Ghaza : Des enfants de moins de 5 ans passent des journées entières sans manger

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Par Amar R.

Les Palestiniens meurent de faim dans la bande de Ghaza. Alors qu’au moins 40 enfants sont morts de malnutrition, une enquête fait état aussi du fait que la grande majorité des enfants de moins de 5 ans à Ghaza sont régulièrement contraints de passer au moins une journée entière sans manger, en raison de la campagne d’affamement menée par l’entité d’occupation qui s’est intensifiée ces dernières semaines.

Selon une enquête menée par des groupes d’aides, 85% des enfants de moins de cinq ans ont été privés de nourriture au moins une journée sur une période de trois jours, confirmant les chiffres officiels des enfants morts de faim rapportés par le gouvernement de Ghaza.

La campagne d’affamement menée par Israël a entraîné une propagation rapide de la famine dans la région, qui, selon les groupes d’aide, s’aggrave de jour en jour, alors qu’Israël poursuit son blocus quasi-total de l’aide humanitaire.

Cette enquête s’imbrique dans des rapports internationaux qui soulignent aussi le risque accru de famine dans l’enclave palestinienne, avec des inquiétudes concernant la sécurité alimentaire et la malnutrition, notamment dans le nord de Ghaza.

 

L’aide impossible

Selon un rapport d’Oxfam publié hier, le risque de famine à Ghaza est plus élevé que jamais, car l’assaut incessant de l’occupation sioniste et l’obstruction de l’aide ont rendu «virtuellement impossible» pour les groupes de mener à bien une réponse humanitaire.

Les nations unies ont signalé aussi que, depuis que l’entité d’occupation a commencé à envahir Rafah, la quantité d’aide entrant dans la région a chuté des deux tiers par rapport aux niveaux qui provoquaient déjà la famine avant le mois de mai.

Depuis le 6 mai, date à laquelle l’occupation a saisi et fermé le principal point de passage de l’aide humanitaire à Ghaza, seuls huit camions d’aide sont entrés en moyenne chaque jour, soit environ 1% des 500 à 600 camions qui, selon les nations unies, devraient entrer chaque jour pour répondre aux besoins des Palestiniens.

Un rapport international publié il y a quelques jours a noté aussi qu’environ 96% de la population de Ghaza est confrontée à des niveaux élevés d’insécurité alimentaire aiguë.

Le rapport «classification intégrée de la phase de sécurité alimentaire» a indiqué que plus de 495.000 personnes (22% de la population) sont confrontées à des niveaux catastrophiques d’insécurité alimentaire aiguë à la cinquième étape, au cours duquel les familles sont confrontées à de graves pénuries alimentaires, à la famine et à l’épuisement de leur capacité à y faire face.

 

Niveaux catastrophiques d’insécurité alimentaire

La moitié de la population de la bande de Ghaza «souffre de niveaux catastrophiques d’insécurité alimentaire», et des dizaines de milliers de familles palestiniennes «ne mangent que du pain tous les deux jours», a fait savoir aussi l’agence des nations unies pour les réfugiés palestiniens (Unrwa).

Adnan Abu Hasna, conseiller média de l’Unrwa, a précisé que «des groupes de personnes âgées de soixante à moins de cinq ans souffrent de malnutrition aiguë», soulignant que «les nouveau-nés dans la bande de Ghaza souffriront à l’avenir d’une petite taille et d’un poids insuffisant».

Il a aussi prévenu que «la période future connaîtra toute une génération de malformations physiques» dues à l’agression sioniste barbare en cours à Ghaza depuis le 7 octobre 2023.

Ceci est le résultat du blocus et de l’assaut de l’armée sioniste sur Rafah bien que la cour internationale de justice ait ordonné, en mai dernier, la fin du siège israélien de Rafah et l’afflux immédiat d’aide humanitaire à Ghaza.

Mais l’occupation a interdit l’accès à la bande de Ghaza aux denrées alimentaires et à l’aide humanitaire, aggravant ainsi la famine et permettant son exploitation comme arme de guerre dans le cadre de son crime de génocide, qui se poursuit depuis près de neuf mois consécutifs.

La question sera certainement abordée aujourd’hui lors d’une réunion d’information sur la question palestinienne qui se déroulera aujourd’hui au conseil de sécurité de l’ONU et qui sera consacrée à la question de la reconstruction de la bande de Ghaza.

A.R.