Face aux nouveaux besoins de financement de l’économie : Un marché boursier à remettre en selle

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Elle prévoit de lever près de 100 milliards DA : Le CPA augmentera son capital de 30%

PAR R. AKLI

Laissée longtemps « en jachère », la bourse d’Alger commence désormais a faire l’objet de mesures de relance concrètes, initiées récemment par les pouvoirs publics, en vue de la hisser au rang des bourses régionales et d’en tirer au même temps une source de financement additionnelle et nécessaire pour soutenir la nouvelle dynamique d’investissement que tend à connaître le pays. De fait, l’économie nationale, le secteur privé compris, continue à dépendre à plus de 80% des financements bancaires classiques, issus pour l’essentiel des ressources bancaires publiques, alors que les besoins en la matière ne cessent de croître, corrélativement à la nouvelle politique économique du pays visant à booster la croissance hors hydrocarbures.

Parent pauvre du système financier national, avec un apport insignifiant et nettement en deçà de 1% du produit national brut (PIB), la bourse d’Alger bénéficie désormais d’une vaste démarche de réforme et de redynamisation, l’objectif étant de doter l’économie nationale d’un marché d’actions et d’obligations digne de son niveau développement, de
canaliser les fonds colossaux gravitant hors banques et de pourvoir aux nouveaux besoins de financement des entreprises et de leur plans d’investissement.

Tel que le faisait valoir en effet le premier argentier du pays, Laâziz Faïd, dans une récente déclaration, le choix de l’ouverture du capital social du crédit populaire d’Algérie (CPA) par le biais de la bourse d’Alger vise à insuffler à cette dernière « une nouvelle dynamique lui permettant de contribuer efficacement au financement de l’investissement ». Aussi, cette option traduit, selon lui, la « confiance » placée dans les potentialités de l’économie nationale et la volonté de l’adapter « aux évolutions économiques mondiales ». Dès lors, l’Etat a désormais décidé de donner le la pour remettre la bourse des valeurs mobilières d’Alger en
selle, en actant notamment la vente en public d’une part importante du capital social de deux de ces grandes institutions bancaires, en l’occurrence le CPA et la banque de développement local (BDL). Alors que cette dernière est actuellement en passe de finaliser son évaluation financière en vue de lancer son offre publique de vente d’actions dans le courant de ce semestre, le CPA, qui a ouvert son capital depuis la fin du mois écoulé, aurait déjà capté un nombre considérable de souscripteurs particuliers, à mi-parcours de la période de souscription à ses actions, ouverte jusqu’à la fin de ce mois de février, assurent des acteurs de la place bancaire locale.

Opération-pilote et test clé pour la mise en place d’un marché boursier local à même de répondre aux nouveaux besoins de diversification de l’économie nationale et de ses sources de financement, la vente des actions du CPA s’inscrit , faut-il le préciser, dans une démarche globale de modernisation du marché financier domestique avec, en toile de fond, le passage à un nouveau modèle économique moins tributaire de l’argent public et plus apte à s’adapter aux logiques de compétitivité et de collecte de financements autres que les crédits bancaires classiques. D’autant plus que ces derniers sont par nature limités de par les exigences liées aux ratios prudentiels qui les régissent, les banques ne pouvant dépasser certaines limites d’engagements financiers sous peine de mettre en péril leur propre solvabilité.

Or les besoins de financement de l’économie et de l’investissement étant désormais appelés à être de plus en plus croissants au regard de la nouvelle politique de diversification économique prônée par les pouvoirs publics, la mise en place d’une véritable place boursière pour aider à y répondre devient désormais indispensable. D’où naturellement la nouvelle volonté affichée par les hautes autorités du pays de doter enfin l’économie nationale d’un marché boursier à même de correspondre à ses nouvelles ambitions de modernité et de compétitivité.

R. A.