Enseignement supérieur : Vers l’abandon du LMD et le retour au système classique

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PAR DJILALI B.

La réforme de l’enseignement supérieur était hier à l’ordre du jour du conseil des ministres présidé par Abdelmadjid Tebboune. Malgré la remise en cause de l’efficience du système LMD, sa réforme n’est pas programmée pour demain.

Le système LMD en cours depuis des années dans l’enseignement supérieur n’a pas donné les résultats escomptés. Hormis les chiffres, en effet, concrètement, les diplômés algériens de ce système ont des profils d’un produit à la chaîne.

Et surtout loin de répondre aux besoins de l’économie nationale et des attentes des entreprises. Un décalage de plus d’une décennie d’expérimentation préjudiciable pour le pays et pour l’économie du pays. D’où cette idée de transformer le secteur de l’enseignement supérieur en locomotive de recherche scientifique pour les besoins de l’économie nationale, de son développement, de servir de modèle de la numérisation, à commencer par la rentrée universitaire actuelle souhaitée se dérouler sans document en papier.

Au sujet du basculement ou du retour au système de licence classique, le président a demandé une étude globale et complète pour déterminer l’opportunité d’un retour souple au système de licence classique, est-il indiqué dans le communiqué du conseil des ministres.

En effet, le constat des résultats du système LMD se résume à ces contingents d’étudiants diplômés, master II de préférence, recrutés essentiellement dans le système éducatif, au mieux, et garnissent les listes des primo demandeurs d’emploi dans les agences de l’Anem, quand ceux-ci ne sont pas convertis dans d’autres métiers sans lien avec leur formation.

Et pardelà ce constat avéré, le chef de l’Etat a demandé aux responsables du secteur d’élaborer en plus du diagnostic l’opportunité de la faisabilité d’un retour à l’ancien système, dit licence classique.

Une école nationale supérieure de cybersécurité

Par ailleurs, le président de la République a demandé l’élaboration d’une nouvelle carte universitaire selon la vision de la ville universitaire, ce qui signifie plus qu’un simple campus, tout en respectant la philosophie de solidarité et de dimension nationale des structures.

La nouveauté réside cependant dans l’annonce faite par le président de la République qui a instruit son ministre chargé de l’enseignement supérieur de créer une école nationale supérieure de cybersécurité en collaboration avec le MDN.

Une institution opportune dans un contexte marqué par une nouvelle forme de guerre et une nouvelle criminalité qui s’appuie sur la sphère cybernétique. Le choix du ministère de
la défense pour la collaboration est motivé par le fait que celui-ci est doté de structures opérationnelles dédiées à ce type d’activités criminelles.

La gendarmerie nationale qui dépend de la défense dispose d’un département dédié à la traque de la cybercriminalité. Aussi dispose-t-elle d’un département de recherche en la matière.

Par ailleurs, le président de la République a instruit le ministre de l’enseignement supérieur et celui chargé des startups pour élaborer la liste des meilleures entreprises relevant de ce cadre pour les envoyer en Chine, en Corée du Sud et aux Etats-Unis à des fins de formation pour s’imprégner des expériences de ces pays dans différents domaines.

Dj. B.