Hommage à Mohamed Zinet à la cinémathèque française

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La Cinémathèque française organise une soirée de projections en hommage au talentueux acteur et réalisateur Mohamed Zinet. L’événement aura lieu le vendredi 7 juin, à partir de 18h30.

PAR DELLOULA MORSLI

Au programme de cette soirée hommage, la projection du film « Le Bougnoul » de Daniel Moosmann. Sorti en 1975, ce long-métrage français est l’unique œuvre où Mohamed Zinet tient le rôle principal, celui de Mehdi, un travailleur immigré. Zinet a confié avoir apprécié le personnage du film « Le Bougnoul », car il y voyait une certaine ressemblance avec lui-même.

Le défunt artiste avait également abordé la question du racisme dont les immigrés font l’objet. S’il a déclaré accueillir les commentaires racistes « avec un sourire » car fier d’être algérien, il a néanmoins avoué que « ça me fait mal de voir les autres le subir ».

Cette séance sera animée par le fondateur des « Archives numériques du cinéma algérien », Nabil Djedouani. La seconde séance, prévue à 21h, verra la projection de deux courts-métrages du cinéaste René Vautier avec Zinet à l’affiche, suivie du dernier long-métrage documentaire de Mohamed Latrèche, « Zinet, Alger, le bonheur ».

Mohamed Latrèche raconte le parcours du militant, réalisateur et acteur Mohamed Zinet, rappelant l’impact du film, « Tahya ya Didou », dans un hommage à ce grand intellectuel dont le nom reste associé à cette œuvre emblématique, considérée comme l’image réfléchie de sa personnalité artistique. Né en 1932 dans l’effervescente Casbah d’Alger, Zinet a mené une vie riche et mouvementée, marquée par son engagement dans la lutte pour l’indépendance de l’Algérie et sa passion pour le cinéma.

Dès les années 1950, Zinet s’investit dans le théâtre, trouvant dans cet art un moyen
d’exprimer ses convictions et de sensibiliser le public à la cause algérienne. En 1958, il rejoint les rangs de l’Armée de Libération nationale s’engageant corps et âme dans la
lutte pour la liberté du pays. Blessé grièvement lors d’une mission, Zinet est contraint de se réfugier en Tunisie. Ce tournant inattendu dans son parcours le conduit à rejoindre la troupe artistique du Front de libération nationale (FLN) où il met ses talents au service de la cause indépendantiste.

Au lendemain de l’indépendance de l’Algérie en 1962, Zinet se tourne vers le cinéma, un domaine qui l’avait toujours fasciné. Il collabore en tant qu’assistant réalisateur avec des cinéastes de renommée internationale, tels qu’Ennio Lorenzini dans « Mains libres » (1964) et Gillo Pontecorvo dans l’emblématique « La Bataille d’Alger » (1966). Avec « Tahia ya didou », commande détournée pour la mairie d’Alger, Zinet réalise un film insolite et iconoclaste, devenu culte.

D. M.