Ghaza, Guterres saisit le conseil de sécurité et met en garde

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Ghaza, Guterres saisit le conseil de sécurité et met en garde

PAR AMAR R.

L’agression sioniste contre les Palestiniens dans la bande de Ghaza, qui entame son troisième mois, s’étend au sud de l’enclave palestinienne, notamment dans la ville de Khan Younès, où l’armée d’occupation mène des frappes aériennes d’une rare intensité, faisant craindre à l’ONU un « scénario encore plus infernal » pour les civils.

Cette situation exceptionnelle qui prévaut à Ghaza, et dont les conséquences risquent d’embraser toute la région, suscite aussi l’inquiétude du secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres qui saisit le conseil de sécurité, lui demandant d’user de son influence pour mettre fin à cette crise qui menace la paix et la sécurité internationales.

Le SG de l’ONU a mis en garde contre un « effondrement total de l’ordre public bientôt » à Ghaza, pilonnée par l’entité sioniste dans une lettre inédite au conseil de sécurité insistant pour un cessez-le-feu humanitaire. « Avec les bombardements constants des forces armées israéliennes, et en l’absence d’abris ou du minimum pour survivre, je m’attends à un effondrement total de l’ordre public bientôt en raison des conditions désespérées, ce qui rendrait impossible une aide humanitaire même limitée », écrit Antonio Guterres.

Il a invoqué pour la première fois depuis son arrivée à la tête des nations unies en
2017 l’article 99 de la charte qui lui permet d' »attirer l’attention du conseil » sur un dossier qui « pourrait mettre en danger le maintien de la paix et de la sécurité internationales ».
Cette saisine par M. Guterres des membres du conseil de sécurité – une première depuis 30 ans – intervient aussi après la passe d’armes entre le chef de l’ONU et l’entité sioniste qui a réclamé sa tête après ses déclarations selon lesquelles l’attaque du Hamas du 7 octobre ne venait pas de nulle part », mais « de 56 années de politique d’occupation »

Ghaza proche de «l’heure la plus sombre de l’humanité», avertit l’OMS

Avant lui, le haut-commissaire des nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a déclaré, lors d’une conférence de presse tenue à Genève, que deux mois après le début de la guerre contre Ghaza, les civils sont toujours soumis aux bombardements israéliens continus et aux punitions collectives, exprimant sa crainte d' »atrocités ».

Le haut-commissaire des nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a indiqué que les Palestiniens vivent dans une « terreur absolue et croissante », appelant la communauté internationale à réagir d’une seule voix pour un « cessez-le-feu immédiat », à Ghaza. « Un scénario encore plus infernal (que dans le nord de l’enclave) est sur le point de se réaliser » dans le sud de la bande de Ghaza où se concentre désormais l’offensive israélienne, alerte la coordinatrice humanitaire pour les territoires palestiniens de l’ONU, tandis que l’OMS a dénoncé lundi dernier un ordre d’évacuation d’un de ses entrepôts médicaux que nie Israël.

La situation à Ghaza est « proche de l’heure la plus sombre de l’humanité », a averti également l’organisation mondiale de la santé mardi. « Ces bombardements et les pertes insensées de vies humaines doivent cesser maintenant, et nous avons besoin d’un cessez-le-feu durable », a déclaré le responsable de l’OMS dans les territoires palestiniens occupés, Dr Richard Peeperkorn. Pour sa part, le chef de mission de MSF en Palestine alerte sur la situation à Ghaza, indiquant que « la situation est cauchemardesque » dans la bande de Ghaza, selon les équipes de Médecins sans frontières sur place, rapporte le chef de mission pour l’ONG en Palestine, Leo Cans.

Frappes meurtrières sur Khan Younès

Sur le terrain, l’armée sioniste a mené de nouvelles frappes meurtrières hier sur la grande ville assiégée de Khan Younès, dans le sud de la bande de Ghaza, où les habitants tentent de s’abriter des bombardements et des combats parmi les plus intenses en deux mois de guerre contre le Hamas.

Hier, l’armée d’occupation a étendu son agression à l’ensemble de la bande de Ghaza, dans ce qu’il appelé la troisième phase de son opération de vengeance, qui, à défaut des combattants de Hamas, s’épanche contre la population civile palestinienne. Ainsi, selon des sources palestiniennes, les avions de guerre israéliens ont bombardé deux maisons dans la ville de Ghaza, ce qui a causé des dizaines de martyrs et de blessés, ainsi que des disparus
sous les décombres et des destructions des bâtiments résidentiels au nord de la bande.

L’artillerie de l’occupation a bombardé de manière intensive le nord de la bande de Ghaza, ainsi que des maisons voisines d’une école qui accueille des milliers de personnes déplacées à Beit Lahiya, dans le nord de la bande.

L’agence officielle palestinienne a rapporté que « les forces d’occupation ont largué un tapis de bombes au phosphore blanc et de bombes fumigènes sur le centre du camp, qui avait été le théâtre d’une série de raids intenses ».

D’un autre côté, l’armée sioniste annonce la mort de 10 soldats dont deux officiers dans des combats à Ghaza Depuis le 7 octobre, Israël mène une agression barbare dans la bande de Ghaza, qui a fait jusqu’à mardi soir 16 248 morts, dont 7112 enfants et 4885 femmes, outre 43616 blessés, et des destructions massives d’infrastructures entraînant une « catastrophe humanitaire » sans précédent, selon des sources officielles palestiniennes et onusiennes.

A. R.