Hausse de la demande mondiale et stabilité des prix du pétrole : Des membres de l’OPEP incapables d’honorer leurs quotas

0
60
OPEP

/La demande mondiale sur le pétrole devrait revenir à son niveau d’avant la pandémie et atteindre pour la première fois depuis deux ans la barre des 100 millions de barils/jours, indique le rapport de l’organisation des producteurs et exportateurs du pétrole, publié hier dans la journée et qui a mis en avant l’incapacité de certains membres du cartel à honorer leurs quotas durant le mois de mars dernier. 

Pour répondre à la croissance de la demande mondiale sur l’or noir, l’Opep+ a adopté depuis le mois de juin 2020 un système de quotas visant à une augmentation mensuelle de 400.000 barils/jour jusqu’au mois d’octobre de l’année en cours. Mais de nombreux pays du cartel ne sont en mesure de réaliser les augmentations promises, comme l’indique le dernier rapport de l’Opep. Pour le mois de mars dernier, l’OPEP a augmenté sa production de 57.000 barils/jour au lieu des 280.000 barils/jour autorisés dans le cadre des accords de l’OPEP+. D’après le rapport en question, une partie des 13 membres de l’Opep, n’arrivent pas à honorer leurs quotas pour des raisons à la fois géopolitiques et économiques. Mais la raison principale de cette impuissance de franchir un nouveau seuil de leur production s’explique, d’après le rapport de l’Opep, par «le non-investissement dans les champs pétroliers de certains membres de l’OPEP, en partie à cause de la pandémie». Outre cette réalité économique qui a freiné la production, d’autres facteurs interviennent également dans cette équation. La Libye, le Nigeria, l’Angola et le Congo sont, d’après l’Opep, les pays qui n’ont pas pu honorer leurs quotas comme d’autre pays qui se trouvent dans des zones de trouble, de conflit où la menace sécuritaire est pesante.     

Prévisions à la hausse

Pour ce qui est de la démarche entreprise par certains pays dont les Etats-Unis qui ont déjà commencé à épuiser leurs stocks pour stimuler l’offre, l’Opep estime que cette politique n’est pas en faveur de la stabilisation des prix à long terme, car les besoins du marché seront encore importants dans les prochains mois. S’agissant de la demande mondiale sur le pétrole pour l’année courante, l’Opep a revu à la hausse ses prévisions et affirme que «la demande mondiale sur l’or noir manquera encore de 3,6 millions de barils/jours, soit une augmentation de la production 480.000 barils/jour mensuelle», indique le rapport de l’Opep. D’après le rapport en question, «la demande mondiale sur le pétrole devrait dépasser les 100 millions de barils/jours durant le troisième trimestre de l’année courante.» Une situation qui est en faveur de la stabilisation des cours du pétrole à leurs niveaux actuels, au-dessus de la barre des 100 dollars le baril. Enfin, la pression exercée par les pays de l’Union européenne sur les pays de l’Opep pour une augmentation significative de leur production, s’est heurtée à la réalité de du terrain. Ni l’Arabie Saoudite n’est en mesure de porter à la hausse sa production en raison de la menace des Houtis sur les champs pétroliers de la monarchie, ni la moitié des autres pays de l’Opep ne sont capables d’investir plus dans l’exploration et l’exploitation qui demande des sommes importantes dans cette période post Covid-19. Outre la pandémie qui a mis à terre la majorité des économies dans le monde, la crise ukrainienne a désormais aggravé la situation. Sur ce sujet, l’Opep affirme que «si l’on prévoit que la Russie et l’Ukraine seront toutes deux confrontées à des récessions en 2022, le reste de l’économie mondiale sera également profondément touché», indique le cartel pétrolier dans son rapport.

A. B.