Exploitation illégale des ressources sahraouies : Un nouveau revers pour le Maroc

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PAR ZINE HADDADI

La spoliation des richesses du Sahara occidental par le Maroc est de nouveau désapprouvée. Le fonds souverain norvégien a annoncé cette semaine l’exclusion de
l’entreprise sioniste Delek de son portefeuille, en raison de ses activités d’exploration pétrolière au large du Sahara occidental.

D’après l’observatoire international Western Sahara Resource Watch, le fonds souverain norvégien, doté de 1500 milliards de dollars, a vendu son investissement d’une valeur de 57 millions de dollars dans le groupe sioniste Delek, car sa filiale New Med Energy a paraphé en décembre 2022 un contrat d’exploration pétrolière qui incluait le large de la ville sahraouie occupée de Boujdour.

Le fonds souverain norvégien considère que le Maroc « n’a pas de droits légaux et
souverains » sur les richesses du Sahara occidental, dans une analyse publiée par son conseil d’éthique, relayée par l’observatoire WSRW.

La 4e société exclue par le fonds

souverain norvégien Le fonds norvégien estime que les activités pétrolières du groupe israelienne Delek au large de Boujdour étaient « une violation grave » de ses « règles éthiques fondamentales ».

Le Maroc n’étant pas reconnu par l’ONU comme « puissance administrante légitime du Sahara occidental », les règles appliquées pour les territoires non autonomes ne peuvent pas lui être appliquées, estime le fonds souverain norvégien.

Ce n’est pas la première fois que le fonds souverain norvégien exclut de son portefeuille des sociétés pour leur implication dans des activités au Sahara occidental, en 2005, la société américaine Kerr-McGee avait été exclue pour les mêmes raisons, de même que les entreprises Kosmos Energy et Cairn Energy en 2016, ajoute l’observatoire.

Ce revers infligé au Maroc intervient alors que la cour de justice européenne devrait statuer bientôt sur l’accord de pêche européen avec le Maroc qui inclut les eaux territoriales sahraouies.

Deux gifles en trois semaines pour le Maroc

Déjà annulé par la cour de justice européenne en 2021, l’accord de pêche entre le Maroc et l’UE incluant les eaux territoriales sahraouies a expiré en juillet dernier. Le Maroc, qui fait de la spoliation des richesses du Sahara occidental une stratégie de fait accompli, encaisse un nouveau camouflet en trois semaines.

Le gouvernement allemand a exclu début décembre l’éventualité de financement de projets du géant des énergies alternatives Siemens au Sahara occidental. Le vice-ministre des affaires économiques et de l’environnement, Udo Philipp, avait précisé que le gouvernement allemand ne soutenait aucun projet au Sahara occidental dont « le statut » n’était « pas encore déterminé », assurant qu’il allait veiller à avoir des garanties pour s’assurer que le financement accordé à Siemens ne concerne pas des projets au Sahara occidental.

Juste avant la position allemande, le Washington Times avait mis à nu « le stratagème » marocain qui consiste à construire des centrales solaires et des éoliennes dans les territoires sahraouis, espérant pouvoir exporter ses produits vers l’Europe, très demandeuse en énergie.

Z. H.