Farha, le film qui dérange les sionistes

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Farha, le film qui dérange les sionistes

Par Wafia Sifouane

Depuis quelques mois, la célèbre plateforme de streaming Netflix a décidé de diversifier son contenu en proposant des œuvres d’un autre genre sans se douter qu’elle allait être au cœur d’une vive polémique.

«Farha», drame de 1 heure 32 minutes signé par la réalisatrice palestino-jordanienne Darine J. Sallam, a atterri le 1er décembre sur Netflix s’attirant les foudres de l’entité sioniste et pour cause !

Le film relate crûment et sans artifices toute la violence de la Nakba palestinienne de 1948 a travers le regard de Farha, adolescente de 14 ans. Ce personnage majestueusement interprété par l’actrice Karam Taher nous invite à une véritable immersion dans un climat de tensions constantes et d’incertitudes qui marque la Palestine à cette période.

Un récit bouleversant tout en authenticité qui mis à nu la cruauté de l’armée sioniste et le drame profond de plus de 700 000 Palestiniens chassés de leurs terres, expropriés et déplacés. Un épisode de l’histoire palestinienne qui demeure telle une plaie ouverte difficile à évoquer pour le peuple martyr, mais aussi pour le monde arabe.

Privé d’une enfance «normale», Farha, comme la plupart des enfants palestiniens, est d’une lucidité déconcertante, comment ne pas l’être, celle qui a assisté au massacre de ses concitoyens par l’armée sioniste sanguinaire capable de toutes les atrocités. C’est d’ailleurs cela qui a beaucoup dérangé dans le film et a provoqué un véritable tollé dans la classe politique de l’entité sioniste qui s’est indignée de la diffusion du film sur Netflix.

«C’est fou que Netflix ait décidé de diffuser un film dont le seul objectif est d’inciter à la haine contre les soldats israéliens», a écrit le ministre des Finances du gouvernement Avigdor Lieberman dans un communiqué, avant de menacer de «cesser le versement de fonds publics à un théâtre de Jaffa, dans le sud de Tel-Aviv, qui prévoit de présenter le film».

Une colère qui fait jubiler les Palestiniens auxquels l’œuvre de Nadin J Sallam tente de rendre justice en ouvrant les yeux du monde sur cette noble cause.

En France aussi, la sortie de «Farha» sur Netflix n’est pas passée inaperçue, surtout que des nombreux utilisateurs de la plateforme affirmaient que le film n’est pas trouvable et qu’il faut passer par une recherche Google afin de pouvoir le regarder.

Une zone d’ombre que Netflix n’a pas tardé à clarifier en affirmant qu’il s’agissait d’un souci de paramètres. «Nous présentons à nos abonnés des recommandations personnalisées basées sur plusieurs facteurs (goût, appareil utilisé, habitudes de visionnage, etc.). Un des critères importants porte sur la langue de préférence de l’abonné.

Lorsqu’un film ou une série ne dispose ni de doublages ni de sous-titres dans la langue de préférence de l’abonné, il n’est pas considéré comme pertinent, et n’est donc pas disponible sur le service.

C’est le cas ici, et il suffit de basculer son compte en anglais, et le titre devient disponible. Cela ne concerne pas que ce film. En réalité, de nombreux programmes non disponibles en français sont dans ce cas», explique Netflix dans un communiqué.

Lauréat du prix du meilleur scénario du ministère de l’Intérieur des Emirats arabes unis lors du Festival international du film de Dubai, le prix ART lors du Dubai Film Connection, «Farha» a été projeté en 2021, l’année de sa sortie, au festival international du film de Toronto (Canada), et il a été soumis par la Jordanian Film Commission pour la nomination du meilleur film étranger aux oscars. Souhaitons-lui bonne chance !

W.S