Évolution favorable des indicateurs d’intermédiation bancaire : Les banques confortent leur solvabilité

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Évolution favorable des indicateurs d'intermédiation bancaire : Les banques confortent leur solvabilité

Les principaux indicateurs de rentabilité, de solvabilité et de liquidité de la place bancaire nationale connaissent une évolution positive ces quelques dernières années, selon les évaluations rendues publiques par la banque d’Algérie (BA) à travers son tout dernier rapport annuel qui devra être présenté prochainement devant l’assemblée populaire nationale (APN).

PAR R. AKLI

« Les indicateurs de l’intermédiation bancaire, de la bancarisation, de la solidité, de la rentabilité du secteur bancaire et des crédits à l’économie ont évolué globalement de manière favorable à fin 2022 », indique ainsi la banque des banques dans son rapport sur la conjoncture économique et monétaire durant l’exercice écoulé. En ce sens, relève notamment la BA, le rythme de croissance des mauvaises créances détenues par les banques, c’est-à-dire des prêts non performants, synonymes de risques d’impayés bancaires, « continue, pour la troisième année consécutive, son ralentissement », ce qui dénote d’une gestion plus saine des portefeuilles des banques, dont les indicateurs de solvabilité, faut-il le rappeler, avaient souvent été impactés par l’accumulation de flux récurrents de créances douteuses durant la décennie précédente.

Ainsi, est-il souligné, le rythme de croissance des créances bancaires non performantes n’a crû que de 4,7% en 2022 contre 7,9% en 2021 et 16,4% en 2020. En parallèle, la rentabilité des fonds propres des banques « enregistre des niveaux dépassant 13% soit 14,35% en 2021 et 13,47 % en 2022 après avoir enregistré un taux de 11,62% en 2020 ». S’agissant en revanche de l’évolution des incidents de paiements, évaluée à travers les données déclarées à la centrale des impayés durant l’exercice 2022 par rapport à 2021, la BA fait état d’une augmentation « de 3,55% en nombre et de 24,02% en valeur, représentant ainsi 41.896 chèques correspondant à 102,55 milliards de dinars contre 40.460 chèques d’une valeur de 82,69 milliards de dinars en 2021 ».

En outre, le nombre d’interdictions de chéquiers déclaré à cette même centrale « a également connu une tendance haussière, passant de 7597 à fin 2021 à 9343 à fin 2022, soit une progression de 22,98% », selon le même rapport.

Amélioration du taux de bancarisation

Au registre des indicateurs relatifs à la bancarisation, c’est-à-dire de l’accès des populations aux services bancaires, la banque centrale note qu’avec un total de 28 banques et établissements financiers ayant tous leur siège social à Alger, le système bancaire algérien comptaient 1725 agences à fin 2022 contre 1702 à fin 2021.

Aussi, est-il souligné, « le niveau de bancarisation, estimé par le nombre de comptes ouverts par les banques à la clientèle (comptes actifs en dinars et en devises) et par le centre des chèques postaux, est en légère progression en 2022 et se situe à 3,26 comptes par personne en âge de travailler, contre 3,08 comptes en 2021 ». Dans ce même ordre d’idées, la BA précise qu’à l’instar de l’année précédente, l’activité collecte des ressources par les banques a enregistré une croissance appréciable, le volume des ressources à vue et à terme auprès des banques ayant connu une hausse de 18,2% en 2022, contre 17,8% en
2021, passant ainsi de 11.679,5 milliards de dinars à 13.801,6 milliards de dinars à la fin
de l’exercice écoulé.

De même, l’activité crédit, qui avait connu une forte diminution en 2021 de l’ordre de 12,4% pour atteindre 9792,1 milliards de dinars, « est reparti à la hausse en 2022 pour passer à 10.112,3 milliards de dinars, soit une croissance de l’ordre de 3,3% », selon la banque centrale qui relève en ce sens que « les banques publiques ont contribué à hauteur de 89,1% à la hausse du volume des crédits à l’économie contre une contribution de 10,9% pour les banques privées ».

Dans l’ensemble, « la solvabilité des banques algériennes et leurs niveaux de liquidité restent supérieurs au minimum requis », note en définitive la BA, en précisant que « cette situation confortable résulte notamment du programme spécial de refinancement, dont la dernière opération a été effectuée en juin 2022 ».

R. A.