Gara Djebilet : ce qui reste à faire avant 2026

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Lignes ferroviaires

PAR ABDELLAH B.

A deux ans de la date fixée pour son entrée en exploitation effective, l’Algérie veut accélérer la cadence des travaux de réalisation de l’infrastructure nécessaire pour la concrétisation du mégaprojet de mine de fer de Gara Djebilet (wilaya de Tindouf). La fin de la semaine écoulée a été marquée par la pose de la première pierre de la réalisation de l’unité de traitement du minerai à Gara Djebilet, à l’occasion de la visite de Abdelmadjid Tebboune dans la région.

Une étape importante qui donne lieu au début d’une série de réalisations d’infrastructures d’accompagnement permettant une exploitation optimale de cette réserve minière de plus de 3 milliards de tonnes, dont 1,7 milliard de tonnes exploitables.

En effet, dans sa feuille de route pour le développement de ce gigantesque gisement, le ministère de l’énergie et des mines a orienté ses efforts vers la mise en place des infrastructures d’accompagnement, que ce soit en matière de traitement de minerai, d’enrichissement ou de transformation jusqu’à mettre sur le marché un produit final.

Dans un premier temps, l’exploitation de la mine de Gara Djebilet sera limitée par les
possibilités de transport routier estimées à 2 millions de tonnes par an jusqu’en 2026. Durant cette période, il est question de la mise en place d’abord d’une ligne ferroviaire de 1000 km reliant Tindouf à Béchar, pour la relier avec le réseau existant entre Béchar et
Oran dont le délai de livraison ne doit pas dépasser 2026.  Une manière d’assurer le transport d’importantes quantités de minerai de fer extrait de Gara Djebilet vers les unités de transformation qui devront se situer entre Béchar et Nâama, le long de la voie ferroviaire Béchar-Oran.

« Cette période devrait permettre de réaliser des unités pilotes de démonstration des procédés de traitement envisagés, régler les paramètres de fonctionnement, déterminer les coûts de production et finaliser les études de faisabilité bancable des futurs projets industriels, que ce soit pour le marché algérien ou pour l’exportation », d’après le groupe Sonarem.

Mettre sur le marché international un produit fini

L’un des grands projets d’accompagnement qui devront être prêts avant cette date est le complexe sidérurgique de Béchar dont les études de faisabilité ont été finalisées et devrait marquer son entrée avant la fin de l’année en cours. La réalisation de ce projet d’une valeur d’un milliard de dollars a été confiée le mois de juin dernier au consortium chinois (CMH), qui regroupe trois grandes sociétés chinoises, à savoir CWE, MCC et Heyday Solar, en partenariat avec l’entreprise nationale de fer et de l’acier (Feraal).

Il s’agit de préparer le terrain pour l’après 2027, l’année du passage à la vitesse supérieure en matière d’extraction, traitement et transformation. Les estimations du secteur des mines tablent sur une production de 20 millions de tonnes de minerai durant cette période avant de connaître une amélioration constante portant le volume global à plus de 40 millions de tonnes en 2040.

Un volume important qui permettra à la fois de répondre aux besoins divers des usines sidérurgiques nationales de plus de 6 millions de tonnes de matières premières actuellement, et qui devraient dépasser, à l’horizon 2030, les 20 millions de tonnes par an sous forme de minerai concentré enrichi (sinter feed ou pellet feed), sous pré-réduit,
entraînant une extraction de 30 à 40 millions de tonnes par an.

En plus de ces produits marchands, les sous-produits, les rejets des procédés de traitement, les consommables nécessaires peuvent donner lieu à des projets d’investissement. Avec le lancement effectif dans l’application de la feuille de route pour le développement de ce mégaprojet, l’Algérie s’apprête à devenir l’un des leaders mondiaux dans le domaine de l’industrie sidérurgique, puisque la matière première extraite de ce gigantesque gisement sera destinée à l’alimentation des unités de traitement et de transformation.

En d’autres termes, l’objectif esquissé est de mettre sur le marché international un produit fini, une manière à la fois de booster les exportations hors hydrocarbures et de créer de l’emploi sur le marché local.

A. B.