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Francisco Reynés (PDG de Naturgy) : «Les négociations avec Alger ne seront pas faciles»

/«L’Algérie ne sera pas tendre avec l’Espagne», titrait hier à sa Une, le journal espagnol Diario de Burgos.

Après la guerre en Ukraine, c’est le gaz algérien qui occupe la plus grande partie des médias espagnols. Inquiets, suite au revirement de Sanchez sur le Sahara occidental et la réaction algérienne qui s’en est suivie, les journalistes et les experts énergétiques locaux traitent le sujet des négociations pour réviser les nouveaux prix d’approvisionnement en gaz de tous les angles. Les frictions avec Alger et le récent rapprochement avec l’Italie les conduisent tous à une seule conclusion : la hausse des tarifs actuels.

Le gouvernement essaye de calmer le jeu, mais…

La multinationale énergétique Naturgy négocie avec la Sonatrach pour actualiser les coûts du produit qu’elle reçoit d’Algérie depuis des mois déjà. L’Algérie premier fournisseur de gaz de l’Espagne, contribuant à 39% du gaz consommé l’année dernière, bien qu’en février sa contribution ait été légèrement inférieure, 23,2%, se classant deuxième derrière les États-Unis, va vouloir augmenter les prix dans un contexte marqué par la guerre en Ukraine et les tensions récentes avec le rappel de l’ambassadeur algérien à Madrid pour consultation. L’Espagne, en position de faiblesse, reconnaissait avant même cette crise que les négociations allaient être complexes, avoue qu’elles sont devenues encore un peu plus ardues après que le patron de la Sonatrach, Toufik Hakkar, a récemment ouvert la porte à une révision des prix uniquement pour l’Espagne.  Des experts espagnols qui suivent de près ce dossier ainsi que les membres du gouvernement espagnol ont tenté d’adoucir ce processus, en répétant à chaque fois que «les négociations entre les deux parties ont débuté en octobre et qu’il s’agit simplement d’une révision du contrat déjà conclu avec l’Algérie», pas de quoi rassurer l’opinion publique qui demeure sceptiques et se préparent déjà à un hiver compliqué.

«Un contrat complexe d’environ 12 milliards €»

Francisco Reynés, PGG de Naturgy, interrogé à ce sujet s’est montré réaliste. «Concrètement, les deux parties tentent désormais de s’entendre sur les prix du gaz qui seront en vigueur sur la période 2022-2024… Le contrat qui nous lie à Sonatrach est très complexe de par les clauses et les prix qu’il contient. Bien que les tarifs doivent être révisés périodiquement, le contrat est en vigueur jusqu’en 2032 avec une valeur d’environ 12.000 millions d’euros», a-t-il déclaré.  Reynés a admis par ailleurs que «les négociations ne vont pas être faciles pour des raisons multiples. Beaucoup de choses peuvent influencer les négociations», dit-il en référence au climat politique tendu qui règne désormais entre les deux pays.  Le PDG de Naturgy a ensuite rappelé que «nous ne sommes pas aujourd’hui dans une situation où l’on peut s’attendre à une baisse des prix du gaz. «En voyant simplement comment le gaz est coté sur n’importe quel marché international, on peut dire sans risque que la révision des prix aujourd’hui ne peut qu’être à tendance haussière. 

Y. C.

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«Le drapeau italien a été placé correctement à Alger, alors que le drapeau espagnol était à l’envers à Rabat»

El Mundo se moque de Sanchez

Sanchez a fait cavalier seul et il ne se passe pas un jour sans que les Espagnols viennent lui rappeler qu’ils ne cautionnent pas sa décision de faire allégeance à un roi qui n’est pas le sien. Hier, c’était le journal El Mundo qui dressait un réquisitoire contre sa décision de s’approprier la politique étrangère du pays en revenant sur la neutralité qu’observait l’Espagne sur la question du Sahara occidental. Tantôt moqueur, tantôt des plus sérieux, le journal accuse le Premier ministre d’avoir fait perdre à l’Espagne ses positions comme hub gazier du sud de l’Europe, après l’accord gazier signé entre l’Algérie et l’Italie. Et comme pour lui reprocher d’avoir trahi tout un peuple sans rien gagner au change, le journal, utilise un ton ironique : « Le drapeau italien a été placé correctement à tout moment et non pas à l’envers comme cela a été le cas lors de la récente rencontre à Rabat entre Pedro Sanchez et le Roi Mohamed VI, créant une forte polémique ». Et d’ajouter : «Le gazoduc qui traverse le Maroc est fermé, le Transmed avec l’Italie se déclenche ». En effet, l’Espagne ne décolère pas qu’on ait joué avec sa sécurité énergétique, mais aussi qu’on ait brisé son rêve de devenir une plateforme gazière pour l’Europe. « L’Italie s’éloigne comme elle ne l’a jamais fait de l’Espagne en tant que grand partenaire européen de l’Algérie » en matière de gaz, regrette El-Mundo, expliquant qu’avec cet accord « colossal » et l’alliance énergétique entre les deux pays, l’Algérie « opte pour ce pays comme un grand allié énergétique européen ». L’Espagne recevait de grandes quantités de gaz algérien, la prédestinant à devenir  une grande plateforme de gaz pour l’Europe, fait remarquer El-Mundo. Cependant, observe-t-il, au moment où le Premier ministre italien, Mario Draghi a « profité de la capacité supplémentaire limitée de l’Algérie d’augmenter ses ventes de gaz, l’Espagne perd ses positions comme hub du Sud de l’Europe pour approvisionner ses partenaires » du continent. El Mundo ne manque pas de faire remarquer à Sanchez que Draghi n’a pas marchandé les droits du peuple sahraoui. « M. Sanchez ne peut être reçu à Alger avec tous les honneurs comme l’a été Draghi ce lundi, après son virage sur la question du Sahara Occidental sans en informer son principal fournisseur de gaz, en pleine crise énergétique », note le quotidien qui fait relève que durant ses entretiens avec les autorités algériennes, le Premier ministre italien s’est fait accompagner du drapeau européen.

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