entrée sur le marché énergétique zimbabwéen. Après la découverte d’un important gisement gazier dans ce pays le mois de mai dernier, le Zimbabwe a sollicité l’expertise de Sonatrach dans les domaines d’exploitation, de production ou encore dans la formation pour l’aider à exploiter les richesses de son sous-sol.

L’information a été dévoilée avant-hier par le nouvel ambassadeur d’Algérie au Zimbabwe, Mohamed Saoudi, à l’occasion de la cérémonie de présentation des lettres de créances. « Il y aura un investissement en coentreprise dans ce domaine et il y aura une formation de nos frères du Zimbabwe à l’institut national des hydrocarbures et de la chimie en Algérie, peut-être le mois prochain », a-t-il déclaré à la presse locale.

En fait, en mai dernier, un important gisement a été découvert par l’entreprise pétrolière australienne Invictus Energy dans le nord du Zimbabwe. « L’analyse montre la présence de pétrole léger et de condensat de gaz naturel riche, avec des ratios de gaz de condensat estimés entre 30 et 135 barils par million de pieds cubes », avait annoncé l’entreprise australienne dans un communiqué.

Pour l’exploitation de cet important gisement, les autorités zimbabwéennes ont sollicité l’expertise de Sonatrach en matière de formation, mais aussi pour l’exploitation et la production. Dans ce sens, un protocole d’accord a été signé le mois d’août dernier, à l’occasion de la visite du ministre de l’énergie et des mines Mohamed Arkab dans ce pays, accompagné du PDG de Sonatrach.

Selon le communiqué de la compagnie publique, le document paraphé par les parties algérienne et zimbabwéenne est axé sur « le développement des hydrocarbures, dans le but de renforcer la collaboration entre les deux pays et d’atteindre la sécurité énergétique ».

En effet, face à l’augmentation de la demande locale sur les produits énergétiques et l’incapacité du pays à venir en solution, le Zimbabwe vise à développer ce secteur en tirant profit des richesses de son sous-sol. Dans son plan de développement pour 2025, le Zimbabwe mise sur le développement du secteur gazier pour répondre à la forte demande sur le marché local en matière d’électricité.

Outre l’investissement dans ce domaine, Sonatrach est également appelée à la formation de la main-d’œuvre locale zimbabwéenne dans les métiers des hydrocarbures. Dans ce volet, l’accord conclu entre les deux parties le mois d’août dernier devrait entrer en vigueur « le mois prochain ».

Enfin, ces dernières années, la demande des pays du continent sur l’expertise de
Sonatrach dans le domaine des hydrocarbures a fortement augmenté. Une situation
qui s’explique par la volonté des pays africains de recourir à l’expertise locale pour le
développement des ressources énergétiques du continent et de réduire leur dépendance aux groupes pétroliers étrangers, les multinationales en particulier qui ont bradé pour de longues décennies les richesses de son sous-sol sans permettre aux populations locales d’en tirer profit.

A. B.