Exportations hors hydrocarbures : Les acteurs relèvent des acquis mais aussi des entraves

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Exportations hors hydrocarbures : Les acteurs relèvent des acquis mais aussi des entraves

PAR ASSIA T.

Les exportations hors hydrocarbures ont enregistré une évolution considérable ces dernières années passant de 1,7 Md Usd en 2019 à 7 Mds Usd en 2022. Une dynamique sans précédent dont les experts et les différents opérateurs économiques prennent bien conscience, à l’image du directeur général de l’entreprise Iris.

« Avant 2019, la balance commerciale a toujours été négative. Maintenant, on parle d’une balance positive et d’une recette à l’export qui dépasse largement les 7 milliards de dollars hors hydrocarbures. Ce sont des indicateurs qui reflètent qu’il y a eu un travail colossal derrière », a reconnu le DG de l’entreprise spécialisée dans la fabrication des produits électroniques. Les mesures prises dans le cadre de l’encouragement des exportations restent, pour lui, jusqu’ici « satisfaisantes ». Or son constat porte également sur la nécessité de prendre d’autres mesures de facilitation afin de lever davantage d’obstacles en faveur de l’investissement à l’étranger.

Loi sur la monnaie et le crédit

« C’est le cas du règlement 14- 04 qui concerne la loi sur la monnaie et le crédit », a-t-il laissé entendre sur les ondes de la radio Chaîne 3. « Ce règlement devient un frein pour l’installation des bureaux de liaison ou bien des showrooms à l’international », a estimé le DG d’Iris, qui a évoqué la question de la compétitivité. « Qu’on le veuille ou pas, nous ne sommes pas compétitifs devant le dumping qui existe à l’international ou encore des pays forts en termes d’exportations, comme la Chine et la Turquie », a-t-il lancé. Une situation qu’il qualifie d' »inconfortable ».

« Nous ne sommes pas compétitifs du fait que ces pays ou ces opérateurs bénéficient de support de leur gouvernement. Ils sont présents un peu partout », a-t-il soutenu. Selon lui, les opérateurs algériens disposent « d’un seul levier compétitif ». Il s’agit de « la baisse des prix qui, en revanche, a une limite », a-t-il expliqué. De ce fait, l’invité de la radio estime que « la pénétration dans certains marchés ne se fera jamais d’une manière convenable malgré les produits compétitifs ».

Dans ce sens, Djamel Guidoum a émis des recommandations. Le responsable de l’entreprise Iris a en effet plaidé pour la « mise en place de bureaux de liaison ». Cela permettra, d’après lui, à la fois « de promouvoir les produits, étudier les marchés ainsi que la concurrence ». A ce propos, il a donné l’exemple de l’exportation des pneumatiques. « Si nous sommes en train d’exporter le pneu à raison de 20 à 25 dollars, notre présence sur le marché pourrait bien nous permettre de le vendre à 45 dollars », a-t-il dit.

Dépénalisation de l’acte de l’export

En outre, le même responsable a mis l’accent sur la nécessité de « dépénaliser l’acte de l’export ». Selon lui, la réglementation met « l’exportateur devant le pénal dans le cas où il y aurait un défaut de rapatriement qui dépasse les 180 jours et 360 jours et que l’opération d’export est assurée par la Cagex ». Il est bien question d’un acte « commercial et non administratif qui doit être dépénalisé », a répliqué le DG d’Iris sur les ondes de la Chaîne 3.

En parallèle, les mesures et les démarches à la faveur des exportations se poursuivent. Selon la directrice d’Algex, « une rencontre a eu lieu dernièrement avec le secteur du transport et des banques ». « Ceux sont deux entraves majeures de l’acte d’exportation. La ou les opérateurs se plaignent beaucoup », a souligné Ouchait Ghania sur les ondes de la radio Chaîne 3.

« Nous avons essayé de rassembler tous les intervenants de l’acte d’exporter et nous avons
poussé l’administration à aller sur le terrain et encourager les opérateurs à poser directement leurs questions et sans obstacles », a-telle ajouté. Parmi les dispositions dernièrement prises figurent aussi « l’ouverture du passage frontalier de Debdeb, la ligne maritime de Dakar et Nouakchott qui permettent d’aller directement vers ces marchés », a-t-elle indiqué, citant entre autres « la mise en place des espaces d’exposition à Nouakchott et au Sénégal ».

A. T.