Dessalement de l’eau. Tebboune : «L’Algérie est devenue le n°1 en Afrique»

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Dessalement de l'eau. Tebboune : «L'Algérie est devenue le n°1 en Afrique»

Lors de sa rencontre avec la presse nationale, diffusée hier sur les chaînes publiques, le président de la République est revenu sur le problème du stress hydrique que rencontre le pays.

PAR BRAHIM AZIEZ

Il soulignera que le problème ne touche pas uniquement l’Algérie, mais aussi des pays développés, rappelant que l’Algérie est devenue un pays aride et que la situation risque de durer dans le temps. Mieux encore, le président de la République avertira sur
le fait que les prochaines guerres seront celles de l’eau, donnant l’exemple de certains pays dont les tensions ont pour origine l’or bleu.

Mais pour face au stress hydrique qui ira en s’accroissant, le président de la République ne verra pas d’autres solutions que d’aller vers le dessalement de l’eau de mer pour le nord, et les grands transferts d’eau pour le sud.

Sur le dessalement d’eau de mer, Abdelmadjid Tebboune ne manquera pas de signaler qu’en un laps de temps record, l’Algérie est devenue le 1er en Afrique en la matière, et le 3e pays arabe derrière l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis. « Ce qui a été fait jusqu’à présent nous assure un apport de 1,4 milliard de m3 d’eau potable, et lorsque nous arriverons à 2,5-3 milliards de m3 nous aurons réglé le problème de l’alimentation en eau potable », dira-t-il, en ajoutant que « de la sorte, on pourra laisser les eaux souterraines pour l’agriculture et l’industrie ».

Et sur l’agriculture et l’industrie, le chef de l’Etat réitérera ses orientations pour aller
vers l’utilisation des eaux traitées. « Nous consommons 1 à 1,2 million de m3 d’eau par
jour, et ces eaux sont rejetées sans être entièrement exploitées. » Un état de fait qui
devra changer, selon le président de la République qui soulignera que de nombreux pays développés recourent à l’utilisation de leurs eaux usées traitées, surtout que la situation hydrique ne va pas aller en s’améliorant. De même, une attention particulière devra être accordée au gaspillage de l’eau, estimera-t-il.

La sécurité hydrique parmi les priorités du chef de l’Etat

Parmi les priorités du président de la République, la sécurité hydrique. De nombreuses décisions ont été prises dans ce cadre, dont la multiplication des stations de dessalement, la construction de nouveaux barrages, la réalisation de grands transferts d’eau…

Mais surtout, le chef de l’Etat a, dans un récent conseil des ministres, instruit l’exécutif pour procéder à un examen, une évaluation et une définition du véritable volume de la consommation quotidienne de l’eau potable, et dont le but est de revoir le plafond
de production et de distribution de l’eau, car il semblait que le véritable chiffre indiciaire
actuel soit exagéré.

L’activation de la police de l’eau (instaurée par décret présidentiel en 2005, sans
avoir vu le jour) paraît, à ses yeux, indispensable pour lutter contre les forages illicites,
les irrigations disproportionnées des superficies agricoles et le pompage irrationnel
des eaux souterraines, ainsi que le gaspillage de l’eau qui représente, sous ses différentes formes, entre 30 et 40% de la production nationale. Des fléaux qui devront être
traqués et sanctionnés.

B. A.