Dette publique nationale : l’Algérie dans la zone verte

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Le niveau de l’endettement intérieur de l’Algérie est loin d’être préoccupant. Le degré du ratio d’endettement public en pourcentage du PIB national est bel et bien rassurant.

PAR NABIL M.

Selon le directeur général du trésor et de la gestion comptable des opérations financières de l’Etat, Hadj Mohamed Sebaâ, qui s’exprimait sur les ondes de la radio algérienne, la dette publique de l’Algérie est quasi exclusivement interne, représentant 47% du produit intérieur brut (PIB). Un chiffre très rassurant étant donné que les normes internationales, selon le même responsable, se situent entre 60% et 65% du PIB.

Le niveau de cette dette a ainsi connu une baisse, sachant qu’il était estimé à 55,6%
du PIB en 2022, selon les données de la banque mondiale. Depuis 2019, la dette
publique nationale a commencé à connaître une hausse palpable, passant de 45,6% du
produit intérieur brut en 2019 à 51,4% en 2020, selon les données de la banque mondiale, qui avait également estimé une augmentation de cette dette pour 2021 à 56,1%
du PIB.

Un seuil d’endettement assez appréciable

Cette hausse de la dette nationale était due au fait que l’économie algérienne s’est
fortement contractée en 2020 en raison des mesures préventives visant à contenir la
pandémie de Covid, qui avait paralysé toute l’activité économique du pays, ajoutant à
cela une baisse significative de la production d’hydrocarbures, principale ressource
financière du pays. Des facteurs qui ont fortement contribué à la détérioration majeure
des déficits et donc à la hausse de la dette publique.

Si les déficits budgétaires cycliques et la contraction des ressources d’un pays sont
parmi les facteurs à l’origine de la montée en cadence de la dette publique intérieure,
l’Algérie semble donc épargnée des malaises financiers. Selon une étude traitant de la corrélation entre la dette publique et la croissance des économies des pays de la région Mena, dont l’Algérie, l’effet de la dette publique sur la croissance économique est positif jusqu’à un niveau de dette de 40%. Au-delà de ce seuil, toute hausse de la dette publique entraîne un effet récessif sur la croissance économique, en raison principalement de l’existence d’un réel problème dans l’utilisation des ressources issues de l’endettement.

Les experts financiers estiment dans ce sens que pour atteindre l’objectif d’une forte
croissance, les économies des pays doivent viser des niveaux inférieurs à leur seuil de
dette publique. Ce qui est considéré comme un objectif presque atteint pour l’Algérie,
avec sa dette publique nationale qui place la situation financière du pays dans une zone
de confort.

L’Algérie en décalage positif avec ses voisins

La situation de la dette publique nationale de l’Algérie est incomparable à celle de
ses voisins du Maghreb ou d’ailleurs. En Tunisie, l’Etat n’a tout simplement plus les
moyens de financer sa dette publique qui dépasse désormais 80% du PIB. La hausse
des prix reste supérieure à 10% et s’approche de 16% dans l’alimentaire malgré les
subventions de l’Etat, qui se retrouve contraint de choisir entre la protection du
consommateur et le contrôle de ses dépenses.

Pour le Maroc, la situation n’est pas meilleure. Le taux d’endettement public est
estimé à 83,2% du PIB en 2023 contre 82,5% une année auparavant. Le trésor devrait
emprunter près de 130 milliards DH contre 105,38 milliards DH en 2022, dont plus de 69
milliards DH provenant des emprunts internes et 60 milliards DH des emprunts
externes. Ce qui devrait alourdir encore davantage le poids de la dette du trésor du
pays par rapport au PIB. Concernant l’Egypte, sa dette publique ne cesse d’augmenter sous le double effet des emprunts extérieurs et intérieurs, représentant à fin juin 2023 l’équivalent de 95,60% du PIB du pays. Le contexte mondial difficile, marqué par la crise sanitaire, la guerre Russie Ukraine et la flambée des cours des hydrocarbures et des produits agricoles, a impacté négativement les finances publiques égyptiennes, poussant l’Etat à s’endetter davantage pour faire face à un déficit budgétaire croissant lié à la hausse des dépenses publiques.

Dans ce contexte de stress financier de ces pays, l’Algérie semble bien à l’abri de ces
situations difficiles que l’on peut retrouver dans plusieurs autres pays de la région.

N. M.