Hydrogène vert : L’Algérie, «hub de production»

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Par Abdellah B.

Avec un potentiel de 2000 kWh/m2 d’énergie solaire et un potentiel éolien appréciable, l’Algérie se présente comme une pile énergétique «propre» des plus importantes dans la région et compte exploiter cette richesse dans la production d’hydrogène vert qui est la source de l’énergie future.

Pour cela, un plan national de développement de cette filière, dont la production est destinée essentiellement à l’exportation, a été adopté par le gouvernement, fixant la voie à suivre pour faire de l’Algérie l’un des plus importants acteurs dans ce domaine dans les années à venir avec un volume de production estimé à 40 TWh d’une valeur de 10 milliards de dollars.

Il s’agit à la fois de la diversification des ressources énergétiques du pays et des recettes de l’Etat.

En effet, l’ambition affichée par le ministère de l’Énergie à l’occasion de la présentation de la feuille de route de l’application de la stratégie nationale dans ce domaine est celle de «constituer d’un hub pour la production et l’exportation de l’hydrogène avec des prix concurrentiels dont la production en sa totalité sera destinée à l’exportation».

Ce dernier aborde d’ailleurs cette question avec un intérêt très particulier en raison de son importance pour son apport à l’économie nationale, en matière de création d’emplois et de recettes financières à régénérer de l’exportation de cette énergie de l’avenir.

Atouts et avantages concurrentiels

L’Algérie dispose de plusieurs atouts, à l’instar du potentiel solaire, sa position géostratégique, les infrastructures énergétiques et d’autres.

D’ailleurs, avec tous ces atouts, l’Algérie compte conquérir plus de 10% du marché européen d’hydrogène pour une valeur de 10 milliards d’euros à partir de 2040.

«Il s’agit de mettre sur le marché une énergie durable, propre et à bas coûts», affirme le directeur de la prospective au ministère de l’Énergie, Milloud Medjelled.

Concernant la production d’hydrogène «vert» à partir d’énergies renouvelables, la production sera basée à la fois sur l’énergie solaire pour la production de 28 TWh et l’éolien pour la production de 12 Twh pour une production globale de 40 Twh dans les années à venir.

En fait, revenant sur le coût de la production, ce dernier affirme que pour le moment on est à la phase expérimentale dans la majorité des pays, ce qui fait que «le coût est un peu cher, mais avec le développement de la recherche technologique, la facture sera réduite davantage».

Les défis à relever

Par ailleurs, le développement de cette filière nécessite la mise en place d’une stratégie à long terme pour tirer complètement profit de l’opportunité qui se présente pour le pays lui permettant de diversifier sa production énergétique et par conséquent ses exportations en la matière.

De ce fait, la nouvelle stratégie adoptée par le gouvernement s’articule autour de trois axes importants, il s’agit de la préparation du terrain par la formation, la constitution de l’infrastructure adéquate pour arriver enfin à l’industrialisation et à l’exportation.

Pour la mise en application de cette politique, le responsable du ministère de l’Énergie énumère trois importants points, à savoir la maîtrise technologique, le financement et le développement d’un tissu industriel performant.

Revenant sur l’un des plus importants axes de développement de n’importe quel investissement, celui de la prospection du marché extérieur, M. Medjelled affirme que la demande sur le produit énergétique est croissante et que l’Algérie, en raison de sa situation géostratégique proche du marché européen, est favorable à l’investissement dans cette filière.

Il affirme, dans ce sens, que les discussions avec les partenaires européens, en particulier les Allemands, ont porté sur les moyens de transport de cette source d’énergie.

A.B.