Elle continuera de fléchir pour atteindre 5% en 2029. Inflation : le FMI confirme la tendance baissière

0
227

PAR ABDELLAH B.

Le taux d’inflation en Algérie continuera à fléchir dans les années à venir pour passer de 9,6% en 2023 à 5% en 2029, d’après les prévisions du Fonds monétaire international. La hausse des prix devrait continuer de ralentir à partir de l’année en cours, de l’ordre de deux points de pourcentage pour atteindre 7,6% avant de commencer à fléchir en 2025 pour atteindre un taux de 6,4%. « L’inflation commencerait à ralentir, notamment grâce à la baisse des prix des produits alimentaires frais, même si son maintien à un niveau relativement élevé reste préoccupant », lit-on dans le document du FMI.

Pour remédier à cette situation, l’Algérie continue à fournir des efforts pour la refondation de l’économie nationale. Une panoplie de mesures a été prise dans ce sens pour tenter de maîtrise le taux d’inflation, mais le résultat de cette politique devrait prendre encore quelque temps avant de voir le jour. L’une des mesures phares prises dans ce sens est la
révision de la politique monétaire du pays et qui devrait jouer un rôle crucial dans l’absorption du taux d’inflation. Sur ce point, les experts du FMI indiquent que « l’adoption de la loi monétaire et bancaire vise à moderniser les marchés financiers ainsi que les opérations et la gouvernance des Banques centrales », et ils suggèrent « une plus grande flexibilité du taux de change pour renforcer son rôle d’amortisseur ».

Refondation de l’assise économique

Outre la réforme du système monétaire, la redynamisation de l’activité économique est un passage obligatoire dans le cadre du processus de maîtrise du taux d’inflation. Sur ce point, les pouvoirs publics se sont engagés dans une vaste opération de refondation de l’assise économique du pays, à travers l’encouragement de l’investissement productif. Une démarche qui a été accompagnée par une politique protectionniste encourageant la consommation du produit local. Certes, cette politique a eu un impact immédiat « négatif » sur le pouvoir d’achat des citoyens, mais son résultat dans le moyen et le long terme devrait être réjouissant pour les Algériens, et ce, avec l’entrée en production de plusieurs projets dans plusieurs secteurs d’activité : industriel, agricole, industrie pharmaceutique, industrie sidérurgique, agroalimentaire, etc. En d’autres termes, le renforcement de la production locale permettra de soutenir la politique de désinflation, de réduire la dépendance au marché international où la géopolitique joue un rôle crucial dans la détermination des prix de la matière première. Une manière de remédier à la problématique de l' »inflation importée », en plus de la création de l’emploi et de la richesse et l’amélioration du pouvoir d’achat des citoyens.

Enfin, on ne peut pas parler d’inflation sans évoquer le pouvoir d’achat des citoyens. La période post-Covid-19 a eu un impact négatif sur la bourse des ménages, épuisés par une flambée des prix jamais égalée. Pour réduire l’impact de cette situation, des mesures visant à l’amélioration des salaires ont été prises avec des augmentations allant à 43%, suivies par une suppression de l’impôt sur le revenu et d’autres facilitations accordées aux chefs d’entreprise pour soutenir la politique de l’emploi. Inflation, salaire et pouvoir d’achat, ce triptyque demeure en tête des préoccupations des pouvoirs publics depuis plusieurs années.

A. B