«Des choses qui arrivent» de l’écrivain Salah Badis : Alger sous un autre jour

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«Des choses qui arrivent» de l'écrivain Salah Badis : Alger sous un autre jour

Le recueil « Des choses qui arrivent » de l’écrivain Salah Badis, paru en 2019 en langue arabe, connaît un second souffle aujourd’hui. Ces nouvelles, traduites récemment, partent à la conquête des lecteurs francophones.

PAR DELLOULA MORSLI

Publié aux éditions El Moutawassit en 2019, le deuxième livre du jeune écrivain Salah Badis connaît un second souffle à la suite de sa traduction en langue française. En effet, l’éditeur parisien Philippe Rey et Sofiane Hadjadj des éditions Barzakh à Alger ont lancé la collection Khamsa pour faire découvrir la littérature arabophone du Maghreb.

« Des choses qui arrivent » est l’une des deux premières œuvres à paraître aux côtés de « Les carnets d’El Razi » d’Aymen Daboussi. Le recueil regroupe neuf nouvelles où on découvre les situations anecdotiques que vivent une multitude de personnages dans Alger et sa banlieue. Un couple qui rêve d’ouvrir une laverie automatique à Alger ; un musicien amateur et mythomane dont le père meurt soudainement en Turquie ; un étudiant qui s’interroge sur « le bonheur potentiel de ses journées » ; un éditeur pris entre le manuscrit d’un écrivain tunisien des années 1930 et les affres du terrorisme contemporain ; Madame qui tient un salon de coiffure ; Monsieur Krimou et sa Peugeot 505 ; une jeune femme dans sa ville sinistrée par un tremblement de terre ; une femme qui rêve obstinément d’un appartement ; un preneur de son ballotté entre ses désirs.

Ils et elles s’appellent Kahina, Amin, Maria, Imen, Madjid, Madame Djouzi, Selma… Ils sont plus ou moins jeunes, commerçants, étudiants, salariés, ils cherchent à faire la fête, à s’aimer, ils se remémorent leur vie et scrutent les stigmates du temps qui passe. Salah Badis se saisit du réel pour créer des fictions qui nous parlent. Alger est dépeinte sans artifices, et sa banlieue n’est plus annexée aux seconds rôles.

« C’est la mémoire de toute une génération qui a grandi après les années 1990… Les légendes urbaines racontent souvent ces années-là », avait déclaré l’auteur sur le plateau de
l’émission Maghreb-Orient Express diffusée sur TV5 monde. A rappeler que Salah Badis est né en 1994 à Alger. Il est journaliste, traducteur et écrivain.

Diplômé en sciences politiques de l’université d’Alger en 2017, il est lauréat du prix Mostafa Al Husseini du meilleur article du jeune journaliste arabe pour l’année 2020. « Des choses
qui arrivent » est son second recueil, le premier étant « l’ennui des navires », un recueil de poésie paru en 2016. Il a également traduit vers l’arabe le roman de Joseph Andras « De nos frères blessés » et le récit d’Éric Vuillard Congo.