Espagne, le jour de vérité

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Espagne, le jour de vérité

PAR AMAR R.

38 millions d’espagnols se rendront aux urnes aujourd’hui pour élire leurs députés lors d’élections législatives anticipées, ou l’ancien chef du gouvernement, Pedro Sanchez joue son va-tout face aux partis conservateurs, notamment le parti populaire, dirigé par Alberto Feijoo, (droite) qui est crédité d’une certaine longueur d’avance, par les sondages, dans un scrutin où la surprise n’est pas exclue.

A ces élections législatives qui devaient avoir lieu initialement en fin d’année, le chef de l’exécutif sortant, Pedro Sanchez au pouvoir depuis 2018 met son mandat en jeu en convoquant des élections anticipées, suite au revers subie par la gauche, dont le parti socialiste qu’il dirige, lors du double scrutin municipal et régional du 28 mai dernier, au profit du Parti populaire (droite), et du parti Vox (extrême droite), dirigé par Santiago Abascal.

Le Sahara occidental au cœur de l’élection

Le lendemain de cette débâcle électorale, Pedro Sanchez avait, en effet, annoncé la dissolution du Parlement et la convocation d’élections législatives anticipées, alors qu’elles devaient initialement se tenir à la fin de l’année.

Depuis, les sondages sur les intentions de vote des Espagnols laissent entrevoir le maintien de cette tendance lourde lors des élections législatives. Ce que confirme un récent tête à tête télévisé ou Sanchez avait été mis au pied du mur par son principal protagoniste, Alberto Feijoo, au sujet du revirement de sa position sur le Sahara occidental et du chantage qu’il subit de la part du royaume alaouite à la suite de l’espionnage de son téléphone portable.

Non seulement l’abandon par l’Espagne de sa traditionnelle position sur ce conflit était à l’origine de sa descente aux enfers, mais Sanchez qui a fait cavalier seul sur cette question, s’est mis à dos la classe politique et l’opinion publique en général, pour avoir entrainé par son comportement la suspension du traité d’amitié et de bons voisinage avec l’Algérie qui a entrainé de grosses pertes pour l’économie de son pays.

Aussi, le dossier du Sahara a occupé une place de choix dans la campagne électorale des principaux partis politiques, notamment le PSOE de Pedro Sánchez et le Parti populaire d’Alberto Núñez Feijóo, en ce sens que beaucoup se demandaient si Feijóo (PP) annulera le revirement de Sanchez sur le Sahara occidental.

Alberto Núñez Feijóo (PP) a déclaré que sa 1re priorité, s’il devient président du gouvernement, est de rétablir « un équilibre perdu dans les relations de l’Espagne avec l’Algérie, le Sahara occidental et les nations unies.

Le PP promet « de retrouver une politique étrangère qui rende compatible une relation de voisinage profonde et solide avec le Maroc et l’Algérie » bien qu’il se garde de préciser la formule pour inverser le revirement du PSOE.

Suspense

Cela étant, aucun observateur ne soutient sans risque de se tromper que les jeux sont faits, s’agissant des résultats attendus du scrutin de ce 23 juillet. Certains média proches du PSOE font état d’une « remontada » de Pedro Sanchez, mais aussi, de la difficulté pour le parti populaire d’Alberto Feijoo, d’avoir suffisamment de sièges pour avoir la majorité absolue.

Selon les analystes, le poids de Vox va peut-être jouer en faveur du PP. Crédité de 13,5% des votes dans les derniers sondages, s’il fera un bon score, Feijoo cherchera à vouloir former une coalition avec lui. Mais, toute la difficulté sera si le parti populaire accepte de gouverner avec un parti d’extrême droite dont les positions vont poser problème avec l’union européenne, sur les questions migratoires, sur les droits des femmes et le climat (climatosceptique).

Sans compter le risque de voir Sanchez récupérer les voix anti VOX. Le résultat de cette élection reste incertain, car non seulement le PSOE a mené une campagne très active, qui a réduit l’écart avec le PP, 29% pour le PSOE contre 32% pour le parti populaire, mais,
l’élément nouveau est l’émergence de Sumar de la vice-présidente de l’actuel gouvernement Yolanda Diaz qui a monté dans les sondages au point de faire jeu égal
avec le parti d’extrême droite, Vox, à 13,5% des voix.

A. R.