Forages et explorations d’hydrocarbures : L’Algérie et l’Égypte se partagent la grosse part en Afrique

0
7047
Forages et explorations d'hydrocarbures : L'Algérie et l'Égypte se partagent la grosse part en Afrique

PAR NABIL M.

Avec la hausse des prix des hydrocarbures et de l’appétence du marché international, l’Algérie compte bien mettre en valeur la richesse de son sous-sol. La relance des opérations d’exploration et de forage dans des zones nouvellement découvertes a classé
l’Algérie parmi les pays leaders en Afrique.

Dans un rapport d’évaluation de l’industrie énergétique africaine, publié récemment par la
chambre africaine de l’énergie (AEC), sous le titre « l’état de l’énergie en Afrique à l’horizon 2024 », il est indiqué que les forages d’exploration en Afrique devraient bientôt connaître une augmentation considérable de leur fréquence, du moins dans un avenir proche.

Selon le rapport, il est constaté que le nombre de sites de forage prévus pour la période de 2024 et 2025 reste relativement constant. Si le nombre de puits de forage pour l’année en cours est estimé à 132, la chambre africaine d’énergie prévoit 120 nouveaux puits qui seront forés sur le cantinant africain en 2024 et 123 en 2025. Indiquant que le forage terrestre représente l’essentiel de cette activité, le rapport de l’AEC souligne que l’Algérie et l’Egypte partageront un pourcentage similaire de ces opérations (forage), en accueillant sur leurs territoires l’équivalent des deux tiers de tous les forages et explorations terrestres prévus au cours de cette période (2024-2025) en Afrique.

Pour l’AEC, les ressources en hydrocarbures détenues sur le continent africain doivent être exploitées et utilisées de manière à offrir le plus grand bénéfice, non seulement aux nations qui les possèdent, mais également aux opérateurs qui les extraient et au marché lui-même.

L’Algérie mise sur le forage de plus de 850 puits d’exploration en 5 ans

En Algérie, la nouvelle dynamique du secteur des hydrocarbures qui a pris place après l’entrée en vigueur de la nouvelle loi sur les hydrocarbures a permis de promouvoir le patrimoine national à travers l’octroi d’avantages aux opérateurs nationaux et étrangers, boostant ainsi les opérations de forage des puits, pour permettre d’appuyer la production globale en hydrocarbures.

Ainsi, la politique énergétique du pays avait misé, dans le projet de loi de finances 2022, sur le forage de 860 puits d’exploration et de développement des hydrocarbures entre 2021 et 2025, permettant une augmentation de production atteignant 196 millions de tonnes équivalent pétrole (TEP) en 2025, soit une hausse de 8% par rapport à la production de 2020. En mars 2022, un important gisement pétrolier avait été découvert dans la région de Berkine, suite aux forages réalisés par la société italienne Eni, partenaire de la compagnie pétrolière nationale Sonatrach. Ce nouveau gisement possède une capacité de production de 7000 barils d’huile et 140.000 m3 de gaz associé par jour, soit en virant 140 millions de barils de pétrole brut.

La découverte de cet important gisement a marqué le retour de l’activité de l’exploration, après deux ans de ralentissement à cause d’une faible demande mondiale en hydrocarbures qui avait obligé l’Algérie à réduire drastiquement ses investissements en matière d’exploration. Durant la période allant de 2022 à 2026, la compagnie pétrolière nationale Sonatrach réactivé ses investissements en allouant une enveloppe financière de près de 40 milliards de dollars pour le développement de ses activités et se concentrer
sur l’exploration du pétrole et du gaz.

Ce dynamisme remarqué dans ce secteur a permis à l’Algérie de se maintenir parmi les 10 premiers producteurs de gaz naturel dans le monde, en se classant à la 10e place à l’échelle de la planète en 2022, selon la revue statistique du groupe pétrolier BP du mois de juin 2023. Elle reste cependant premier producteur de gaz naturel en Afrique, suivie par l’Egypte et le Nigeria.

N. M.