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Economie, la relance au temps du Covid

/L’élection d’Abdelmadjid Tebboune a coïncidé avec une situation catastrophique sur le plan de l’économie. Avant même l’arrivée du virus en Algérie, l’affaiblissement de la croissance du PIB s’expliquait par la tendance négative de la production et des prix des hydrocarbures, ainsi que par la faible diversification de l’économie algérienne.

Un ralentissement de la croissance a, également, été enregistré dans les secteurs de la construction, des travaux publics et du logement, mais aussi de l’agriculture et du commerce. A cela s’est indexée la crise mondiale causée par la pandémie de Coronavirus, qui a plombée l’économie planétaire, avec ses répercussions sur l’Algérie. L’année 2019 avait été entamée, dès février, par le hirak qui aura complètement chamboulé la donne, et des prix du pétrole en chute depuis fin 2014. Le gel d’une partie des importations, pour éviter que les réserves de change, qui avaient commencé à fondre dès 2015, ne s’épuisent aussi rapidement que l’avaient prédit les experts et organismes internationaux, avait freiné l’économie en l’absence d’une vision claire.

2020, il fallait éviter le pire

Les choses ont fini par empirer en 2020 avec le confinement général instauré le 17 mars avec la fermeture des frontières, pour réduire les effets de la pandémie qui avait atteint le pays, se propageant dans ses différentes régions. Il fallait réagir vite, et éviter que la crise ne se transforme en véritable récession.

Parmi les premières mesures prises sous l’ère Tebboune, il y a lieu de citer la gestion de la crise sanitaire, avec les différentes décisions pour prendre en charge les personnes contaminées, et celles hospitalisées pour aggravation de leur état et assurer l’acquisition de vaccins et autres matériels nécessaires pour faire face à la pandémie. Il fallait, aussi, faire face aux revendications de la rue et celles des diverses catégories professionnelles qui ne croyaient plus aux promesses (non tenues). Mais il fallait, surtout, s’arranger pour que la pénurie des produits alimentaires n’affecte la société, permettre la continuité des activités économiques en essayant de pérenniser, autant que possible, les emplois, et continuer à alimenter le marché intérieur en matières premières.

Comme si cela ne suffisait pas, les catastrophes sont venues mettre leur grain de sel durant l’été 2021, avec le stresse hydriques et les feux qui auront mis à mal le pays. Des feux pas toujours naturels, et dévastateurs, tant sur le plan humain que matériel.

Un exercice tumultueux qui aura permis au pays de traverser cette période exceptionnelle sans recourir à l’endettement, et tout en préservant les réserves de changes qui subsistaient. Non sans dommages, mais avec le moins de dégâts possibles. L’unité nationale que des forces occultes ont essayé de mettre à mal à travers l’aggravation des catastrophes et les tentatives de pousser la société à la révolte à travers les différentes pénuries créées sur certains produits, a été préservée.

Le redémarrage amorcé en 2021

L’épreuve n’est pas encore terminée et il faut déjà envisager le futur proche. Un nouveau gouvernement, et un plan d’action plus réaliste, quoi que jugé un peu trop optimiste.

En fait, l’économie algérienne est principalement tirée par les hydrocarbures et l’investissement public. Les hydrocarbures représentent 98% des exportations, 60% des recettes fiscales et 19% du PIB. De tous les produits, le pétrole reste celui qui tire encore l’économie, mais aussi celui qui a été le plus touché par Covid-19, à l’instar de ce qui s’est passé pour les autres pays producteurs.

Le regain d’optimisme affiché est en lien avec le retour progressif de l’activité économique suite à l’amélioration de la situation sanitaire, et la stabilisation des différentes structures de l’Etat. Il est vrai que cette amélioration tient, principalement, par l’amélioration de la croissance du secteur des hydrocarbures (+10,1%), mais aussi hors hydrocarbures qui devrait atteindre +3,2%. On parle, aujourd’hui, d’une recette des exportations hors hydrocarbures qui devrait dépasser les 4 milliards dollars à la fin de l’année 2021.

Il faut dire qu’on est loin des -6% de croissance que l’Algérie avait enregistrée en 2020.

Cette fin d’année 2021 a été marquée par la volonté affichée par Abdelmadjid Tebboune de relancer la machine économique. Un objectif qui dépend, essentiellement, de la relance de la machine industrielle, d’où la tenue, récemment, de la conférence nationale sur la relance industrielle. Son premier challenge : faire passer l’apport de l’industrie dans le PIB de 5-6% actuellement à plus de 10% à très moyen terme. Pour y parvenir, lever les obstacles à l’investissement, débureaucratiser les structures de l’Etat, particulièrement celles en charge de l’investissement et du foncier, et faire intégrer le marché de l’informel à la démarche du gouvernement. 

Cette conférence nationale sur la relance de l’industrie sera suivie, en 2022, par une conférence similaire sur la relance agricole, et une autre sur la relance du tourisme. Trois axes sur lesquels le plan d’action du Président Tebboune sera concentré, sur le plan intérieur, cela s’entend. L’agriculture qui a bénéficié de quelques attentions de l’exécutif pour booster la production dans le Sud et les Hauts Plateaux de manière à assurer une autosuffisance et un domaine d’exportation hors hydrocarbures a, déjà, donné ses premiers résultats. Pas très probants, mais suffisants pour espérer en attendre beaucoup plus.

B. A.

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