Des revalorisations de 2 à 10% : Tebboune augmente les retraites

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/Evoquant les répercussions de la hausse des prix sur le pouvoir d’achat des Algériens, le président Tebboune a ordonné, lors du Conseil des ministres, l’augmentation des pensions de retraite au titre des années 2021/2022.

Selon le communiqué sanctionnant le Conseil des ministres, les retraités ayant une pension inférieure ou égale à 15.000 dinars algériens bénéficieront d’une augmentation de 10%. S’agissant des retraités qui ont un revenu entre 15.000 et 20.000 DA, ils auront une hausse de 5%. Concernant les retraités ayant un revenu entre 20.000 et 43.000 DA, leurs pensions seront revues à la hausse à 3%. Quant à ceux qui ont une retraite supérieure à 43.000 DA, ils bénéficieront d’une augmentation de 2%. Pour rappel, au 31 décembre 2020 l’Algérie comptait 3,4 millions de retraités, dont 1,2 million perçoivent une pension de retraite mensuelle inférieure ou égale à 20.000 DA, et 2 millions touchent moins de 30.000 DA/mois. Ce sont, pour la plupart, des salariés qui avaient pris leur retraite professionnelle il y a 15-20 ans, avec les salaires qu’on connaissait à l’époque, et dont les différentes revalorisations ne les ont pas menés plus loin que ces seuils de misère. Pour leur malheur, ils n’ont pu bénéficier de la rente pétrolière qui a profité à certains privilégiés, et aux retraités des six dernières années, lesquels ont vu leurs salaires revalorisés avant de partir à la retraite. C’est dire qu’avec la cherté de la vie et les hausses continuelles des prix des produits à la consommation, le pouvoir d’achat de nos retraités s’est nettement dégradé ces dernières années, au point d’être relégués à la case des «nécessiteux». La situation des retraités algériens n’est guère reluisante. On les voit régulièrement s’aligner devant les commerces pour acheter leur sachet de lait, ou devant les bureaux de poste, à partir de chaque 21 du mois, pour retirer leur maigres retraites. Des pensions de retraites qui ne sont pas suffisantes pour boucler un mois complet. Et pourtant, ces «anciens» ont cotisés 32 années et plus pour, au final, ne pas pouvoir jouir d’une retraite sereine. Il est vrai qu’en 2020, le SNMG a été augmenté de 2000 DA et l’IRG supprimé sur les salaires de moins de 30.000 DA, mais cela reste insuffisant par rapport aux différentes inflations que subit le pouvoir d’achat depuis quelques années déjà. De nombreuses tentatives de redresser la barre ont été amorcées par les différents gouvernements pour redonner un tant soit peu de «dignité» à cette catégorie d’Algériens, mais elles ont toujours été en deçà de la réalité. Et ce ne sont ni les différentes revalorisations des pensions de retraite, ni les augmentations annuelles de 1,5 à 2,5% qui auront amélioré le quotidien des presque 3,4 millions de retraités recensés au niveau de la Caisse nationale des retraites (CNR).

Conscient de la situation des retraités, le président Tebboune a montré, dès son investiture, une attention particulière à cette frange de la population qui a longtemps souffert des injustices des systèmes mis en place. Le dossier devait être traité par le gouvernement Aïmene Benabderrahmane, mais il était question de parer au plus urgent : Combler le déficit de la CNR. Aujourd’hui, le passage à l’action est acté avec la décision du président de la République d’augmenter les retraites au titre des exercices 2021/2022.

B. A.